‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 20 sur 24 · PR PU · texte numérisé non relu

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Le 13. Le malade est en pleine convalescence. Les douleurs de tête, qui avaient d’ailleurs disparu au moment où la dyspnée avait commencé à se manifester, ne se sont plus reproduites ; il n’accuse plus de gène dans la respiration, et-à l’auscultation on ne trouve aucune espèce de râles, ni secs, ni humides dans les différentes parties de la poitrine. Enfin le sommeil a reparu et le malade a commencé hier à manger.

Il nous reste maintenant à apprécier les différents accidents auxquels il a été soumis. Auparavant nous devons examiner les caractères qu’à présentés l’urine,

Outre la couleur brune et le peu de quantité déjà relatés au début de l'observation, l'examen chronique a montré que l’urée au lieu de 16 à 20 grammes par litre était tombée à 9 grammes, Elles étaient également albumineuses, mais non en rapport avec l'intensité des phénomènes observés. C’est à peine si la chaleur et l’acide nitrique ont fait précipiter quelques flocons blanchätres qui en brouillaient légèrement la transparence. Il y avait en outre une diminution considérable des phosphates terreux et du chlorure de sodium et une très petite quantité d’indigose,

Il y à en outre un défaut d’élévation de tempéralure tout à fait remarquable et en désaccord avec l'intensité des accidents qui l'ont frappé. Si le jour de son entrée le thermomètre marquait 39,1, les jours suivants il est descendu à 37,5 et 37,9, chiffres entre lesquels il n’a cessé d'osciller pendant la maladie.

Il nous reste à formuler le diagnostic de l'affection dont cet homme était alteint.

- En présence du malaise et de la céphalalgie persistante présentés par ce malade, en présence surtout de l’albumine contenue dans les urines et de l’anasarque généralisée, nous devons admettre l'existence d’une néphrite albumineuse aiguë consécutive à un refroidissement et à laquelle d'ailleurs cet homme était prédisposé par ses habitudes alcooliques. Chez les gens qui se livrent à des excès de boissons, on voit fréquemment apparaître du côté des reins des symptômes de néphrite interstitielle qui peuvent s'accompagner plus tard d'accidents urémiques, Il ne faudrait donc pas s'étonner que notre malade eût déjà, avant d’entrer à l'hôpital, quelques troubles du côté de ces organes, et que le refroidissement qu'il a subi n’eût fait que donner un coup de

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fouet à la maladie dont il était atteint auparavant et déterminé ainsi l’élévation de la température passagère que nous avous noté à son entrée dans le service.

Cette néphrite chez lui devait devenir plus grave qu’elle ne l’est habituellement, car la céphalalgie intense dont il se plaignait, jointe à cette sensation de dyspnée qu’il éprouvait à la base de la poitrine et qui, dans cette maladie, est assez souvent un signe précurseur d'accidents urémiques qui n’ont pas tardé à arriver; Ce sont ces mêmes phénomènes éclamptiformes que l’on voit également apparaître quelquefois chez les femmes en couches, ou chez des individus qui viennent d’être atteints de scarlatine, et qui, extrêmement graves, peuvent aller jusqu’à compromettre la vie des malades. Aux convulsions des membres a succédé chez ce malade la forme comateuse. Enfin, la céphalalgie toujours persistante faisait prévoir que tout n'était pas fini. En effet, de nouveaux accidents urémiques dont le poumon a été le siège et une dyspnée nerveuse considérable ont tenu ce malade pendant trente-six heures. C’est donc bien une néphrite albumineuse aiguë a frigore avec accidents d’urémie.

Le traitement a été constitué par du lait et du tannin avant les accidents urémiques ; quand ceux-ci ont apparu une saignée a été pratiquée. Le chloral en lavement et par la bouche à la dose de ? grammes, matin et soir, a également été ordonné. La dyspnée et les accès d’asthme ont été combattus par les ventouses sèches et l’ipéca à la dose de 4 gramme 50 à 2 grammes. Quand ces accidents ont disparu on a repris le lait et le tannin; l'amélioration a été rapide et notable ; cependant le malade n’est point sauvé. Si les arcidents urémiques sont conjurés, l'urine n’a cependant point recouvré ses caractères normaux; ele ne renferme pas encore la quantité d’urée et de sels quelle devrait contenir. Elle est toujours rendue en quantité moindre qu’à l’état normal ; nous assistons donc au début d’une néphrite parenchy-

mateuse qui va persister et exposer cet homme à des accidents

nouveaux d’autant plus à craindre que nous avons affaire à un homme manifestement alcoolique.

Valissant. 9

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