‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 17 sur 24 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Femme couchée au numéro 9 de la salle St-Antoine. Entrée à l'hôpital pour des’douleurs rhumatismales, Elle était déjà depuis quelques jours dans les salles, lorsqu'un jour une croisée étant restée ouverte près de son lit, elle fut prise de froid. À dater de ce moment, elle éprouva du malaise, et ne tarda pas à remarquer que sa figure était bouffie et qu’elle avait en même temps un peu de gonflement des jambes. L’exploration de la région rénale fit constater unefsensibilité douloureuse à la pression. On examine les urines, elles contenaient une grande quantité d'albumine. Elles étaient, en outre, rendues dans de faibles proportions (cinq cents grammes environ, dans les vingt-quatre heures), elles avaient, une teinte cachou, avec un dépôt blanchâtre, épais.

Enfin il survint un vomissement, et la malade accusa une dyspnée considérable (73 inspirations par minute). Température, 38°. Traitement : tannin, diète lactée.

Les choses restent dans le même état pendant quatre ou cinq jours. La malade continuant à vomir, on cesse le tannin dans la crainte qu’il ne contribue à leur entretien.

Ici, on a assisté en quelque sorte, à la naissance de la maladie, on l’a vue débuter et suivre immédiatement sa cause qui à été celle du froid. |

Il y a dans cette observation trois faits dignes d'intérêt.

Le premier est la dyspnée considérable que cette

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femme a eu presque dès le début et qui est due à un œdème pulmonaire survenu brusquement.

Le second -est:la couleur foncée de l'urine due à la présence dans ce liquide excrémentitiel de débris de tubes en même temps que de cellules épithéliales.

L'examen microscopique fait reconnaître, en ellet, des cylindres hyalins, demi-transparents.

Enfin, le troisième fait est le vomissement qui a dans ce cas, une importance considérable; car, il constitue l’un dés symptômes del’urémie. L'examen des matières vomies a démontré, en effet, l'existence de l’urée, tandis que la proportion de cetle dernière dans l’urine était notablement diminuée. Le sang examiné a fourni également une grande quantité d’urée. Cette néphrite ne paraît pas, comme on le voit, devoir se borner chez cette femme à une néphrite purement épithéliale et avoir la même terminaison heureuse que dans les deux observations précédentes.

Osservartion VII. (Gazette des hôpitaux, 1872.)

Le docteur Berthelot raconte qu’étant en voyage, il fut frappé par l’aspect maladif d’un hoinme qu’il venait de croiser sur son chemin, et chez qui, à l'aspect d’une ‘bouffissure de la face, il avait soupçonné à distance tune albuminurié. Cét homme l’interpella fèt lui demanda ‘une Consultation, Par ses réponses, il apprit que cette homme ägé de 42 ‘ans, d’une forte constitution et ayänt toujours eu jusque-là une ‘excellente sänté, n’était malade que depuis six semaines. Il avait été pfs de gonflement à la face, aux jambes et au ventre qui était en outre extrêmement ballonné; la respiration était devenue très-pénible et, au moindre mouvement, il était pris de palpitations et d’essoufflement considérables. Cette affection avait débuté brusquement3

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voici dans quelles circonstances. Uu jour, que cet homme était tres fatigué, après une rude journée de travaux des champs, étant inondé de sueur, il g’était couché et endormi. sans avoir mangé, sur la térre mouillée, où il passa plusieurs heures. À son réveil, il s'était senti courbaturé, et lorsqu'il rentra quelques heures après chez lui, sa femme remarqua qu’il était tout bouffi. Pendant six semaines, il n’avait rien fait, ses forces diminuant de plus en plus, tandis que le gonflement augmentait; il s’était décidé à consulter un médecin.

A l’auscultation et à la percussion, rien n’indiquait une maladie du cœur ou des poumons, L’urine,, examinée Je lendemain, renfermait une quantité considérable, d’albumine. Traitement: 20 grammes d'huile .de ricin tous les jours ei, pour boisson, de l’eau albumineuse.

Quelques jours plus tard, malgré la fatigue du voyage que cet ‘homme avait fait à fpied, on constata chez lui une amélioration considérable, Air moins souffrant, respiration beaucoup plus libre, æœdème des jambes beaucoup diminué ; ventre beaucoup moins tendu. Les urines cependant êlaient toujours fortement chargées d’albumine.

Traitement. Trois fois par jour, six gouttes de teinture d'iode dans un demi-verre d’eau de riz. Eau albumineuse dans l’intervalle pour tout régime,

Après cinq jours de ce traitement, il y à une amélioration notable, mais l’urine est encore fortement albumineuse.

Traitement, Purgatif énergique, deux gouttes d'huile de croton tiglium dans vingt grammes d'huile de ricin. Continuation de la prescription antérieure.

Dix jours plus tard, le malade ayanl recouvré tout son appétit. fut mis à un régime alimentaire reconstituant. Au bout de deux mois, cet homme avait récupuré toute la plénitude de sa santé et ses fonctions antérieures. Les urines ne contenaient plus de traces d’album.ne.

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