‹ Contribution à l'étude de la néphrite à frigoreChapitre 8 sur 24 · DIVISION DES NÉPHRITES AIGUES · texte numérisé non relu

DIVISION DES NÉPHRITES AIGUES

. Ges deux néphrites existent à l’état aigu aussi bien qu'à l’état chronique. Cette dernière forme a été depuis longtemps déjà l’objet de recherches et de discussions

approfondies. Ii n’en a pas été de même de la forme aiguë dont l’étude a été entreprise plus tard et qui jusque-là avait été confondue avec la néphrite parenchymateuse dont elle diffère peu au point de vue des symptômes et des lésions macroscopiques. Autrefois, toutes les affections rénales survenant dans le cours des maladies infectieuses, scarlatine, variole, fièvre typhoïde, choléra, diphthérie, par exemple, étaient comprises dans le cadre de la néphrite épithéliale aigué; il n’en est plus de même aujourd'hui. Traube,le premier, décrivit, en 1860, la néphrite variolique comme une forme tout à fait distincte et due à l’inflammation du tissu conjonctif iuterstitiel. Biermer rapporta, la même année, un cas de néphrite scarlatineuse dans laquelle il trouva une inflammation intense du tissu conjonctif rénal; puis les observations se multiplièrent. En 1874, M. Charcot (1), en 1875, M. Kelsch (2), et en 1877 (3) un de ses élèves, M. Phisalix, admirent et décrivirent desnéphrites interstitielles aiguës non seulement dans la variole et la scarlatine, mais encore dans l’érysipèle, les oreillons et le choléra.Lesintoxications, principalement celles dues an phosphore, déterminent aussi des néphrites aiguës dont la lésion caractéristique est la dégénérescence graisseuse rapide des épithéliums du rein. Nous devons ajouter que cette opinion, à pen près adoptée. partout, a été combattue par. M. le professeur Laboul-

(4) Charcot. Leçons sur les maladies des reins, Progrès médical. ;

(2) Revue critique du mal de Bright dans les Archives dé phÿsiologie normale et pathologique.

(3) Phisalix. De la néphrite interstitielle aiguë. Thèse de Paris, 4877.

me SAP,

bène (1) dans son Traité d'anatomie pathologique, et qu'il regarde comme parenchymateuse la néphrite de la scarlatine, de la variole et de la fièvre typhoïle.

On peut également en différencier la néphrite rhumatismale de Rayer, et M. le professeur Ball dans sa thése d’agrégation (1866) a parfaitement établi que cette néphrite consiste simplement dans des infarctus du rein, n'ayant habituellement pas dans le cas de rhumatisme de tendance à la suppuration. Rayer n'a pas seulement décrit ies infarctus du rein sous le nom de néphrite rhumatismale, mais il en a fait admirablement figurer un cas sous le titre d’hémorrhagie rénale. En analysant d’ailleurs tous les cas d’infarctus qu'il cite, on voit qu'ils coïncident avec des lésions des valvules cardiaques et de l’aorte, lésions si fréquentes dans le rhumalisme.

Plus ou moins nombreux, plus ou moins volumineux, les infarctus du rein s’observent à la surface de l’organe: d’un rouge foncé intense à leur début, ils font une légère saillie. Bientôt toute la partie rouge se décolore et devient jaune ; elle est entourée à sa périphérie par une zone de congestions.

Sur une section de la substance corticale, l’infarctus montre une forme plus où moins régulièrement conique, à base dirigée du côté de la périphérie, et il occupe tout le terrain vasculaire d’une artériole.

L'examen microscopique d’une section de la partie altérée fait constater que les vaisseaux capillaires du rein sont remplis par une subslance opaque, riche en granu!es d'hématine et en graisse; éléments qui pro-

(1) Laboulbène. Traité d'anatomie pathologique.

viennent de la fibrine et des globules du sang. Les cel- Jules épithéliales sont granuleuses et opaques, infiltrées, elles aussi, de granules graisseux et en voie de destruction. |

Peu à peu, les matériaux résultant de la mortification moléculaire de la partie atteinte sont repris par la circulation et résorbés. Alors l’iafarctus s’affaisse, de saillant 1l devient rétracté, et ne laisse plus à sa place qu’une cicatrice déprimée. (4) |

À côté de toutes ces néphrites, il en existe une autre classe qui est certainement la plus nombreuse, nous voulons parler de la néphrite causée par le froid etsurtout le froid humide.

Elles peuvent étre divisées en plusieurs groupes. Dans le premier prendront place les albuminuries passagères dues à la présence du froid ou de l'eau froide. Dans le second, les néphrites caractérisées par un début brusque, une évolution rapide se terminant le plus souvent par la guérison, et entin dans le troisième, les népbrites chroniques à début lent, à marche insidieuse se terminant presque fatalement par la mort, résultant soit des accidents urémiques, soit des complications survenant du côté des séreuses, de la peau on des poumons.

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