DIAGNOSTIC
Le diagnostic se présente avec des difficultés variables selon qu’il y a ou qu’il n’y a pas d’œdèmes.
En présence d’un nourrisson œdémateux, on pense ‘
tout d’abord à la possibilité d’une néphrite que viennent confirmer l’examen des urines, la constatation d’une albuminurie et la mise en évidence de cylindres dans le culot urinaire. La néphrite constatée, il reste à en fixer la nature étiologique. C’est évoquer tout le problème encore mal éclairci des néphrites du nourrisson. Parmi les causes à discuter, une place revient certainement aux affections digestives : toutefois, celles-ci donnent plutôt des pyélonéphrites que des néphrites pures. Toutes les autres infections peuvent entrer en compte : infections rhino-pharyngées, adénoïdites, broncho-pneumonies, ainsi que les infections cutanées, et en particulier l’impétigo. De toutes façons, la syphilis est la cause la plus importante. Il faudra y penser de parti pris, surtout dans les cas où la néphrite aura l'apparence d’une affection primitive. On en recherchera systématiquement tous les stigmates : naissance avant terme, coryza, érosions ou fissures péri-buccales ou péri-anales, ganglions épitrochléens bilatéraux, etc... De même on pratiquera
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la réaction de Wassermann dans le sang du nourrisson, mais surtout dans celui de la mère.
La constatation d’une albuminurie permettra d’éliminer sans difficultés les œdèmes extra-rénaux : œdèmes côngénitaux, œædèmes acquis des états de dénutrition, œdèmes constitutionnels, œdèmes alimentaires, etc.
Quand les œdèmes manquent, le risque est plus grand de méconnaître la néphrite, rien ne venant donner l’idée d'examiner les urines, et l’on sait que, bien à tort, cet examen est rarement systématique ment pratiqué chez le nourrisson. Il faudra cependant ÿ penser et savoir le faire même en dehors de tout œdème, en cas, par exemple, de vomissements, de diarrhée, de convulsions, ou de tout phénomène anormal inexpliqué. \
Nous ne croyons pas que la discussion entre néphrite syphilitique et néphrite mercurielle thérapeutique, ait, chez le nourrisson, un réel intérêt pratique, malgré ce que certains auteurs ont soutenu. Nous ne connaissons pas jusqu’à présent, chez le nourrisson, la néphrite par frictions mercurielles. Ce n’est que dans des cas exceptionnels que cette étiologie mériterait, à notre sens, d’être retenue, les meilleurs arguments étant à tirer de la coïncidence d’autres signes d'intoxication mercurielle.