‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 21 sur 24 · AT · texte numérisé non relu

AT

Osservarron XIV. (Hôpital de la Charité, salle St-Félix, n° {5. service de M. le D' Desnos. Observation communiquée par M. Ballue, externe du service.)

Néphrite a frigore. — Amygdalite, — Urémie.

Le nommé Ciguillard {Paul}, âgé de 18 ans, typographe, entré le 41 janvier. À eu la rougeole à 5 ans, la dysentérie à 40. Il y a six mois, rhumatisme articulaire aigu sans complications.

Le 7, Il tombe dans un puisard rempli d’eau d’une hauteur de 4 mètre 50. Il se retire seul, change? de vêtements à l'atelier et continua de travailler toute la nuit ainsi qu’une partie du lendemain, Se couche le soir et demeure alité.

Se plaint d’une courbature® générale, d’une céphalalgie légère; pas de rétention d'urine, pas d’hématurie.

Le 10. Apparaît un gonflement assez considérable des paupières ; aucune autre trace d’æœdème,

Deux jours après sa chute, le malade, qui auparavant avait un léger mal de gorge, éprouve des douleurs plus vives ; il a de la dysphagie. Il est d’ailleurs'sujet aux maux de gorge. Deux vomissements avant son admission à l’hôpital.

Le 11, à l'entrée. Dysphagie ; voix nasonnée. Les boissons ne réfluent pas par le nez. Les amygdales sont rouges, vernissées, contiguës sur la ligne médiane ; l’isthme du gosier semble effacé. Les piliers, la luette sont œdématiés ; la langue est saburrale. Eruption de taches rouges régulières, développées sur les membres inférieurs à l’insu du malade. Urines rares et foncées. L'œdème palpébral est intense ; il n’existe{pas ailleurs, La pression sur la région lombaire éveille une douleur vive. L’albumine se trouve en grande quantité dans l’urine.

Le 12. Régime lacté exclusif. & ventouses scarifiées, gargarisme.

Le 15. Vomissements verdâtres porracés ; urines rendues, 1/2 litre. Lait, potion de Rivière, cataplasmes sur le ventre.

Le 16. Lait, purgatif,:6 ventouses scarifiées,

Le 17. Urines rendues, 3/4 de litre.

CRT.

Le 18. Vomissement verdâtre. Le soir, urines rendues, 4 litre: — Traitement : sirop d’éther, 20 grammes ; sirop de morphine, 20 grammes.

Le 19. Constipation. 2 pilules d’Anderson.

Fe 21. Diarrhée.

Le 23. Un peu de diarrhée. Les vomissements persistent. — Traitement : gouttes amères de Baumé, 4. On supprime le sirop d’éther et le gargarisme au ratanhia. Régime lacté. Urines, 3/4 de litre. Elles contiennent 18 gr. 50 d’urée par litre.

Le 24. Vésicatoire au creux épisgastrique.

Le 25, Les vomissements persistent,

Le 27 Boit 1 litre et demi de lait coupé avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique. 1 selle.

Le 28. Ürines rendues, 2 litres, ressemblant comme couleur à du bouillon ; a beaucoup moins vomi.

4er mars. Urine, 112 litre. N’est pas allé à la selle.

Le 2. Les vomissements persistent. 112 litre d'urine.

Le 3. Même état. On supprime l’acide chlorhydrique. Julep avec te'uture d’iode, 6 gouttes.

Le +. Les vomissements deviennent plus abondants. Il n’y a plus de diarrhée. Urine, 1 litre 1/2. Un peu de liquide dans le péritoine. Pas d’œdème des membres inférieurs. Rien au cœur. Un peu d’ædème des bourses.

Le 7. Les vomissements persistent toujours. L’urine, examinée au microscope, renferme des cristaux d’acide urique et d'épithélium. Pas de cylindres hyalins graisseux. 1/2 litre d'urine. Lait, etc.

Le 9. 2 litres de lait. Glace. Urines, 2 litres.

Le 12. Régime lacté. Depuis trois jours le malade a de la dyspnée urémique. Les vomissements ont diminué en fréquence et en quantité.

Le 13. Pain et lait. ;

Le 14. Régime lacté exc lusif. Urines rendues, 800 grammes.

Les vomissements continuent. L’albumine est toujours en quantité abondante. Examinée le 6, l'urine en contenait 12 gr. par litre.

Le malade vomissait toujours ; on lui fait des lavages de l’estomac avec de l’eau pure. Urines rendues, 1450 grammes.

Gore

Le 17. Vomissements. Lavage de l'estomac.

Le 15, Même état, même traitement. Régime lacté. Urines, 2 litres.

Le 19, Lavage avec un demi-litre d’eau Châtel-Guyon. Régime lacté. Pas de vomissements. Urines, 3 litres et demi.

Le 20. Lavage stomacal. Urine, 1500 grammes. Pas de vomissements.

Le 21. Lavage stomacal.

Le 22. Lavage. Urines, 1500 grammes, 3 litres de lait ; 1 vomissement et mange du pain et du fromage.

Le 23. Lavage. Le liquide buccal est un peu acide. La langue est rouge.

Le 27. Lavage. Le malade mange une portion; n'ayant pas eu de vomissements le 95 et le 26.

Le 28. Les vomissements ont cessé. Depuis hier soir la céphalie a reparu. Lavement purgatif. Urines, 2 litres.

Le 29. 6 selles. Plus de céphalalgie. La langue n’est plus rouge. Pas de vomissements,

4 avril. Les vomissements bilieux et alimentaires reparaissent. Lavage par la sonde, ramène des matières verdâtres qui nesont autre chose que de la bile. Urines, 1 litre et demi,

Le 2, Pas de vomissements. Le malade accuse de la surdité à cause de ses äamygdalites répétées ; il n’y a point de perforations de la membrane du tympan. Les amygdales sont très volumineuses.

. Le 4. Pas de vomissements. Lavage. Urines, 2 litres et demi. Le 5. Mange deux portions et vomi un peu. | Le 13. Le lavage cesse. Pas de vomissements. On supprime

l’iodure d’amidon. On donne un julep diacode.

Le 14, Depuis deux jours, pas de vomissements, mais dyspnée intense, allant la nuit jusqu’à l’orthopnée. Pas de céphalée, Le malade tousse depuis deux Jours.

Le 16. Le malade se plaini, le 16 au soir, de tousser beaucoup. L'examen de la poitrine fait reconnaître, à droite et sous l’aisselle, des râles crépitants ; on les entend également à la partie postérieure du poumon droit.

Traitement: Vésicatoire, julep diacode avec extrait thébaïque, 4 cent, ; eau-de-vie, 80 gr.

Depuis le 46, le malade urine et perd ses mstières sans en avoir conscience. Il n’a ni délire, ni incohérence des paroles et se prête à l’auscultation.

raitement : julep avec kermès, 5 cent.

Le 18. La toux est très forte. Respiration soufflante dans la partie moyenne et supérieure du poumon droit. Diarrhée abondante. Vésicatoire.

Le 19. Mort ce matin, L’autopsie n’a pu êtré faite. L'examen de l’urine du 5 avril donne les résultats suivants: D. 1010, Albumine, 10 gr. par litre ; urée, 8 gr. 98 cent. par litre.

OBsERVATION XV. (Hôpital de la Pitié, service de M. le Dr Lance-

reaux, Salle Piorry, lit 21. Observation communiquée par M. Lancereaux.)

Néphrite épithéliale exsudative a frigore.

Jacquemier (Antoine), àgé de 39 ans, exerçant la profession de gardien aux Halles, entre à l'hôpital le 18 octobre 1880. Le début de la maladie remonte à un mois, époque à laquelle, il eut du malaise, des frissons et de la perte d’appétit. Il eut en 1862 une première attaque de rhumatisme ; il y a six muis, il en aeu une seconde localisée dans les genoux. Get homme travaille aux Halles et passe souvent la nuit dehors. Robuste, bien constitué, il s’est toujours bien porté, à partles douleurs qu’il a ressentie, il y a un mois. Buvait d’une façon journalière. Au commencement du mois, il coucha deux ou trois jours dans la rue, enveloppé dans son manteau, À partir de ce moment, il éprouva du malaise, des frissons, et huit jours après l’enflure apparut.

Le jour de son entrée, il a un peu de fièvre; son anasarque s’est développée depuis quinze jours. Il a de l’albumine en grande quantité dans les urines dont la densité est de 1020. Elles sont rares et ressemblent à de la bière brune.

Les jambes, le sirotum et la verge sont très œdématiés.

L'œdème a débuté, il y a 15 jours, par les jambes.Il a eu de la

fièvre et des palpitations pendant deux ou trois jours. De temps à autre des frissons et des sueurs.

Il buvait beaucoup à cause de sa soif qui était très vive. Il y a trois semaines qu’il a perdu lappétit.

Constipation. Jamais de vomissements ni de nausées.

Urines, un litre.

90 octobre. L’urine examinéeau microscope laïsse voir une assez grande quantité de cellules épithéliales, cubiques ou arrondies, granuleuses, provenant du rein. Quelques-unes sont agglomérées en cylindres de petite dimension.

Le 24. Depuis son entrée à l'hôpital, le malade a de l'appétit, est très gai et ne se plaint que de son enflure.

Il rend un litre et demi d’urine. La face qui était bouffiea repris son aspect ordinaire. Les membres supérieurs sont un peu gonflés. Les membres inférieurs, les bourses sont encore œdématiés. Le cœur, le foie et les poumons sont sains, Quelques globules du sang, quelques cellules granuleuses avec cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien dans les urines.

Régime lacté exclusif.

Le 95. À uriné 2 litres et quart. Jambes et verge moins enflées. D. 1012. Albumine en flocons.

Le 26. Urines, 3 litres et demi. D. 1012.

Le 27. Ürines, 2 litres et demi. D. 1012,

Le 28. Urines, 3 litres et demi. D. 1012

Le 30. Urines, 2 litres et demi. D. 1012.

Le 31. L’urine reste rouge et ne dépose pas.Quantité, 3 litres.

L’examen microscopique ne montre pas de globules rouges. Peu de cellules granuleuses, Le ventre n’est plus œdématié.

4er novembre, 3 litres et demi,

Le 2, 3 litres et demi. Coloration rosée des urines,

Le 17. Diarrhée très forte qui a cessé pour faire place pendant la nuit à une céphalée intense qui a duré jusqu’au matin, Le malade ne voyait plus clair, et n'a pu dormir. JIl a eu des rêves. Pas de nausées. La quantité d'urine a dimiuué, elle est difficile à apprécier, car le malade urine en allant aux cabinets. N'a rien pris de la journée. N'est pas descendu au jardin,

Le 19. La diarrhée à reparu, il n'y a pas eu de douleurs .de tête.

4er décembre, L’urine contient toujours beaucoup d’albumine. . 2 litres et demi.

Le 3, Diarrhée assez forte. L’urine a diminué et la quantité rendue est tombée à un litre.

Le 22. Depuis huit jours, lemalade n’est plus au régime lacté. Il a repris un régime ordinaire.L’urinen’a pas diminué de quantité.

Le 26. L’insomnie qu’il a toujours eu depuis qu’ilest à l’hôpi tal augmente. L’œdème réapparaît un peu. Régime lacté.

2 janvier. Léger œdème au niveau des chevilles desdeux pieds. Dort maintenant assez bien. 2 litres et demi d’urine.

Le 3. Urines, 2 litres.

Le 5. Urines, 2 litres et demi. D. 1012. Albumine en grande quantité.

L'œdème persiste encore, Potion avec 6 gouttes de teinture de cantharides.

Le 6. Urines, 2 litres et demi. Peu coloréesen irouge.

Le 7. Urines, 2 litres et demi. Très colorées en rouge. Contiennent beaucoup d’hématies.

Le 9. Urines rouges, 2 litres et demi.

Le 10. Urines moins rouges, de couleur brune, Le malade s’étant purgé hier, la quantité de l’urine est seulement de 1 litre et demi.

Le 11. L’œdème a disparu. Urines toujours albumineuses,.

Quantité : 2 litres et demi. Densité 1012.

Le 12. Urines, 2 litres trois quarts.

Le 13. Urines, 2 litres un quart.

Le 14. Urines, 2 litres et demi.

Le 16. Le malade va très bien. Il boit quatrelitres de lait par jour. Urines, 2 litresitrois quarts.

Le 17. La coloration des urines est maintenant jaune comme de la levûre. La coloration rouge n’a duré que quelques jours, 410 gouttes de teinture de cantharides.

Le 18. 2 litres et demi d’urines D. 1009. Albumine en flocons.

Le 25. Ürines, 3 litres.

Le 26. Urines, 2 litres trois qnarts. Le malade reprend des couleurs et boit toujours quatre litres de lait par jour.

Le 30. Le malade porte sur la paroi externe del’aisselle gauche un furoncle de la grosseur d’une bonne noisette.

Ce furoncle est apparu depuis trois jours et fait beaucoup souffrir le malade. Il n'en porte pas d’autres nulle part.

Le 31. Le furoncle a percé hier tout seul, Urines, 2 litres.

3 février. Le malade va très bien. Il boit 3 litres delait par jour. Urine, 2 litres. D. 1011. Réaction acide.

Albumine en assez grande quantité.

Le 9. Urines plus rouges que de coutume. 2 litres et demi.

Le 11. Le malade était descendu hier au jardin comme à son ordinaire. En remontant, il est pris d’un frisson et se met au lit. Ce frisson unique dure environ une heure. Il a mal dormi la nuit. Il est pris le matin d’un point de côté siégeant au-dessous du mamelon droit.

Le 12. A assez bien dormi la nuit dernière. Céphalalgie.

Le point de côté persiste.

Le 13. Le malade à les pommettes légèrement rouges. Dyspnée intense. Parole entrecoupée. Toux quinteuse, pénible depuis hier soir. Crachats âcres, mousseux, non rouillés.

Langue saburrale, Pas d’appétit ; soif vive. Sueurs nocturnes. Urines brunätres ressemblant à de la bière brune. Le malade urine moins. Pas d'expansion vésiculaire, un très léger souffle à droite. Température M.et S. 39,4.

Six ventouses scarifiées, Dix ventouses sèches, La potion avec teinture de cantharides est supprimée,

Le 14. Le malade n’a pas dormi cette nuit, mais tousse cependant un peu moins. La douleur de côté persiste, mais est moins forte. Il est très oppressé et obligé de se tenir assis’ sur son lit pour respirer plus librement. Crachats mousseux, semi-rouillés, semi-adérents au vase. Râles un peu dans toute l'étendue des poumons, Plus nombreux à gauche dans l’aisselleet à la base. Murmure véticulaire diminué. Température M., 38.5. Soir,

Lavemen! purgatif,

Le 15. Hier soir, le malade a été pris vers 7 heures d’une très forte oppression, Il ne pouvait plus respirer et étouffait, L'interne de garde appelé a fait appliquer 40 ventouses sèches qui ont soulagé le malade et luijont permis de dormir un peu la nuit.

Par |: Us

Il est encore oppressé ce matin. Il est assis sur son lit; sa parole est brêve, entrecoupée. La toux est fréquente. Crachats mousseux non adhérents au vase, Le crachoir est à peu près rempli. Le point de côté a disparu. Température Mat., 38,5; soir,38,6. Il n’a point.rendu d’urines depuis lavant-dernière nuit. Celles du 14 février donnent comme densité 4019;.elles contiennent beaucoup d’albumine et offrent une réaction légèrement acide.

55 respirations par minute.

Traitement : Deux lavements purgatifs. Ventouses sèches, le soir,

Vésicatoire entre les deux épaules.

Le 15,quatre heures du soir. Le malade vient d’uriner, il y a une demi-heure. L’urinoir contient à peine un demi-verre d’une urine épaisse, de couleur jus de réglisse. En percutant la vessie, on ne trouve pas d'urine. Le malade est très oppressé.

Quintes de toux répétées. Expectoration très difficile. Crachats mousseux, visqueux et un peu adhérents au vase. L'urine rendue depuis ce matin est de 64 zr., dont la densité est de 1021. Elle contient. beaucoup d’albumine , sa réaction est légèrement acide. Râles nombreux à droite.

Le 16. Le maladeest moins oppressé, il n’a pas toussé cette nuit; il n’a pas rendu d’urines depuis hier à 4 heures. A pris deux lavements avec lesquels il a rendu des selles liquides,abondantes, blanchâtres et ressemblant à du lait. Râles muqueux abondants à gauche. Crachats mousseux, non adhérents, remplissant à demi le crachoir.

Température Mat., 37,6; soir, 38,8.

Le 17. Beaucoup moins d’oppression et de toux. 1| a assez bien dormi la nuit Gernière. Depuis hier matin, malgre de fréquentes envies, il n’a uriné qu’un demi-verre. Le malade se plaint de douleurs dans le bas-ventre. Ses selles sont toujours liquides et blanchäâtres. La vessie est vide d'urine. Le point de côté a compiètement disparu, Le malade a bu hier un peu de lait avec plaisir.

Température : matin, 31,4; soir, 39,2;

Lo &S.£Le maæjade a un pen dormi cette nuit et toujours des quintes de toux,mais est bien moins oppressé, Crachals mous-

Valissant, 10

Re

seux. Boit un peu de lait. Urines rendues, un verre; selles liquides, grâce aux lavements purgatifs.

Température : matin, 37,6; soir, 37,8.

Le 19. Il est très oppressé. N'a pas dormi cette nuit et a été très agité. Pas une goutte d'urine. Diarrhée assez forte. Boit un peu de lait et l'air anxieux, inquiet.

Température du matin, 37,4. Mort à 3 heures de l’aprèsmidi.

Autopsie. — Un peu d’æœdème des deux jambes, Environ un demi-verre de liquide sirupeux dans la cavité du péricarde. Absence de fausses membranes. Pas de liquide dans l’abdomen. Tissu musculaire assez fortement chargé de graisse.

Reins. — Le rein gauche est volumineux, arrondi, tuméfié. Il offre à travers la capsule, une coloration jaune blanchâtre. Il est cè et là parsemé de vaisseaux. La face postérieure est légèrement pigmentée. Poids : 240 grammes, A l’incision, la substance corticale tranche manifestement sur la substance tubulaire; cette dernière est violacée, la première est blanchâtre. On aperçoit de petits grains transparents qui sont les corpuseules de Malpighi. La surface intérieure des calices et des bassinets est parsemée de granules transparents. Léger boursoufflement de la substance corticale.

Poumons. — Les deux poumons sont libres, pas de liquide dans la plèvre. Sur le lobe inférieur du poumon droit, on voit des fausses membranes de formation récente. Ce lobe présente les caractères de l’hépatisation grise et la base dans toute sa circonférence, dans une étendue de 2 à 5 centim. au-dessus, présente de l’æœdème et de la congestion. Les lobes supérieur et moyen sont simplement emphysémateux.

Pour le poumon gauche, congestion simple des parties déclives etemphysème du reste. En comprimant le poumon droit, on fait sortir une grande quantité de pus.

Sœur. — Dans le cœur droit, caillots mi-partie fibrineux, mipartie cruoriques qui remplissent les deux cavités. Les valvules sont intactes. Pas de dilatation appréciable. A gauche, cavités également remplies de caillots cruoriques et fibrineux. Très léger

mess

degré d'insuffisance aortique, par le procédé de l’eau. Cette insuffisance tient à une rétraction légère des valvules sigmotïdes au niveau des tubercules d’Arensius.

Elles sont le siège de petites végétations villeuses; sur l’une d'elles, il existe un point rouge dû à des vaisseaux de nouvelle formation. La cavité du cœur gauche est élargie, remplie de caillots. Les colonnes charnues sont lisses, dures, fermes, indurées comme le sont les colonnes charnues du ventricule droit dans les dilatations secondaires. Vu de l’œreillette, l’orifice est large, rigide, par suite de l’induration du ventricule qui ne revient pas sur lui-même. Il résulte de là une insuffisance relative qui est le fait de la dilatation excentrique du ventricule. L'orifice permet l'introduction des doigts indicateur et médius. Léger degré de surcharge adipeuse à la basa du cœur. Les orifices des artères coronaires sont normales. Les artères sont en général saines. Aorte ne présente rien de particulier.

Les bronches sont injectées et renferment un mucus épais,

Foie. — [1 pèse 2 kil. 450. Il paraît plus lourd que son volume le fait supposer. Coloration bronzée. Il est légèrement congestionné. Quelques taches jaunes sur sa surface. Bile brune.

Estomac. — L'estomacest ardoisé et très fortement vascularisé dans toute son étendue. Il est large et couvert d’un mucus épais.

Rate. — La rate est iadurée, fibreuse, légèrement augmentée de volume.

Intestin. — Dans l'intestin grêle, matières blanchâtres. Dansle

gros intestin, muqueuse légèrement injectée et couvert d’un mucus blanc et très épais.

Cerveau. — Les méninges sont très légèrement injectés. Rien de spécial dans l’encéphale.

Pancreas. — Rien d’anormal.

OsservarTION XVI. (Hôpital de la Pitié, service de M. le D' Lancereaux, salle Piorry, lit 41:)

Néphrite a frigore.

Roussel (Gustave), âgé de 49 ans, exerçant la profession de parqueteur, entré à l’hôpital le 10 janvier 4882. Comme antécédents, ce malade a eu, il y à cinqans, un rbumatisme articulaire aigu qui a laissé à sa suite une légère insuffisance mitrale.

Pas d’hérédité du côté des parents, au point de vue du rhumatisme, et sur 46 frères et sœurs, dont 11 sont morts. Il a travaillé à Elbeuf, depuis l’âge de T ans jusqu’à 21 ans, dans des fabriques de laines, où il respirait beaucoup de poussières. Depuis l’âge de 21 ans, il exerce la profession de parqueteur, vit assez bien, n’a jamais habité de chambres humides, mal éclairées, mal aérées; n’a jamais fait d’autres maladies que le rhumatisme d’ily a cinq ans et qui a siégé dans les pieds, les coudes et les poignets. Sa durée a été de trois mois. Depuis ce temps, le malade a parfois senti pendant la nuit, une sorte de constriction très rapide, au niveau du cœur. Ce phenomène dure une minute à peine. Jamais de battements de cœur, ni d'accès de suffocation en montant les escaliers.

Il y atrois semaines, le malade voyageait sur l'impériale d’un omnibus, lorsque tout d’un coup, il se sentit comme glacé. Rentré chez lui, il se mit au lit et ne put se réchauffer de Ja nuit. La respiration était pénible et le malade croit avoir craché un peu de sang. Le médécin qu'il fit appeler a parlé, dit-il, de congestion pulmonaire, Pendant huit ou neuf jours, il est resté au lit avec de la fièvre, surtout le soir.

Au bout du troisième ou du quatrième jour, les jambes ont commencé à enfler. Au bout de huit jours, les urines sont devevues plus rares et plus colorées. Deux vésicatoires ont été appliqués dans le dos du malade, l’un à droite, l’autre à gauche. Depuis ce temps, le malade est resté faible. Les jambes ne sont point revenues à leur volume primitif. Le 10 janvier, trois semaines après le début du mal, le malade entre à l'hôpital.

Le 41. Densité de l'urine, 1016. Réaction acide. Albumine tou-

LoNT

jours très abondante. Un litre comme quantité depuis hier soir. Il a actuellement le teint pâle, les jambes enflées depuis les genoux jusqu’au bout des pieds, mais surtout au niveau des malléoles. Les veines sous-cutanées des jambes ne sont pas apparentes.

La pression n’est pas douloureuse, elle détermine une dépression en forme de godet. Les bras ne sont pas enflés. Pas de douleur dans les articulations.

Le pouls est petit et assez régulier. 60 pulsations par minute, À l’auscultation du cœur, prolongement du premier bruit. Température normale. Régime ordinaire. 9

Le 12. Un litre d'urine depuis hier matin.

Le 43. Un litre d'urine depuis hier. Régime {acté. :

Le 14. La jambe droite est plus enflée que la gauche. La face est plus pâle, la muqueuse labiale est décolorée.

Diarrhée. Urines : 4 litre 172. |

Le 15. Les deux jambes commencent à diminuer de volume.

1 litre 472 d’urines moins colorées. L

Le 17. Maintenant le malade boit presque cinq litres de lait. Les jambes sont à peu près dégonflées, le doigt n’y laisse plus d’empreinte. Un litre et demi d’urines toujours albumiueuses. Douleur frontale cette nuit de deux à cinq heures, affectant la forme d’élancements. Elle était bilatérale. Elle ne l’a ‘point empêché de dormir, mais il se reveillait souvent en proie aux cauchemars,

Le 18. Pas de céphalée cette nuit; la diarrhée persiste. Plus d’un litre et demi d'urine. Les jambes continuent à désenfler. Le malade tousse un peu; crachats verdâtres, filants, mêlés de lait. Température, 370,8.

‘Le 19, La diarrhée est moins forte. Pas de céphalée, les jambes sont complètement désenflées. Un litre et demi d’urine toujours aibumineuse. Le malade tousse et crache. Crachements bronchiques à la base droite, Température, 380,

Le 20. Un peu de diarrhée, pas de céphalée. Urines toujours assez colorées. Un litre.

Le 21. Albumine toujours abondante.

Le 23. Un peu de céphaiée bilatérale cette nuit de deux à cinq heures, Doujeur légère.

| 7 me

Le 24, La céphalée persiste. Urines: un litre et demi. Albumine abondante. On supprime le lait sur la demande expresse du malade. 6 pilules de quinquina.

Le 26. Depuis que le malade est au régime ordinaire, les jambes n’ont pas encore enflé. Saignement du nez peu abondant le matin. Urines plus claires. Quantité, 1 litre. Contiennent autant d’albumîne qu’au début.

Le 29. Plus de céphalée depuis quelques jours. La face est toujours très pâle. Les urines deviennent plus rares.

Le 1er février. Les urines sont plus colorées que d’habitude Quantité, un litre et quart. Plus d’œdème nulle part.

Le 3. La quantité d'urine augmente beaucoup. Trois litres. Elles sont moins colorées qu’hier. Elles ont une réaction alcaline et une densité de 1010, L’albumine est toujours abondante. Depuis huit jours le malade saigne un peu du nez tous les jours.

Le 6. Le malade ne saigne plus du nez. L’urine devient de plus en plus abondante. Trois litres et demi. Depuis trois jours, elles sont un peu plus colorées, La diarrhée qui avait persisté sans interruption, depuis l’entrée du malade à l'hôpital, a cassé depuis huit jours. Celui-ci se croyant guéri, demande à sortir. Les jambes ne sont plus enflées. Cependant l’urine renferme à peu près autant d’albumine qu’à l’entrée. La peau est toujours décolorée sur tout le corps.

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