‹ Contribution à l'étude de la néphrite aiguë consécutive à une injection de vaccin polymicrobienChapitre 9 sur 13 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Richet fils, Tzanck et Couder).

Il s’agit d’un sujet de 45 ans, ajusteur, qui entre dans le service pour asthme avec purpura, œdèmes, albuminurie et azotémie.

L’affection débuta à la suite de l’ingestion de viande crue de cheval. Dans les heures qui suivent, le malade vomit, est pris d’une crise d'asthme qui se prolonge pendant 8 jours. Enfin il présente des œdèmes généralisés considérables, avec urines rares contenant 3 gr. d’albumine par jour. L’azotémie est de 1 gr. 50 par litre ; la tension de 18-9 au Vaquez avec pouls régulier et sans signes de défaillance cardiaque. Dans les antécédents, on doit noter que le sujet avait manié des chevaux pendant la guerre et qu'il avait reçu du sérum antitétanique.

L'évolution de cette néphrite fut favorable et de facon rapide. Au bout de 7 jours la quantité des urines par 24 heures fut de 1.200 puis atteignit 2 500 et même 3 litres : les cylindres granuleux et l’albuminurie disparurent en

üne semaine, les œdèmes fondaient en même teinps. L'azo: témie régressa jusqu’à O gr. 24 par litre et dès le 6e jour la tension arrive à 12-8et reste à ce niveau. Le malade sortit guéri le 18e jour.

OgservaTion VI

(Kohen).

Sujet de 40 ans, souffrant de douleurs épigastriques en rapport avec un ulcus duodénal. L'apparition d’un mœælena oblige le médecin d’injecter une ampoule d’anthéma (le sujet n'avait jamais reçu de sérum) et de répéter l’injéction cinq jours plus tard.

Le 7e jour après la première injection d’anthéma, le sujet vomit, est couvert d'urticaire et reste anurique pendant 24 heures. Passé ce délai, il émet une petite quantité d'urine ; à ce moment son azotémie est de O gr. 71 par litre. Dans les jours suivants la quantité des urines augmente, mais 6 jours après la 2€ injection d’anthéma, survient une nouvelle poussée d’urticaire, qui n’influe plus sur l'émission des urines. Elles dépassent bientôt 2 litres par 24 heures. Un nouveau dosage de l’urée sanguine donne 0,61 ; puis, 7 jours plus tard 0,41.

OgsenvaTION VII

(Kohen).

Il s’agit d’une malade qui, après une injection d'hémostyl, voit, trois jours après, apparaître de l’urticaire et chez qui au bout de 5 jours s’installé une anurie accompagnée

P,. Guerra-Fonseca 2

ne 2

de l’augmentation du taux de l’urée (3 gr. 45 par litre). Malgré ce symplôme alarmant, une diurèse abondante s'installa au bout de peu de jours, l’urée redevint normale et la guérison fut définitive, sans séquelles.

OBsERvATION VIII

(Kohen).

Malade qui reçoit par transfusion 200 cmc. de sang paternel. Dans les jours qui suivent s’installe une oligurie marquée (100-150 cmc. d'urine par 24 heures) ; de l’œdème au niveau de la face, des crises d’urticaire, de l'œdème subaigu du poumon. Le taux de l’urée sanguine est très élevé : 5 gr. 30 par litre. Tous les accidents anaphylactiques cliniques disparaissent sous peu, la diurèse redevient abondante ; seule l'urée sanguine se maintient à des chiffres élevés (4 gr. 30) pendant une dizaine de jours.

Enfin la guérison survient, sans séquelles.

OBsERvATION IX

(Kohen).

Jeune homme qui, dix jours après une injection de sérum antitétanique, présente une hématurie, deux jours plus tard, urticaire généralisée. Mais tous les phénomènes pathologiques disparaissent rapidement, sans séquelles.

OBSERVATION X (Kohen).

Six jours après une injection d'anthéma, dans un cas d'hémorragie d'origine dentaire, apparaît un syndrome

RTE à ct

rénal, caractérisé par une anurie de 24 heures, suivie d’oligurie avec urines albumineuses. La rétention azotée sanguine atteint 2 gr. 15 par litre. On ne note pas d’urticaire. La guérison survint, complète, au bout de quelques jours.

OBservATION XI

(J. Milhit et Fouquet).

Enfant de 6 ans, entré à l'Hôpital Herold pour angine diphtérique sévère et qui reçoit une première injection de 80 cmc. de sérum antidiphtérique et continuée les jours suivants, jusqu’au total de 1 litre &e sérum. Ces doses massives n'empêchent pas l'apparition d’un paralysie vélo-palatine et des membres inférieurs.

12 jours après la cessation de la sérothérapie, apparaissent des accidents sériques : urticaire généralisée, œdèmes palpébraux. Mais les œdèmes se généralisent, les urines sont rares (500 cmc. par jour), avec 1 gr. d’albumine au litre. L’urée sanguine est de 0 gr. 65 pour 1.090. L’albuminurie atteint même le chiffre de 10 gr. par litre, puis elle diminue, de même que les œdèmes disparaissent.

Le petit malade ne présentera plus aucun symptôme d’ordre rénal par la suite, mais mourra de syndrome malin secondaire. Pas d’autopsie.

OgsenvaTION XII

(G. Milhit et Fouquet).

Enfant de 8 ans, présentant une diphtérie maligne pour laquelle elle reçoit 500 eme. de sérum de Roux en espace

EM de 5 jours. Le jour même de la dernière injection apparaissent des accidents sériques intenses, sans albumiuurie. Trois jours plus tard la température remonte à 3866. L'enfant fait une nouvelle poussée d’urticaire ; mais, fait nouveau, le taux des urines tombe à 250 cmc.par jour. L'albuminurie dépasse 4 gr. Le culot de centrifugation montre des leucocytes et des cylindres granuleux. Il n'y a pas d’œdèmes, l’azotémie s'élève jusqu’à 1 gr. 95 par litre, la tension artérielle reste normale à 9-5. Dix jours après le début de ces accidents, tout disparait complète-

ment.

O8BseRvATION XIII

(P. Bézy et J. Fabre).

Sujet de 3 ans et demi, exempt de toute tare antérieure qui reçoit à cause d’une angine suspecte, 10 emc.de sérum antidiphtérique non purifié.

Le 3 jour, se produit une réaction sérique très vive, avec urticaire généralisée et œdème des extrémités. En parallélisme absolu avec ces accidents, la diurèse est brutalement interrompue et ne peut être rétablie malgré une double thérapeutique diurétique et anti anaphylactique. L’azotémie était le 2e jour de l'anurie de 2 gr. 05 par litre. Le malade suecomba le 8° jour après avoir émis une petite quantité d'urine faiblement albumineuse.

Ogservation XIV (personnelle)

M. L. A... âgé de 35 ans, chauffetr, est amené le 6 février 1933, dans le service du Dr Para parce qu'il a fait dans la matinée une crise convulsive généralisée,

On est en présence d’un sujet dont l'état général est extrêmement touché : il est extrêmement pâle, les traits tirés, les yeux cernés. On veut procéder à un examen détaillé : mais le malade recommence une nouvelle crise convulsive généralisée, typique, au cours de laquelle il perd ses urines. La crise, qui a duré quelques minutes, est suivie d'une courte perte de connaissance avec stertor.

D'autre part, le sujet présente des signés d'œdème

aigu du poumon: la respiration est rapide et superficielle,

on entend des râles nombreux et fins aux deux bases ; l'auscultation du cœur fait entendre un bruit de galop des plus nets avec clangor du 2€ bruit à la base et la prise de la tension artérielle donne 23-10 au Pachon (t. moyenne, 12).

Au niveau des malléoles, il y à un léger œdème se déprimant en godet ; les paupières paraissent bouffies. Le reste de l’examen montre que le foie est un peu gros, mais non douloureux ; une rate percutable, 3706. Les urines sont foncées, bouillon sale, donnant par chauffage une quantité importante d'albumine. Enfin, au niveau du pouce droit, on constate une plaie en voie de cicatrisation, consécutive à l’incision d’un phlegmon de la gaine. Devant cette néphrite aiguë, dont les accidents convulsifs et l'œdème pulmonaire, semblaient mettre la vie du malade en danger de façon imminente, ou pratique une large saignée qui dépasse 500cmc., suivie de l’administration d’ouabaïne intra-veinense et d'huile camphrée. L'amélioration est incontestable et nous permet Île lendemain de reconstituer les antécédents immédiats : Notre malade a été hospitalisé 3 semaines auparavant dans un service de chirurgie, pour un panaris du pouce, qu’on à traité par incision et par l'injection de 4 cmc. de vaccin

RFO

polymicrobien de Delbet (propidon), sans examen préalable des urines .Dès le lendemain de l’injection, il se sent fatigué, présente de l’œdème malléolaire et l'analyse des urines montre une albuminurie importante. Les œdèmes ont une tendance légère à se généraliser, puis régressent. Mais l’état général ne s’améliore pas de la même façon : la fatigue s’accentue, accompagnée de torpeur et l’apparition brutale de crises convulsives avec décompensation cardiaque,motivent son entrée dans le service du Dr Paraf. Le reste de \l’interrogatoire rélève des poussées répétées d’angine.

Les examens de laboratoire du 7 février montrent :

Urines :

Quantité nee 1.250 cmc. par 24 heures Albumine.....,.... 3 gr. par 24 heures Uréere remet 10 gr. par litre et 12 gr. 50 par 24 heures Chlorures. ss 3 gr. » par litre et 4 gr. 25 par 24 heures

Hématies nombreuses, cylindres granuleux et colloïdes.

Urée sanguine 1 gr. 32 par litre.

Pendant 3 jours la situation reste grave : la température fait un clocher à 400, les signes de défaillance cardiaque persistent, la tension a baissé à 20-12. Les urines contiennent jusqu'à 3 gr. 5 d'albumine par litre, le taux des urines est cependant suffisant, atteignant 2 litres par 24 heures. Une nouvelle analyse montre une azotémie de 1 gr. 40 puis de 1 gr. 30 par litre.

Le 11 Février l'amélioration se dessine très nette. La température revient à 37° ; les signes de défaillance cardiaque s'améliorent à la suite des injections répétées d'ouabaïne, les œdèmes malléolaires ont disparu. Les urines augmentent jusqu’à 3 litres, tandis que l’albuni-

Sos ts

nurie diminue à 0 gr. 50, Enfin, le 13 février, l’urée est de 0 gr. 42 par litre de sang.

Le 13 février survient une angine. La température monte pendant 2 jours à 38° ; mais la diurèse persiste abondante à 3 litres avec une albuminurie de 0 gr. 20 par litre, sans cylindres granuleux, avec quelques hématies. La tension artérielle est de 18 14-11, l’urée, de 0 gr. 57.0/00. On continue la diète hydrique et sucrée avec des faibles doses de digitaline, suivie d’une cure de théobromine. On réalimente légèrement.

Dans les 2 semaines qui suivent, la guérison est presque complète. Les signes urinaires sont minimes, le cœur régulier avec une tension artérielle de 14-8. L’azotémie varie entre 0 gr. 35 et 0 gr. 45. Il y a un certain degré d’anémie, car les numérations montrent :

Le 4 février :

Globules rouges. ...1..,. 3.480.000 Globülesblanes sc Ce 14.800 Hémoglobine..... REIN MORE 85 % (Tallqwist) Paly--nentrophiles 258 7 67

Poly éosmopmies. 0%. 2;

Grands, moyens monos....... 24

Myélocytes neutrophiles....... 1

Formes transition.....…....... 6 Evmphoeytes’.:...02..0.% 1

Le 17 février :

Globules rouges............. 2.840.000 Globules-hlancs nes. 21.600 Hémoglobine "#0"... 85 % (Tallqwist) Poly. neutrophiles . :...... ANA

Poly. éosinophiles...... LRO ES |

Grands, moyens monos....... 9

Myélocytes neutrophiles...... 0

Formes transition. : 272229 227, 400 6 Lymphocytes...….....,,.... 2e!

LU Te

Cette anémie nécessite une cure de pancrinol.

Le 7 mars le sujet sort de la salle et continue à se faire suivre toutes les 2 semaines.

Les graphiques ci-contre montrent, en résumé, l'allure de la courbe thermique ; les variations de lazotémie et des éliminations urinaires, l’étude humorale complète du sujet.

L'examen humoral est résumé dans le tableau suivant :

Chiffres 16 février 6 mars normaux Réserve alcahine...… 50,2 56,7 62,63 Urée du sang. ..... ju dgr280: a 0gre 8 0 gr. 30 Volume globules/V Dlasmai Se USD 25/75 45/55 Chlore par litre sang.

OAI MANS cr 6.99 Chlore parlit, plasma. 6,65 5,91 5,60 Chlore globulaire. … 2,88 3,60 2,80 Chlore globulaire/CI.

plasma. ..... RUES 0,433 0,61 0,50 Globules rouges..... 2.840.000 3.430.000 5.000.000 Globules blancs. .. 21.600 14.800 9.000

Cet examen montre que l’azotémie s’accompagna d’une légère acidose, avec réserve alcaline abaissée (50,2) et améliorée par la suite (56,7). La modification la plusnette porta sur le rapport respectif entre le volume globulaire et plasmatique qui fut très diminuée, mesurant ainsi le degré d’hydrémie. La rétention chlorurée plasmatique fut très nette (6 gr. 65 par litre au lieu de 5,60) mais sans augmentation du chlore globulaire, comme dans certains cas d’acidose rénale,

D | sq shtrn)

18 hay 1h Qupe os

l'azotémie et des éliminations urée et des chlorures,

urinaires de l’

Tableau comparé de

KL LLI, IP ITTTITA

Feuille de température avec la courbe des urines et de l’albuminurie,

En résumé, il s'agissait d’un sujet bien portant qui le lendemain d’une injection de propidon pour un panaris du pouce fit une néphrite aiguë : œdémateuse et albuminurique d’abord, totale ensuite avec azotémie et hypertension artérielle. Des accidents convulsifs et cardiaques mirent sa vie en danger. Pendant toute l’évolution de la maladie, les autres signes de réaction anaphylactique manquèrent. Le malade guérit, sans séquelles, au bout de un mois et demi. L'existence d'angines répétées, permet d'envisager la possibilité d’une débilité rénale préexistante qui a favorisé l’action du choc

protéinique.

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