THÉORIE VASO-MOTRICE
Lombard avait vu, dit M. Féré, que l’activité cérébrale coïncidait avec une élévation de température de la tête, prise à travers es téguments du crâne.
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Broca, Amidon, ont apporté un grand nombre de faits à l'appui de cette constatation, en parfait accord d'ailleurs avec ceite loi formulée par Claude Bernard, qu’ «il y a un rapport constant entre l'intensité des propriétés nerveuses el celle de la circulation ». L'activité cérébrale se caractérise par une plus grande rapidité des échanges nutritifs dans la substance nerveuse el par une élimination plus abondante des matériaux d’oxydation.
Les expériences de Schiff ont montré que l'élévation de la température superficielle coïncidait avec une élévation de température du cerveau (1).
D'autre part, « La contraction, phénomène de nutrition du muscle, ne peut se produire sans une exaltalion de la circulation locale qui détermine en même temps une augmentation de la sensibilité » (2).
Ne pourrait-on pas par analogie avec les phénomènes vasomoteurs qui s'observent dans le muscle au moment de son travail, ei qui en exagèrent la sensibilité, phénomènes analogues à ceux qui se passent dans la substance cérébrale au moment de son activité propre, expliquer l'hyperesthésié particulière, produisant cette céphalée spéciale à la neurasthénie (le casque), céphalée qui rend physiqüement douloureuse toute pensée pénible: « la tête se prend,selon l'expression assez précise d’unneurasthénique(obs. )?
D'un autre côté comme lPadmet Davy, si l'augmentation de chaleur produite par le travail intellectuel, d'abord limitée au cerveau, se répand aux téguments du crâne et s'étend ensuite à tout le corps, n’en serait-il pas aussi de même de l’élément douleur, qui, émanant également du cerveau, se prolongeant dans la moëlle épinière, se transmettrait aux téguments externes de la
(4) Feré. — Sensalionsel mouvements. (Paris 1887). (@) Féré. — Dégénérescence el criminalité. (Paris 1888).
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tête et expliquerait d’abord cette hyperexcitabilité douloureuse du cuir chevelu, propre à un grand nombre de neurasthéniques ? De même l’hyperexcitabilité rayonnant de la moëlle vers la périphérie et se transmettant à tout le corps rendrait compte de ces douleurs névralgiques, rhumatoïdes et autres, souvent si mobiles, qui accablent ces neurasthéniques et dont l'intensité, parfois trèsvive, à pu faire croire à certains d’entre eux, surtout aux médecins, qu'ils étaient atteints d’une affection organique de la moëlle. (Douleurs fulgurantes du pseudo-tabes).
Les changements vasculaires qui accompagnent les émotions se traduisent non-seulement par des variations de volume des membres, mais encore par des modifications importantes et appréciables, à simple vue, de la circulation de lorbite. Dans les émotions agréables, ou sthéniques, on observe une projection du globe de l'œil, tandis qu'il se produit au contraire une rétraction dans les émotions pénibles. Cette condition physiologique est particulièrement intéressante, car la projection et la rétraction de l'œil résultent des modifications de la circulation de l'artère ophtalmique, dont l’origine commune avec les importantes artères du cerveau est située dans le crâne, de sorte qu’elle peut servir de témoin de l'état de la circulation encéphalique. On sait d'autre part que les émotions agréables, s’'accompagnent d'une exagération de la secrètion salivaire, tandis que la sécheresse de la bouche s’observe dans lesémotions pénibles. Orles expériences de Bochefontaine et d'Albertoni ont montré que, sous l'influence des excitalions modérées de l’économie cérébrale, il se fait une hypersecrétion salivaire.
Les émotions agréables produisent encore, avec une augmentation de la sécrétion du suc gastrique, un accroissement corrélatif des fonctions de nutrition (1).
(1) F£RÉ. Dégenérescence et criminalilé, loc. cit.
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Les émotions pénibles, au contraire, altèrent en sens inverse la sécrélion gastrique, ou, l'augmentent en la faisant dévier de sa normale habituelle. Il semblerait que la pensée pénible provoque, suivant les cas, une sorte de phénomène d’inhibition ou d’excitation suspendant ou troublant les relations de l'organe avec sonsystème nerveux. Alors les éléments cellulairés de cet organe retrouvant leur activité autonome deviennent malades et le trouble de la fonction atteinte va réagir à son tour sur l'économie générale.
La théorie vaso-motrice peut donc, jusqu’à un certain point expliquer la pathogénie de la neurasthénie essentielle et des troubles secondaires organiques qui en dérivent.
2e THÉORIE VIBRATOIRE OÙ NERVEUSE PURE.
Chaque impression met en mouvement tout l'organisme et Broca, dit M. Féré, avait entrepris dans les dernières années de sa vie des recherches Lendant à étudier par la méthode dynamométrique l'état des forces, constatées à la main, chez des sujets appartenant à différentes classes de la société.
Il avait constaté, et M. Féré a repris ses expériences en les précisant, que la pression produite par l'effort de flexion des doigts est moins forte chez les ouvriers dont la profession est exclusivement manuelle que chez des ouvriers d'art qui dépensent moins de force musculaire, mais dont l'intelligence est plus en jeu.
M. Manouvrier, en 1882, refit des expériences sur des sujets qu'il choisit parmi ceux qui ne sont pas professionnellement bien musclés ; ses résultats le portent à penser que l'énergie de la contraction musculaire pourrait être mise en rapport avec le volume du cerveau. On arriverait done à formuler cet axiome « que