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OBSERVATION I

(obligeämment communiquée par le Docteur Aubriet Wolff, chef de service des Sanatoriums Emile Roux)

Mile F... Simone, 28 ans. Infirmière libre. Entrée au Sanatorium le 8 Février 1935 comme infirmière stagiaire. D’emblée on est frappé de son air hébété de sa lenteur d'’idéation et d'expression. Pendant un mois environ, fait preuve dans ses fonctions d’une certaine bonne volonté mais de peu de compétence.

Début Mars 1935, se plaint de fatigue, pense « qu’elle va se trouver mal » et se couche. Température (prise par la malade), 38°. On pense qu'il s’agit d’un épisode grippal, tout en faisant quelques réserves, car elle dit avoir fait une lésion appicale gauche, quelques années auparavant. Examens cliniques et radiologiques négatifs, quant à une tuberculose active.

On reste dans l’expectätive.

3 ou 4 jours après le début, la température (non contrôlée) monte à 38°5 et plus et persiste plusieurs semaines. On pense à para-typhoïde, diagnostic rapidement écarté, puis à typho-bacillose.

Fin Avril, température baisse progressivement (?) 37°4, 37°6 le soir. Mlle F... se lève un peu. À ce moment, se met à tousser et dit même une fois avoir craché un peu de sang.

On Ja fait quitter sa chambre d'infirmière pour la faire entrer au Sana et aussitôt :

. Début Mai la température : 40°. Torpeur, prostration. Se plaint de céphalée, d’insomnie. Se plaint de photophobie (stores baïissés) et d’hyper-acoustie douloureuse (obsédée par le bruit des trains). Constipation. Elle présente une nuque un peu raide, un strabisme convergent (pas constant) mais examen neurologique négatif (réflexes oculaires, sensibilité, etc.). On pense à méningite tuberculeuse,

6 Mai. Ponction lombaire négative (pas d’albumine, pas d’élément cellulaire). A la même époque, B.W. négatif.

À partir du 8 Mai, on demande à l'infirmière de contrôler sa température, car on la soupçonne de simulation. La température paraît s’abaisser cependant que certains signes persistent, faciès plus hébété, certaine lenteur de la parole. On pense à une rechute d’encéphalite (car dans ses antécédents, elle accuse une fièvre cérébrale ayant duré trois ans). Salycilate de soude intraveineuse.

12 Juin. Nouvelle recrudescence de la fièvre et des phénomènes cérébraux. Nouvelle ponction lombaire (sucre, alb. éléments, B.W. négatifs).

Début Juillet. Défervescence progressive de la fièvre, les phénomènes généraux s'améliorent, la malade s’alimente mieux, coud, écrit dans son lit.

Fin Juillet. Commence à se lever et à marcher. Ne trouvänt aucun signe de tuberculose pulmonaire active, on lui propose à plusieurs reprises de l’envoyer dans un service de neurologie; elle refuse et chaque fois qu’on lui propose quelque chose qui ne lui plaît pas, sa température monte plus qu'à l’ordinaire.

19 Août. A la suite d’une réprimande un peu violente, la température monte à 4o° et s’y maintient.

23 Août. Température prise par d’infirmière : 3895.

Température prise par le médecin, un quart d'heure äprès : 37°. À partir de ce jour, discordance entre la température prise par l'infirmière et celle prise par le médecin. Le médecin seul la prend alors. La température reste à 37°, 77 au maximum, même sans repos préalable, jusqu’à son départ.

10 Septembre. On fixe son départ pour l'hôpital : grève de la faim pendant environ 5 jours, jette sa nourriture aussitôt l'infirmière partie. N'a qu’une idée, ne pas quitter le sanatorium et mettre tout en jeu pour y rester, alors se promène en chemise, ou reste des heures à la fenêtre dans cette ienue, says doute pour devenir justiciable du sana. Menace à plusieurs reprises de se suicider sans tentative d'exécution toutefois. Sa chambre, dont la fenêtre est largement ouverte, est au troisième étage.

22 Septembre. Se précipite, les yeux hagards dans une chambre de malade et monte aussitôt sur le radiateur fixé devant là fenêtre comme si elle voulait se jeter au dehors. On décide son transfert le 23 Septembre à l'Hôpital Saint- Joseph dans le Service de Neurologie (crise violente, hurlements, pleurs, gestes désordonnés, etc.).

l'endant son séjour. — La malade paraît capable d’un raisonnement Jogique, maïs souvent ses actes ne correspon-

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dent pas à ses paroles. Elle esl difficile et souvent désagréable avec ceux qui l'entourent (nourriture, service, etc.). Elle affecte presque toujours le ton d'enfant gâté : « Je veux aller chez ma grande sœur. » — « Je serai sage, je ne recommencerai plus ». Elle ment volontiers et se met en contradiction avec elle-même. Il a été impossible de connaître exactement ses antécédents, car elle s’est toujours contredite.

Däns ses périodes d’apyrexie, elle est prise d'une sorte d'idée fixe : « Quand est-ce que je vais travailler ? Vous me rendrez mon service ? », alors qu’elle avoue aussitôt après, qu'elle n’a aucune force.

Elle paraît d’ailleurs n'avoir aucune volonté puisqu'elle ne fait rien pour réägir contre le marasme dans lequel elle est tombée, ou sa volonté est toute négative. Elle se borne à désirer rester au sanatorium et mettra tout en jeu pour cela. Quoiqu’elle couse et brode très bien, elle considère le travail manue] comme déshonorant. Se plaint toujours de céphalée et de l’insomnie et réclame presque tous les jours des hypnotiques.

Antécédents : Luxation congénitale de la hanche, lésion tuberculeuse du poumon gauche, une sœur serait atteinte de tuberculose pulmonaire. Père aurait été interné.

Dans son certificat d’internement à Sainte-Anne du 23 Octobre 1935, on parle d’un syndrome paranoïaque, mais ce qui nous intéresse, c’est la simulation de maladies.

OBSERVATION II de la Clinique de M. le Professeur H. Claude

Le... H.-Edouard, 29 ans, inculpé de tentative d’escroquerie, port illégal d’uniforme (veste de sergent), usurpation de fonctions (se fait passer pour inspecteur de la sûreté) est atteint d’arriération intellectuelle avec déséquilibre mental, instabilité sociale, mythomanie, fabulation. Nombreuses condamnations. Des réactions biologiques du sang et du liquide céphalo-rachidien ont été positives au point de vue syphilis des centres nerveux. Présente des signes d’alcoolisme chronique. L’excès de boison augmente son déséquilibre psychique. A

déjà été interné à trois reprises pour état démentiel. — »0 Décembre 1935.

— Ir —

OBSERVATION III de la Clinique de M. le Professeur H. Claude

F... Adèle-Marthe, femme âgée de 31 ans, présente un déséquilibre psychique et une débilité mentale. Déjà internée 2 fois ; la dernière fois à Sainte-Anne, du 2 Février au 3 Mai 1929 ; revenue à l’Infirmerie spéciale le 15 Novembre 1934, à l’occasion d’un scandale devant le domicile d’un ministre ; relâchée avec le pronostic de rechute. Elle s’est jetée sur la chaussée avec l'apparence simulée ou sincère d’une tentative de suicide ; actuellement, devant la conséquence de cet incident, nie toute intention de suicide et parle de simple malentendu. Elle présente en plus : Mythomanie foncière, contradictions incessantes, toxicomanie (aurait été morphinomane, actuellement éthéromane). Homosexualité, sans exclusivité du reste. Antécédents probables d’encéphalite épidémique. Hypertrophie du corps thyroïde, pouls 88. Pas de tremblement. Réflexes normaux. Pupilles normales, — 5 Janvier 1936.

OBSERVATION IV de la Clinique de M. le Professeur H. Claude

RÉsuMÉ.

Fr... Maurice, 36 ans, sans prof. présente : déséquilibre psychique, instabilité, mythomanie (fable en marche). Faux médecin. Faux Capitaine, faux diplomate. Le 1° Mars 1935, il est trouvé erränt Boulevard de La Villette, sans papiers d'identité. Dit alors aux inspecteurs qu’il est Docteur en médecine de l’Université de Frankfurt, actuellement interne à de Jérusalem. C’est alors qu’on le fait interner dans notre service. En plus on trouve’ chez lui : utilitarisme, amoralité, (pendant six äns s’est fait loger et entretenir par une femme plus âgée, Mme J... qu'il a exploitée, battue et lassée); perversions sexuelles, conservation et emballage de matières fécales. Phase d’excitation hypomaniaque avec agitation, gesticulätion, expression, aisance de familiarité, loquacité. Délinquance mineure, filouterie d'aliments, vagabondage, vio-

LR

lences au domicile de la dame J.., petits vols, incapacité de vivre en liberté. On remarque une diminution de l'excitation à l'Infirmerie, persistance d’une certaine turbulence, coups dans les murs ,sautillement, demandes incessantes, obséquiosité, salutations, baisements. En outre, on constate une alsance dans les narrations mensongères et contradictoires et dans des promesses, qu’il ne tiendra pas. Pas de signes neurologiques. Stigmätes de dégénérescence : prognathisme, strabisme.

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