LAURE
désintéressée de l'accusateur, son air quasi raisonné. Le crime rapporté paraît d’une vraisemblance hors de doute. La victime fait un récit des plus précis détaillé à l'extrême, minutieusement descriptif, presque invariable. La malignité apparaît plus ou moins évidente et ce sera le rôle du médecin expert de dépister la constitution morbide de l’accusateur.
Garnier a essayé d'expliquer pourquoi le viol est le crime de choix pour les mythomanes. Pour lui, le viol plaît aux mythomanes par son caractère particulièrement odieux, par ce fait qu'il attire inévitablement la sympathie pour la victime, qu’il éveille une très grande curiosité et un intérêt énorme dans l'entourage. Heureuse d’être plainte, la victime est flattée d'être remarquée. La vanité l'emporte sur la pudeur.
LA MYTROMANIE PERVERSE. Quant aux mythomanes pervers, un grand nombre sont en même temps des vaniteux, qui se parent de faux titres, se vantent de fortunes imaginaires et la plupart d’entre eux sont des escrocs, des chevaliers d'industrie, des séducteurs professionnels. Exemples : l'affaire Thérèse Humbert à Paris. Il y à 40 ans, elle a fait croire à toute la société parisienne, politique, financière, qu'elle possédait un héritage fabuleux d'Amérique, a obtenu crédit très important auprès de banques, a reçu à sa table, députés, sénateurs. La chose a été découverte après quelques années. Thérèse Humbert a été condamnée à 15 ans de prison. Le cas du pseu-
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do-Marquis de Champaubert qui a volé, s’est fait une réputation d'escroc, a offert à certains journaux ses mémoires pour faciliter leur vente. Pour se rendre plus intéressant, serait enterré vivant dans le bois de Vincennes, s'était préparé un cercueil, mais avait fait mettre une cheminée d'aération. Cependant il est mort. Tenant compte de l'existence fréquente d’un but toujours intéressé, dans cette forme, il ne conviendrait donc pas de considérer la mythomanie perverse comme une vraie mythomanie.