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Les médecins anglais avaient donc cliniquement dissocié et individualisé en lésions distinctes les divers processus confondus sous le nom de néphrite.
Bientôt les recherches anatomo-pathologiques des médecins allemands vinrent confirmer et faire admettre les données même de la clinique. En 1859, après l'étude de Beer sur le lissu conjonctif du rein normal et pathologique, Traube étudia et décrivit avec soin la néphrite interstitielle, complètement négligée par Virchow. Il dépouilla l'épithéliurn: du rôle exclusif qu’on lui faisait jouer et le reporta sur le tissu interstitiel, dont les modifications constituaient pour lui les lésions fondamentales du mal de Bright. 11 tombait alors dans l'excès opposé. Il ne reconnaît que deux processus : la dégénérescence amyloïde avec ou sans néphrite interstitielle, la néphrite interstitielle pure. Il fit de cette dernière deux divisions : dans l’une, l’inflammation se circonserit aux glomérules de Malpighi et aux capsules, et 11 lui donna le nom de glomérulite; dans l’autre, l'hyperplasie conjonctive porte sur la substance intertubulaire et il l’appela néphrite intercanaliculaire. Entrant dans les mêmes idées, Klebs a également voulu donner à la néphrite interstitielle une importance exagérée. Il hésite à croire à l'existence d’une néphrite parenchymateuse, et si tant est qu’elle existe, dit-il, ce n'est qu’une néphrite interstitielle sur laquelle sont venues se greffer les lésions de l’épithélium. Or, il est absolument prouvé qu’il y à une réphrite parenchymateuse
parcourant toutes ses phases ; ou le rein est gras et pâle,
la substance corticale tuméfiée et anémiée, l’épithélium granulo-graisseux, sans qu'à l’autopsie on trouve la .Valissant, À 2
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moindre inflammation hypertrophique des vaisseaux et du tissu conjonctif.
Ces recherches des anatomo-pathologisies allemands ne suffirent pas pour détrôner en France la doctrine unitaire de Virchow. Il faut en arriver aux travaux plus récents de M. Lancereaux qui, dès 1871, disait : (1) « La dénomination de maladie de Bright n'est en réalité qu'un terme général sous lequel viennent <e grouper des lésions multiples et dissemblables. Envisagée au point de vue de l'anatomie pathologique, c-tte maladie brightique n’a même pas qualité pour représenter un genre, c’est à-dire une réunion d'états ayant entre eux une analogie marquée et se rapprochant les uns des autres par des caractères communs... Si donc il suffit, Pour arriver à diagnostiquer une maladie de Bright, de la coïncidence d’une albuminurie avec lésions rénales et anasarque, il importe, pour savoir comment marchera cette maladie et quelles indications thérapeutiques elle réclame de rechercher le genre d’altération rénale, de s’enquérir de la cause qui l’a produite, afin d'en déterminer l'espéce. Alors seulement le diagnostic sera complet, il sera possible d’instituer un traiternent rationnel et de prévoir l'évolution ultérieure de la maladie, » Peu de temps après, M. le professeur Charcot dans des leçons faites à la Faculté,en 1874, et publiées par le Progrès médical, disait éloquemment : (2) « Je suis depuis longtemps converti à la doctrine de la multiplicité en matière
(4) Art. Maladie de Bright, in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales,
(2) Charcot : Leçons sur les maladies du foie, des voies biliaires et des reins (publiées danse le Progrès médical de 1877, p. 293),