‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 14 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Rayer. Maladie des reins, t. 11. (Observation tirée des Reports of medical cazes of Richard Bright, 4827, n° 14:)

Léonard Evans, du comté de Galles, d’une constitution extrèmement robuste, a toujours joui d’une excellente santé dans ces dernières années, à l’exception d’une maladie syphilitique dont il fut complètement guéri. Ses occupations (il était garçon corroyeur), l’on! soumis dans ces derniers temps à de grandes alternatives de chaudetde froid, et il a été souvent exposé au froid pendant qu’il suaitabondamment. Ses habitudes ont été toute sa vie très sobres et très régulières. Quatre jours avant de tomber malade (environ dix jours avant d’entrer à l'hôpital), il avait été employé à laver des peaux, ses pieds avaient été très humides. Il s’aperçut d'un gonflement des extrémitésfinférieures vers six heures du même soir et il continua à enfler jusqu’au moment où il fut admis à l’hôpital et placé dans mon service, le 15 noyem-

bre. Il était alors atteint d’une anasarque considérable, Ses uri-

nes étaient rares.

Traitement. — Extrait d’élathérium, 10 centigr. toutes les six heures.

Le 18. Le gonflement semble diminuer. Extrait d’élathérium, 10 centigrammes par jour.

Le 19. Les pilules l'ont purgé très souvent. Pouls plein, 80 pulsations. L’urine semble accrue. Aujourd’hui, on observe pour la première fois que l'urine a une teinte brun foncé. Eile est mélangée de particules rouges ; elle coagule par la chaleur ; 5 centigrammes d’extrait d’élathérium tous les matins.

Le 20. Le malade rend 3 litres et demi d'urine, ce qui est une quantité presque sextuple de celle qu’il rendait auparavant. Elle est légèrement coagulable, trouble avec des particules rouges,

Il se sent très soulagé. Une selle aqueuse très abondante. Purgatif avec jalap et tartrate de potasse,

Le 21. Le gonflement a beaucoupdiminué. 6 litres et demi d'urine en seize heures, d’une couleur d’eau-de-vie foncée ; elle ne coagule pas. Même traitement.

Le 24. 6 litres d'urine en douzeheures, d’une coloration moins foncée, ne coagulant pas.

Le 27, L'’urine contient encore quelques particules rouges ; elle est abondante, ne coagule pas. L’œdème diminue journellement, Même traitement : extraitde ciguë : 25 centigrammes en trois fois par jour.

4er décembre. Le malade se plaintd’unedouleur sousla mâchoire, mais le gonflement œdémateux a presque disparu, excepté un peu sur le dos du pied. 4 litres d'urine ;elle est coagulable; elle contient beaucoup de sang, car elle est tout à fait rouge. Pouls fort: 84 pulsations. Saignée de 300 grammes, poudre de jalap et de tartre de potasse.

Le 2. Le sang n’est pas couenneux ; il présenteun caillot considérable et solide, tout à fait élastique comme de la geléeet d’un rouge vif. 4 litres environ d’urine très rouge avec une grande quantité de mucosité filante déposée au fond. OEdème très diminué.

Traitement. — Saignée de 300 grammes ; antimoine tartarisé, 2 centigrammes ; opium purifié, 10 centigrammes; thériaque, quantité suffisante pour 2 pilules par jour ; potion de séné.

Le 3. Le sang a une couenne mince ; douleur à la gorge. Le malade dit que l’urine qu’il a rendue est de la même couleur que la veille, Il se promène et paraît en soinme être beaucoup mieux.

Le 4. L’urine est décidément moins rouge, mais moins abondante : 2 litres environ. La matière muqueuse qui se dépose au fond a diminué ; elle coagule beaucoup moins. La gorge est soulagée, la face un peu pâle, la langue humide et nette, le pouls modéré.

Le 5. Pendant toute la soirée de la veille, le malade parutbien. I! se promenait dans la salle et semblait à son aise ; il dormit paisiblement, mais ce matin, à sept heures, il se plaignit d'une grande difficulté pour avaler et pour respirer avec sensation de

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constriction au cou et à la poitrine. Saignée de 450 grammes: 16 sangsues au cou ; { émétique.

Tout cela fut inutile et le malade expira à onze heures.

J'étais assuré que c’était là un cas où, ni la circulation générale, par l’intermédiaire d’une maladie du cœur, nj la sécrétion biliaire par l'intermédiaire d’une maladie du foie, n'avaient eu une influence directe sur la production de l’anasarque et Je ne doutais pas que le rein ne fût le siège immédiat du dérangement. Je désirais donc obtenir l’examen du corps pour voir si cet organe avait subi quelque changement visible après la mort.

Autopsie. — Muscles et tissu cellulaire sains. Poumons légèrement congestionnés. Le cœur et le péricarde sont à l’tat normal. Environ 120 grammes de liquide dans chacune des plèvres; dans celle du côté droit, la sérosité est rouge. Les poumons adrèrent en avant aux parois thoraciques par des adhérences anciennes. Congestion cadavérique intense aux bâses et à la partie postérieure.

Foie légèrement congestionné. Rate très diffluente. L’estomac et les intestins sont sains. Point de sérosité dans le péritoine. La vessie contenait environ trois quarts de litre d'une urine claire et jaune qui n’était pas coagulable ou qui, du moins, ne donnait pas le plus léger coagulum floconneux,mais quelques mucosités s'étaient déposées au fond.

Les reins présentaient une apparence très curieuse. On en détachait facilement la membrane enveloppante; ils étaient gros, moins fermes qu’ils ne le sontordinairement,et de la couleur chocolat la plus foncée. Ils étaient parsemés de quelques points blancs et d’un grand nombre de points noirs et cela, avec une légère teinte de rouge par places, ce qui lui donnait l’apparence d’un porphyre à grains fins. Une section longitudinale montra que cette structure et que ces couleurs pénétraient toute la substance corticale. L’apparence striée naturelle n’était pas perdue et la partie externe de chaque masse de tubuli était particulièrement foncée ; tous les mamelons étaient aussi d’une couleur foncée. Coupé et abandonné à lui-même, le rein laissait sourdre une très grande quantité de sang, ce qui prouvait une accumulation extraordinaire de liquide dans l’organe et c’élait de

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cette cause que semblaient provenir l’apparence et la coloration particulière qu’il présentait. Les taches très foncées étaient le résultat, soit de l’extravasation du sang, soit de l’extrême engorgement des vaisseaux par ce liquide.

Nous examinâmes ensuite l’épiglotte, et nous la trouvâmes épaissie par un épanchement œdémateux sous la membrane qui revêt sa face supérieure. Elle était pliée comme un auvent à angle aigu ; la face inférieure était épaissie aussi, et présentait une apparence douteuse d’ulcération. L’épiglotte ayant été coupée, une quantité considérable d’un liquide séreux en fut aisément exprimée. En somme, l’ouverture de la glotte était très resserrée, et l’épiglotte avait complètement perdu le pouvoir d'accomplir ses fonctions valvulaires.

Il ne pouvait rester aucun doute sur la nature de l’attaque qui avait emporté si rapidement le malade, L’inflammation de l’épiglotte avait été suivie de l’œdème de cette partie, œdème qui avait produit la mort.

Dans ce cas, nous avons la preuve l1 moins équivoque de la connexion de l’affection du rein avec une anasarque soudaine et étendue. L’urine coagulable, et non seulement coagulable mais encore contenant des particules rouges du sang en grande abondance, me conduisit dès l’abord, à me former cette opinion sur le siège du mal, De plus, l’autopsie ne montra aucune cause suffisante de l’hydropisie, et si, durant la vie, on ne soupçonna aucune affection du cœur, du foie ou des poumons, l’examenr du corps montra en effet que tous ces organes étaient dans un état d’intégrité parfaite. On peut se demander également jusqu’à quel point l’emploi des diurétiques, pendant une pareille tendance morbide, a coopéré à la production de l'apparence particulière des symptômes, mais il faut ss souvenir que l’hématurie a été plus ou moine observée sous tous les modes de traitement, et que, même avant qu'aucun régime n’eût été établi, l’anasarque s’était subitement développée. L'influence morbide du rein existaît donc déjà avant toute thérapeutique, el même avant le début des symptômes l’altération était déjà avancée. Mais cette altération allait-elle jusqu’au point où nous la vimes après la mort * C'est ce que nous ne pouvons pas déterminer. Le symptôme hématurie était certainement sar son déclin, quand survint l’acci-

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dent qui amena une terminaison fatale. C’était mon intention, dans ce cas, de recourir à des saignées locales, par l'application de ventouses aux lombes aussitôt que l'excès de la sécrétion générale aurait été suffisamment réduit. Et il est très possible que, si l'affection soudaine de lépiglotte n’était pas survenue, la maladie aurait cédé, pour un temps du moins, puisque le symptôme de l’anasarque avait déjà complètement disparu sous l'influence du traitement adopté.

OBsERvATION II. (Tissot. De l’hydropisie causée par l’affection granuleuse des reins. Observation citée par Rayer, t. Il des Maladies des reins.)

Impression du froid et de l'humidité; œdème: douleurs rénales ; urine très albumineuse et sanguinolente: pneumonie du côté droit; mort après environ deux mois de maladie.

Gaiffe (Antoine-Alexis), charpentier, âgé de 36 ans, d’un tempérament sanguin, d’une forte constitution, s’était fort mal nourri pendant quatorze mois, privé qu’il était de ressources, lorsque, au mols de novembre 1873, il fut employé à la machine de Marly. Là, au bout de quelques jours d’un travail qui l’obligeait à se tenir dans l’eau et à se mouiller continuellement, il s'aperçoit que ses jambes sont enflées. Le lendemain, 25 novembre, toux assez forte, respiration gênée, pas d’expectoration, violent mal de tête. Uue saignée pratiquée le jour même dissipe ces accidents, qui reparaissent après quelques heures et exigent une nouvelle émission sanguine dont le malade se trouve bien ; mais l’épanchement séreux des extrémités s'étend davantage ; les urines sont plus rares, très colorées. Gaiffe entre alors le 3 décemore à l'hôpital de la Charité avec un œdème occupant la face, les avant-bras, les parois de l'abdomen, les cuisses et les jambes; respiration plus gênée. Ces symptômes s’accroissent, malgré les boissons et les frictions diurétiques. La céphalalgie reparaît et nécessite à peu de jours de distance des sangsues à l'anus et derrière les apophyses mastoïdes. Ce n’est que le 13 décembre, dix jours après son entrée, que nous pouvons examiner ce malade.

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Il est dans l’état suivant : violente céphalalgie qui l'empêche de dormir, langue sale, sèche ; soif vive depuis trois jours ; selles naturelles. La poitrine, percutée et auscultée, ne présente rien d’anormal en avant. La respiration s'entend bien moins en arrière, à cause de l’épaisseur des téguments œdématiés, Battements du cœur forts, mais réguliers ; pouls plein, vif. Le ventre est douloureux à la pression, surtout sur les côtés. Le malade dit avoir éprouvé et éprouver encore des douleurs sourdes dans la région des reins, parfois même elles sont vives. Les urines sont rares, rougeâtres, ressemhlant à de la lavure de chair; elles précipitent abondamment par l’acide nitrique et coagulent fortement par la chaleur.

Traitement. — Tisane de chiendent, frictions avec de la scille et de la digitale, une fumigation de genièvre ; bouillon, soupe.

Le 14. Soif très vive, langue sèche, urines plus foncées en eouleur ; d’ailleurs, même état. Mème prescription.

Le 15. Douleurs vives dans la région des reins; soif toujours ardente, scrotum distendu par une assez grande quantité de liquide ; cuisses moins volumineuses. Même état, même prescription.

Le 16. Le malade se trouve mieux ; sueur abondante pendant la nuit. Même prescription, même régime, plus une tasse de vin blanc. à

Le 17. Sueur nocturne, avant-bras moins œdématiés, même état des urines. Même prescription, avec potion avec acétate d’ammoniaque.

Le 20. Soif moins vive, langue humide, toux fréquente, expectoration difficile ; 80 pulsations, membres inférieurs plus œdématiés; urines un peu plus abondantes, moins colorées, aussi albumineuses. Même prescription, plus une bouteille d’eau de Vichy. |

Le 22. Décubitus horizontal, respiration gênée, toux fréquente, ventre plus volumineux; urines rares, jaunâtres, troubles. Bourrache miellée, frictions scillitiques, fumigations de genièvre.

Les 24 et 25. Toux moins fréquente, selles naturelles: le ventre augmente encore de volume ; même état des urines. Même pres= cription.

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nus —

Le 27. Soif peu vive, œdème stationnaire, urines moins colorées que la veille; le scrotum très volumineux s’est gercé assez

‘profondément, et a donné issue à une assez grande quantité de

sérosité ; pouls plein, dur, 80 pulsations.

Petit looch nitré : frictions scillitiques, eau de Vichy.

Les 28 et 29. Aucun changement; malgré l’anasarque considérable, le malade se remue très facilement dans son lit; la fissure du scrotum laisse écouler beaucoup de sérosité. Urines toujours rares, troubles, mais moins albumineuses.

Le 30. Le scrotum diminue de volume; même état d’ailleurs,

Le 31. OEdème du bras et de l’avant-bras plus considérable.

1er janvier. Céphalalgie légère; face bouffie, urines toujours rares.

Le 5. Toux, respiration un peu gênée ; langue blanche, humide; même état de l’æœdème. Vin chalybé, 120 grammes.

Le 6, Céphalalgié intense, pouls plein et fort. Urines rares, rougeâtres, albumineuses. La veille dans la journée, le malade a éprouvé des étouffements, des palpitations, des étourdissements jusqu’à quatre heures du soir. Le cœur, examiné de nouveau, présente des impulsions assez fortes; pas de diarrhée, urines rougeâtres, très coagulables. Même prescription.

Le 7, Persistance de la céphalalgie, le malade ne peut supporter la lumière; soif un peu vive. Même état de l’æœdème et des urines, même prescription.

Le 8. Céphalalgie moindre, vue moins sensible ; 300 grammes d'urine trouble, très rouge, très coagulable, pendant les vingtquatre heures. Même prescription.

Depuis cette date jusqu’au 11, mieux général ; une sueur abondante a lieu pendant la nuit, soif moindre, ventre plus souple ; 900 grammes d’urine en vingt-quatre heures.

Le 12. Les extrémités en général sont moins œdématiées, l’urine plus abondante, moins rouge, 150 grammes en vingt-quatre

heures.

Le 13. Sueur abondante; le malade se trouve bien. Même pres-

cription.

Le 14. Urines moins abondantes, 360 grammes en vingt-quatre heures ; plus albumineuses, précipitant comme le sérum du sang

étendu de quatre fois son poids d’eau.

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Le {5. Abattement, langue sèche, jaunâtre ; douleurs dans la tête; les urines très rares n’ont pu être gardées; à 4 heures du matin, le malade a eu des frissons, de la fièvre et des étourdissements.

Le 16. Révasseries, délire pendant la nuit ; céphalalzie intense, pupilles lé:èrement contractées; sueur moins abondante, œdématie générale; pouls plein, accéléré, à 96. É

Traitement. — Tisane de chiendent nitrée, frictions scillitiques, deux bouillons.

Le 17. Agitation, toux fréquente, expectoration rouillée, visqueuse ; respiration gênée, courte; râles crépitants assez marqués au sommet du poumon droit ; langue sèche, soif vive; urines très rares.

Tisane de chiendent nitrée, potion gommeuse, diète.

Le 18, Délire continuel pendant la nuit, râles crépitants plus marqués et plus étendus, diarrhée. Les urines n’ont pu être examinées ; aucun changements dans l’œdème.

Eau gommeuse, potion gommeuse; looch avec kermès, 20 centigrammes.

Le 19. Même état.

Le 20. Agitation très considérable, souffle bronchique dans les lobes supérieur et moyen du poumon droit ; râles crépitants dans le lobe inférieur. Même prescription.

Le 91. Abattement, pouls petit, misérable; point d'urine. Le malade meurt à 6 heures dn soir. L'ouverture du corps fut faite le lendemain à 9 heures du matin.

Autopsie. — Etat extérieur. Infiltration généralisée.

A l'ouverture du crâne, sérosité entre la pie-mère et dans les veniricules. Cerveau et cervelet sains.

Le poumon droit est adhérent au sommet de la plèvre, Son lobe supérieur présente les caractères de l'hépatisation grise; les lobes moyen et inférieur, ceux de l’hépatisation rouge. A gauche et à la partie inférieure, la plèvre est recouverte d’une fausse membrane récente et contient dans sa cavaité 120 grammes de sérosité floconneuse. Le poumon du même côté est sain; cœur un peu volumineux et sain.

Huit litres de sérosité dans le péritoine. Estomac et intestin normaux. Foie ferme, mais sain. Veine porte et veine cave libres. Rate et vessie saines.

Les reins sont extrêmement volumineux. L’un a quatorze centimètres de long et les autres dimensions en proportion; son poids est de 315 grammes. L'autre est moins volumineux et moins lourd. Ils ne sont pas lobulés,mais ils sont pâteux au toucher. Leur surface extérieure rouge et lisse présente des plaques et des marbrures d’un blanc jaunâtre, formées par des assemblages de points blancs que l’on rencontre aussi disséminés sur cette surface. En examinant ces points avec plus d’attention on voit, d’après leur forme contournée et leur continuité avec les circonvolutions corticales voisines, que ces granulations ne sont autre chose que ces mêmes circonvolutions augmeniées de volume et distinctes par leur couleur mate. Ces plaques et ces granulations sont entourées et légèrement voilées par un tissu rose et transparent. On observe en outre, en quelques endroits, un piqueté très abondant ressemblant à des ecchymoses, mais qui, examiné à la loupe, se trouve renfermer des intervalles irréguliers bordés par une ligne rouge. À la coupe, la substance corticale du rein un peu jaunâtre est beaucoup plus pâle qu'à l’extérieur et paraît boursoufflée dans ses prolongements intérieurs. Les granulations au lieu d’être sous la forme de taches sont ici en stries irrégulières et comme floconneuses, mais, en coupant le rein transversalement, on retrouve la forme des granulations. Les taches rouges observées à l'extérieur

. n'existent pas à l’intérieur. Dans l'épaisseur de la substance cor-

ticale, on voit un grand nombre de glandules arrondies, incolores et transparentes, de volume à peu près égal, placées quel-

quefois sur deux rangées et quelquefois sous forme de festons.

Vue à la loupe, la surface de la coupe paraît comme criblée

d’une foule de pores transparents. La substance tubuleuse con-

traste fortement par sa couleur foncée avec la substance corti-

cale et semble être resserrée comme refoulée sur elle-même,

Le bassin et les gros vaisseaux du rein ne présentent rien de no-

table.

GG OBservVATION IT, {Rayer, t. II, p. 175, obs. VIIL) Néphrite albumineuse aiguë.

Dans les premiers jours d’avril 1833, je fus appelé pour donner mes soins à un jeune homme âgé de 16 ans, d’une bonne constitution, et qui était atteint d’une anasarque. Ce jeune homme était menuisier et habitait un rez-de-chaussée très humide. Les jambes, les cuisses, la partie inférieure du tronc, la face étaient œædémateuses. L’urine rare, rouge, acide, sanguinolente, contenait une proportion considérable d’albumine et sa pesanteur spécifique était de 1026. Le malade ne se plaignait point de douleurs aux reins, mais la pression avec les doigts sur la région lombaire provoquait une sensation douloureuse, Quoique la quantité de l’urine fût beaucoup moindre que dans l’état sain, le nombre d'émissions en 24 heures était à peu près égal à celui qui a lieu dans l’état de santé. En percutant alternativement le flanc droit et le flanc gauche, lorsque le malade était couché sur l’un ou l’autre côté, ou sur le dos, ou enle faisant mettre sur son séant, je ne pus constater la présence d’un liquide dans la cayité du péritoine.

En percutant et auscultant avec soin la poitrine, je ne découyris aucun signe d’épanchement dans la cavité des plèvres. Dans plusieurs points, le bruit respiratoire était accompagné d’un sifflement assez marqué. La soif et l” appétit étaient peu prononcés.

. Le malade avait un peu de diarrhée. La peau était chaude, sans sueur, Le pouls assez fréquent et assez développé. On pratiqua une saignée, le sang était couenneux. Le malade fut mis à un

régime doux et lacté, L'hydropisie n'existait que depuis environ quinze jours. Je ne pouvais accuser d’autres causes de son développement que l’humidité de l’appartement qu'occupait ce jeune homme. À la suite de la saignée, on remarqua une légère diminution de l’hydropisie, mais le mieux resta stationnaire pendant cinq ou six jours. Je crus alors que c'était le cas de recourir à l’action des bains de vapeur aqueuse. Le malade en prit sept ou huit sans qu’il survint de changement appréciable dans son état. L’hydropisie était stationnaire ; les urines conti-

L'émss…s.

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