ETUDE QUANTITATIVE DES ACIDES ORGANIQUES
Nous avons étudié les méthodes chromatographiques du point de vue quantitatif. Les acides organiques séparés par les méthodes précédentes peuvent donner lieu à diverses méthodes de dosage ; en particulier, ils peuvent ètre remis en solution par l’élution du papier et soumis à un microdosage. LuGG et OVERELL |32] titrent ces acides avec un alcali dilué en amenant à un certain pH. On peut également utiliser des méthodes de dosage plus spécifiques. En réalité, ces méthodes ne donnent que des résultats grossiers, en particulier celle qui consiste à déterminer l’acidité de léluat. Le papier pour chromatographie renferme des substances, dont des phosphates, qui peuvent avoir une action perturbatrice sur ces résultats en modifiant le pouvoir tampon des éluats. Nous cherchions de plus une méthode rapide et pratique qui puisse se prêter facilement à une expérimentation abondante. De même que la fait Pozsox [34] pour les acides aminés, et que l’ont fait GIBBONS et BorsoNAS [35] et nous-même |36] pour les sucres, nous avons utilisé l’appréciation de la surface des spots pour déterminer la quantité de chacun des acides qui cheminent sur le chromatogramme.
LEMIOÉS
JUSTIFICATION DE LA MÉTHODE Trois séries d'expériences justifient cette méthode.
Première série d'expériences. — Nous avons déterminé entre quelles limites Pidentification et la séparation des acides organiques est possible. Nous avons trouvé qu’on peut déceler sur un echromatogramme un acide à partir du taux de 57. On obtient dans ce cas une très faible et très petite tache jaune sur fond bleu. La séparation esl possible jusqu’à des taux individuels de 75 y pour des acides dont les Rf diffèrent de 0,10. Avec les solvants utilisés, c’est à peu près la différence que nous avons pour les Rf des divers acides organiques courants. À un taux de 100 y, en chromatographie ascendante de six heures, on observe encore deux taches nettes mais reliées entre elles par une trainée jaune. Les spots ne sont plus nettement individualisés.
Nous avons effectué séparément la chromatographie des acides oxalique, tartrique, citrique, malique, malonique, succinique et fumarique à des taux croissant de 5 en 5 y et pour des valeurs variant de 5 à 75 y. La surface des taches croît progressivement, du moins jusqu’à 50 ». Pour déterminer cette surface, nous avons reproduit les spots par transparence sur un papier calque, dont nous avions auparavant déterminé le poids du millimètre carré. ar découpage et pesée de ces reproductions, nous avons déterminé leur surface.
Les taches les plus nettes où la sensibilité est la meilleure correspondent à la concentration de 30 y. C’est pour cette tache que la différence de surface avec celle moins intense et celle plus intense est la meilleure. La figure 2 montre, pour lacide malique, cette progression très nette de la surface des spots pour des taches allant de 10 à 40 y de 5 en 5 *.