‹ Contribution à l'étude de la néphrite expérimentale uranique chez le lapinChapitre 5 sur 29 · LOS · texte numérisé non relu

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les ingénieuses techniques de la micro-chimie moderne ».

Or, la rétention azotée est dans l’immense majorité des cas mesurée, depuis Widal, par le dosage de l’urée sanguine. D’autres auteurs, Folin et Denis, Chauffard, Rathery, Derot et de Traverse, Fiessenger, Polonowski, Cristol et Puech ont étendu, il est vrai, parallèlement ce dosage à celui de l’acide urique, de la créatinine, des polypeptides.

Mais, quelle que soit la substance dosée, un fait est frappant : Aucune n’est douée de toxicité. On a recours à leur étude parce que les techniques qui en permettent le dosage sont relativement aïsées et ne nécessitent que des quantités très faibles de sérum. Mais, il est évident qu’en les interrogeant, on s’adresse à des témoins imparfaits, et il est paradoxal de mesurer une intoxication d’origine rénale en dosant des corps peu agressifs. -

Les symptômes, si particuliers de l'insuffisance rénale traduisant une intoxication vraie sont certainement dus à des substances chimiques, toute autres que celles recherchées habituellement et qui signent la diversité clinique des néphrites.

Or, comme l'ont dit les auteurs précités, sans vouloir oublier ce qui, dans cette diversité clinique, peut être apporté par la réaction individuelle de chaque organisme, il peut être intéressant d'introduire, dans le débat, une solution d’ordre, non pas exclusivement quantitatif, mais aussi qualitatif et d’essayer de définir et de doser la ou les substances encore inconnues qui, retenues dans un rein déficient ou élaborées par

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l'organisme d’un néphrétique, confèrent au tableau morbide les caractères d'intoxication si caractéristiques des insuffisances rénales.

Devant l'impuissance actuelle des méthodes chimiques pour résoudre ce problème, Florence et Rathery ont pensé utiliser une technique particulière. C’est celle de la recherche spectrographique dans la région invisible du spectre, en l’espèce la région ultra-viclette

Cette technique est actuellement étayée par une instrumentation parfaitement au point. Elle permet d’élucider la structure moléculaire des composés chimiques organiques, de déterminer leur constitution, d'en établir la formule chimique.

Les travaux de Victor Henri [3], de Mme Ramart- Lucas [4] entre autres, ont permis d’énoncer les règles qui ont fixé les relations existant entre la constitution chimique et les propriétés absorbantes des substances organiques. Grâce à elles, a pu être élucidée la structure moléculaire de certains de ces composés, a pu être déterminée leur constitution, établie leur formule chimique. C’est donc une technique de choix par son caractère objectif, sa précision et la sûreté de ses résultats.

En voici les principes essentiels.

On sait qu’un rayon lumineux blanc de source s0laire ou de toute autre origine est scindé lors de son passage à travers un prisme en verre en une série de sept rayons de couleurs dites fondamentales : violet, indigo, bleu, vert, orangé, jaune, rouge, qu’il est facile d'observer à l’aide d’un spectroscope.

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Si, sur le trajet du rayon lumineux blanc, on interpose avant son entrée dans le prisme une solution colorée, cette dernière « absorbe » certains des rayons précédents et le spectre continu est alors interrempu par un nombre plus ou moins grand de bandes obscures.

Un exemple banal et classique illustre ce fait expérimental:

Chacun sait qu’une solution élendue (1 pour 100) d’hémoglobine présente à l’examen spectroscopique deux bandes d’absorption caractéristiques : la première étroite et nette se trouve à 577, l’autre plus large et estompée à 540, tandis que le bleu et le violet | sont totalement absorbés. Si on concentre la solution, les deux bandes augmentent d'épaisseur pour finir par couvrir tout le spectre et « absorber » toute la lumière. Par contre, si on dilue, les bandes diminuent de largeur : c’est ainsi qu’une solution d’hémoglobine diluée à 1 pour 1.000 ne laisse plus percevoir les deux bandes, mais par contre absorbe encore la couleur dans le violet. On voit par cet exemple qu’une notion quantitative est introduite, puisque la dilution intervient dans l’aspect spectral.

De même, on sait que la réduction de l’oxyhémoglobine en hémoglobine transforme le spectre puisque les deux bandes précédentes sont réunies en une bande unique, la bande de Stockes. Un changement moléculaire modifie donc l'allure spectrale.

Cette notion, classique dans l’examen spectral des substances colorées, se retrouve exactement dans la région ultra-violette, c’est-à-dire non perceptible par

notre œil, mais perçue par la plaque photographique qui l’enregistre.

Recevons sur une plaque photographique un faisceau de rayons ultra-violets émis par une source lumineuse et préalablement étalés par un prisme en quartz, de Cornu. Nous obtenons ainsi le spectre d’émission de la source lumineuse que nous avons utilisée (en l’espèce un spectre continu si on emploie la lampe à hydrogène) Plaçons sur le trajet du faisceau ultra-violet une cuve à paroi de quartz contenant une solution d’un corps organique absorbant incolore. Nous notons sur la plaque un espace clair, donc non impressionné, correspondant aux radiations retenues par le corps absorbant, absolument comme les bandes de l’oxyhémoglobine dans le spectre du visible. Et, fait capital, pour des conditions opératoires identiques, cet espace clair est caractéristique du corps étudié. 1l représente donc une constante de ce corps. Un même corps, placé dans les mêmes conditions, produit toujours un même spectre, de sorte que si deux corps donnent deux spectres différents, on peut affirmer qu’il s’agit de deux corps différents. Or, les travaux de V. Henri, de Mme Ramart-Lucas permettent dès maintenant des essais de systémalisation : chaque fonction de la molécule d'un corps organique absorbe la lumière d’une façon particulière et spécifique.

Le Professeur Florence et son école ont utilisé cette technique pour l’étude des cristalloïdes de sérums sanguins. Nous en exposerons brièvement les grandes lignes dans un chapitre de ce travail.

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Disons dès maintenant que le principe essentiel repose sur l'examen du sérum déprotéinisé par l’ultrafiltration. Cette méthode a donné, tant dans le domaine de la physiologie comparée que dans celui de la clinique humaine, des résultats intéressants, en particulier dans les insuffisances rénales.

C’est pour compléter ces dernières que ce travail a été entrepris. L’idée directrice a été d’utiliser les propriétés qu’a le nitrate d’urane de provoquer des lésions rénales pour obtenir des néphrites avec rétention. En variant la dose de nitrate d’urane employée, on obtient soit des néphrites aiguës, soit des néphrites chroniques permettant de suivre à volonté le processus morbide.

De plus, comme nous le verrons, le sang de lapin se prête d’une façon particulière à ces recherches. Beaucoup plus simple que le sang humain dans son image spectrographique, il laisse percevoir la moindre variation dans sa composition et constitue, de ce fait, un moyen d'étude extrêmement précieux.

Dans ce travail, nous exposerons :

1° Dans un premier chapitre, les résultats déjà acquis grâce à l’étude des néphrites uraniques chez l’animal.

2° Dans un second chapitre, les techniques utilisées par nous lant dans le domaine de la spectrographie que dans l’étude chimique du sérum.

3° Dans un troisième chapitre, nous situerons, au point de vue spectrographique, l’ultra-filtrat sanguin du lapin comparé à celui de l’homme et d’autres espèces animales.

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4 Dans un quatrième chapitre, nous verrons les modifications apportées par la néphrite et les conclusions que nous pourrons en déduire.

Ce travail était en cours dans le laboratoire du Professeur Florence, au moment des événements que l’on sait. Il n’a pu être complètement terminé et il lui manque, d’une part, l’étayage de constatations anatomopathologiques, d’autre part d’être étendu à d’autres espèces animales. Le chien, le cobaye, l’oiseau surtout avec son métabolisme azoté si particulier, devront être étudiés.

Ces recherches seront reprises plus tard. Le travail que nous présentons n’est qu’une introduction à une étude beaucoup plus vaste et n’a que la valeur d’une prise de date.

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