‹ Contribution À L'étude De La NeurasthénieChapitre 14 sur 22 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

Un second point sur lequel le médecin devra concentrer tous ses efforts sera de substituer, chez son malade, à l’état mental causal ayant déterminé les accidents primitifs d’hypocondrie et autres, un autre état mental : conseiller les distractions, le travail intellectuel à petite dose quel qu'il soit ; celui-ci peut, en effet, en chassant l’obsession morale primitive, être un adjuvant, plus énergique souvent qu'on ne le pense généralement, dans le traitement psychique de la neurasthénie.

En dehors de la psycho-thérapie, par la confiance, le massage, ce modificateur hygiénique si puissant, l’hydrothérapie bien pratiquée (douches froides très-courtes en jet brisé sur le corps) l'électro-thérapie, principalement l’électricité statique, donnent de très bons résultats.

Il ne faut pas non plus négliger l'hygiène : le grand air, la bonne alimentation, voir même la suralimentation, viendront compléter l’action à la fois tonique et sédative des méthodes précédentes.

Mais il est à remarquer que chez les sujets très-excitables, ces pratiques dépassent quelquefois le but et ne sont pas toujours bien supportées. J'ai connu des neurasthéniques qui ne pouvaient supporter ni la douche ni l'électricité sans voir s’accroître leurs malaises. C’est alors que la méthode médicamenteuse sédative est tout à fait indiquée, et le bromure de potassium que nous employons quelquefois seul, quelquefois associé à l’anthipyrine, est pour nous un adjuvant puissant de la médication tonique dont il supprime les effets excitants, tout en lui laissant son rôle reconstituant. D’un autre côté nous avons remarqué que le bromure de potassium, toujours employé à dose assez forte, (4 gr. par jour) ramène le sommeil, fait disparaître l'excitation cérébrale inhérer te à la névrose ainsi que l’émotivité spéciale aux néurasthéniques, si

rs

bien, comme ils le disenteux-mêmes, que leurs pensées sontmoins, douloureuses; ils vivent d’une façon plus végétative en un mot. Et, comme pendant ce temps, les malades peuvent, sans trop souffrir, suivré un régime tonique et reconstituant dont l’action excitante est pourainsi dire annulée, il arrive, qu'au bout d'un certain temps, (généralement 2 ou 3 mois), on peut supprimer l’emploi du bromure et laisser agir seule pour achever la cure, la médication purement reconstituante.

Nous avons cru remarquer que l’antipyrine combinée au bromure faisait disparaître la céphalalgie spéciale aux neurasthéniques ainsi que les douleurs névralgiques ou rhumatoïdes généralisées dont ils souffrent si souvent. — Cette dernière méthode médicamenteuse bien dirigée peut être, dès le début du traitement. un adjuvant de la médication psychique, car, faisant disparaître assez rapidement l'élément douleur, le médecin conquiert imméciatement la confiance de son malade et peut alors beaucoup plus facilement lui imposer sa volonté pendant toute la durée du traitement.

TRAITEMENT DES TROUBLES SECONDAIRES. —— Si NOUS avons posé en principe que la névrose seule, au moins au début, est responsable des troubles organiques, il n'en est pas moins vrai que ceux-c1, s'ils existent, ne doivent pas être négligés pendant la durée du traitement. La constipation surtout, qui est souvent chez les neurasthéniques un des premiers signes des troubles gastrointestinaux, devra être combattue par l'emploi des laxatifs divers spécialement mis en usage dans ce but.

Nous nous sommes toujours bien trouvé et plusieurs de nos malades également, de la poudre laxative suivante dont la formule a été donnée par M. Dujardin-Beaumetz (Nouvelles Médications):

Follicules de sené passés à l'alcool, en poudre.. ... 44 6 gr.

Souire, SUDUNÈS SANS CURRENT —

Anis étoilé en poudre

ta RP Nb COR RE REA O CT RÉDOHREE PO OU CERN ATELIER Net T en —

Crémende tftrespulvérisée. 4.002. 00 nan ds 2 gr. Rose BON DOT er NUE MERE TS CE DUCIOMPODOTUTE AE VIE RENNES MERen sr 25 gr.

La malade devra prendre une cuillerée à dessert de cette poudre tous les soirs dans un demi-verre d’eau entre 9 et 10 heures.

Bien que la majeure partie des neurasthéniques soient constipés, il en est d’autreschez quiilexiste plutôt une tendance à la diarrhée, on peut alors faire de l’antisepsie intestinale et M. Dujardin-Beaumetz donne, entre autres formules généralement employées dans ce Cas:

Salicylate de Bistmuth.

Naphtol. Aà 10 g.

Craie préparée.

Phosphate de chaux.

Pour quarante cachets médicamenteux dont le malade prendra un avant chaque repas.

Enfin dans certains cas où la névrose primitive aura été méconnue trop longtemps, il faudra, outre la médication anti-nerveuse, employer les diverses méthodes connues pour combattre les troubles gastriques, qui peuvent être devenus très graves à la période ultime de la névrosé, Il sera alors indiqué, selon les cas. de

pratiquer le lavage de l'estomac, l’antisépsie gastro-intestinale et de suivre un régime approprié.

Mais il faut toujours se rappeler que le véritable traitement est celui qui s'adresse à la névrose causale : la thérapeutique des troubles secondaires devant toujours être employée comme médication adjuvante de la première.

Page 1