‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 19 sur 24 · FU · texte numérisé non relu

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ventre, de la verge, des cuisses et du scrotum. En outre, il accusait toujours de la céphalalgie, et une sensation de respiration un peu pénible à la base de la poitrine. La température était à 39,1.

Les urines examinées présentaient une coloration foncée, bru= pâtre, ressemblant à du bouillon de bœuf un peu avancé et aigri:

la chaleur et l'acide nitrique y décelaient la présence d’une cer-.

taine quantité d’albumine.

Le 4. Même état. Céphalalgie plus intense.

Le 5. L’urine est rendue en très petite quantité, oscillant entre 300 et 400 grammes : ses caractères physiques sont les mêmes. La température de 39° est descendue à 37,6 et 37,8. Le pouls est à 76 pulsations : dans la nuit, le malade à un peu de somnolence; il semble qu’il existe déjà un certain trouble des facultés intellectuelles,

Le 6. Après un épistaxis qui s'était déjà manifestée la veille d’une manière très légère, il fut pris de convulsions intenses, ayant tout à fait la forme de celles qu’on observe dans l’épilepsie, c'est-à-dire caractérisées par des’ mouvements toniques, puis cloniques des membres et de tous les muscles du corps, par de la pâleur suivie bientôt d’une coloration violacée de la face, enfin par la présence dans la boucñe d’une écume sanguinolente, Ces convulsions épileptiformes se répétèrent pendant une grande partie dé la journée, toutefois avec une intensité moindre, une saignée ayant été pratiquée dès le début de la crise.

À ce moment le pouls était à 90 pulsations, la température prise seulement à la fin de la journée était de 27,6. Malgré Pintensité des convulsions, il y avait donc absence complète de mouvement fébrile, caractère extrêmement important pouvant servir de moyen de diagnostic entre la maladie de cet homme et certaines affections cérébrales.

Dans la soirée ces crises nerveuses avaient complètement

cessé; mais le malade tomba alors dans une sorte de coma qui se prolongea toute la nuit.

Le 7. À la visite nous constatèmes que l'intelligence était revenue ; seulement les réponses du malade étaient lentes, La lan=

gue présentait des taches grisatres superficielles qui n'étaient

autres que de peiites “eschares résultant de là morsure de cet

organe. Il continuait à accuser une céphalalgie intense dont il rapportait surtout le siège à la région frontale ; les urines contenaient de l’albumine, mais plus de sang.

Les 8, 9 et 10 mai. Rien de particulier ; toujours céphalalgie vive et absence complète de l'appétit.

Le 10, apparut un nouveau phénomène qui avait un tout autre siège que ceux que l’on avait observés jusque-là, mais qui, cependant, se rapportait encore à l’intoxication particulière sous l'influence de laquelle cet homme se trouvait. La sensation de malaise qu’il avait toujours éprouvée à la base de la poitrine se transforma en dyspnée considérable, allant même jusqu’à l’orthopnée, Néanmoins la respiration n'était pas irès fréquente; elle était seulement irrégulière, tantôt précipitée, tantôt ralentie et oscillant entre 48 et 50 respirations par minute,

Mais ce que le malede présentait de particulier, c'est qu'en face de cette gêne respiratoire si considérable, l’auscultation et la percussion de la poitrine ne révélaient l'existence d'aucun signe physique dans le poumon. C’est à peine si l'on entendait, à la base du thorax et à gauche, quelques bulles de râles crépitants extrêmement fins attestant un léger degré d’œdème pulmonaire. Il s’agissait évidemment d’une dyspnée purement nerveuse dépendant d’une modification des pneumo-gastriques, sous linfluence de la même cause générale que celle qui avait donné lieu aux phénomènes convulsifs.

Cet homme resta ainsi pendant trente-six heures avec cette dyspnée, sans toux, sans signe physique du côté de la poitrine ; puis le vendredi 41, il commença à expectorer des crachats abondants, mousseux, présentant les caractères de ceux que l’on remarque dans les cas d’inflammation de la trachée et notamment chez certains asthmatiques.

Alors la respiration devint bruyante et l’on put entendre dans toute l’étendue de la poitrine, en avant, en arrière, en haut, en bas, des râles sibilants extrêmement prononcés. On eut en un mot tout à fait l'apparence d’un accès d’asthme.

Ces phénomènes se prolongèrent ainsi pendant quelque temps, puis, sous l'influence d’un ipéca et de l’application de quelques ventouses sèches sur Ja poitrine, la dyspnée disparut définitive: ment.

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