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gique, mieux dénommée activité mythique, s’éveille chez l'enfant dès les débuts de la vie psychique ellemême, s’accuse avec les progrès du développement de l'esprit, augmente avec les premières années et va ensuite en s’atténuant, pour disparaître avec l’âge de la puberté. Au delà de cette période, la tendance mythique disparaît plus ou moins complètement chez les individus normaux. Elle persiste chez les suejts auxquels convient le nom de mythomane. Tandis que d’après Dupré l'enfant est naturellement menteur, altère la vérité et fabule, d’après M. Lévy-Valensi (conférence du 19 Janvier 1936), il n’en est pas ainsi : Si l'enfant altère la vérité, ditil, c'est parce qu'il n’a pas d'expérience ; sa vérité à lui n’est pas la même que la nôtre. La fabulation est naturelle chez l'enfant pour la même raison. Il projette dehors ce qui germe dans son esprit. On a rapproché l'enfant de l'homme primitif, c’est-à-dire du sujet qu’on appelle sauvage et dont la mentalité a été déjà exposée. Il leur manque des lois qui réunissent entre eux les faits et ils projettent au dehors leur propre mentalité ; ainsi les mythes sont à la base de la religion. Les formes que revêt chez l’enfant normal l’activité mythique d’après Dupré sont l’altération de la vérité, le mensonge, la fabulation. L’altération de la vérité en est un symptôme constant et majeur. C’est une règle constante que l'enfant mythomane déforme la vérité, les faits et les conversations. Toujours il s’agit d’une altération dans le sens de l’amplification ; il est rarissime que
l'enfant amoindrisse ce qu'il a vu, fait ou entendu. Cette altération de la vérité a pour cause une complète. inexpérience, psychique et sensitive, une imagination créatrice très développée et enfin une suggestion étrangère qui contribue à l'exagération de sa tendance.
Le mensonge entraîné implicitement par cette première forme est la négation volontaire et consbanales, et futiles : la çrainte d’une punition, l'appétition d’un plaisir çonxoité, en voilà les motifs les plus souvent rencontrés. O. Decroly, dit que les formes les plus fréquentes de mensonges chez l'enfant répondent à des modalités de défense associées aw jeu des divers instincts spécifiques. Même dans les mensonges par jeu, on peut trouver des relations avec les. besoins de, défense. Il aboutit à une classification des mensonges (actifs ou passifs), répondant à des défenses, (actives, ou passives), en, combinaison avec Les divers instincts, avec le, jeu, l'intelligence. et l'habitude.
La simulation, mensonge plus complexe et plus difficile à soutenir, est cependant déjà fréquent chez l'enfant normal. Mais elle. ne revêt chez lui, que les formes assez simples, généralement éphémères secondaires, à d’autres, inventions mensongères et appropriées à, des, fins banales.
La fabulation constitue. enfin la forme la plus haule et, la plus curieuse de l’activité mythique de l'esprit infantile. C'est elle qui produit cette inven-
tion spontanée de récits d'aventures dans lesquels les enfants se flattent d'être les héros. En effet. beaucoup d'enfants sont spontanément poussés à raconter des histoires invraisemblables, très longues et pleines de péripéties romanesques par lesquelles ils satisfont à une sorte d’impulsion narrative, ils se
soulagent ainsi du prurit inventif qui tourmente
leur imagination dans un torrent de paroles et de gestes qui extériorisent en mouvements expressifs l'élément moteur que contient toute image. Les petites filles, plus sensibles et plus imaginatives que les garçons, ont une plus grande facilité à composer ces histoires.
Exemples : une fillette de 2 ans 1/2, de Paris, raconte avec détails une promenade aux Buttes- Chaumont qu'elle n'a point faite. Une autre de 4 ans, assistant au départ du bateau de Royan à Bordeaux, se met à conter en détail avec une précision et une abondance surprenantes un voyage qu’elle prétend avoir fait en bateau jusqu’au centre de la France. Telle est la mythomanie physiologique de l'enfant. Lorsqu'elle prend certains autres caractères, elle devient mythomanie pathologique qui sera étudiée dans le chapitre suivant.
D'après certains auteurs, les femmes et surtout les Méridionaux seraient normalement des menteurs.
À. Daudet trouverait l’explication de la tendance mythique de ces derniers dans la fin du VIT chapitre de son livre « Tartarin de Tarascon ». La voilà :
« Il est temps de s’entendre une fois pour tou-
tes sur cette réputation de menteurs que les gens
du Nord ont faite aux Méridionaux. Il n’y a pas de
menteurs dans le Midi, pas plus à Marseille qu'à Nimes, qu'à Toulouse, qu'à Tarascon. L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il-croit la dire... Son men-
songe à lui, ce n'est pas du mensonge, c'est une espèce de mirage... Oui ! du mirage !... Et pour bien me comprendre, allez-vous en dans le Midi, et vous verrez. Vous verrez ce diable de pays où le soleil transfigure tout et fait tout plus grand que nature. Vous verrez ces petites collines de Provence pas plus hautes que la Butte Montmartre et qui vous paraîtront gigantesques, vous verrez la Maison carrée de Nimes, — un petit bijou d’étagère, — qui vous semblera aussi grande que Notre-Dame. Vous verrez... Ah ! le seul menteur du Midi, s’il y en a un, c’est le soleil. Tout ce qu'il touche, il l’exagère ! Qu'est-ce que c'était que Sparte au temps de sa splendeur ? Une bourgade. Qu'est-ce que c'était qu'Athènes? Tout au plus une Sous-Préfecture... et pour tous dans l’histoire, elles nous apparaissent comme des villes énormes. Voilà ce que le soleil en a fait.
« Vos étonnerez-vous après cela que le même soleil, tombant sur Tarascon, ait pu faire d’un ancien capitaine d'habillement comme Bravida, le brave Commandant Bravida, d’un navet un boabab et d'un homme qui avait failli aller à Shang- Haï un homme qui y était allé ? »
IT
MYTHOMANIE -PATHOLOGIQUE