‹ Contribution À L'étude De La NeurasthénieChapitre 8 sur 22 · RIR · texte numérisé non relu

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l'énergie de l'effort moméntané est en rapport avec l'exercice ha- : bituel des fonctions intellectuelles » ; de plus M. Féré démontre que l'énergie d'un mouvement est en rapport avec la représentation mentale de ce même mouvement. On comprendra donc que, par une réciprocité toute naturelle, sous l'influence de la fatigue déterminée par un travail psychique prolongé, la force dynamométrique diminue. Si cette représentation mentale est trop intense, il peut en résulter un véritable épuisement et on cite dans le ul. soc. biol. 20 novembre 1886, ce cas d’une jeune fille qui, «à la suite d'un rêve de courses prolongées, fut atteinte de paralysie des deux jambes. »

Nous pourrions déjà tirer de ce fait l’explication de la fatigue musculaire des sujets neurasthéniques quise trouvent d'autant plus brisés au réveil qu'ils ont été en proie à des rêves plus pénibles et à des cauchemars plus effrayants.

Dans les émotions violentes, les muscles au lieu de présenter une simple modification de tension, s’animent de véritables convulsions, ce qui nous fait comprendre comment ces émotions sont capables de déterminer la manifestation des affections spasmodiques convulsives: épilépsie, hystérie, chorée, tics, paralysieagitante, tremblement dans la neurasthénie chez les individus prédisposés: « le tremblement émotionnel sert en quelque sorte d’amorce aux spasmes morbides en puissance » (Féré).

Ce quise passe en somme à la suite d’une éxitation quelconque, c'est une transformation de force, une modification de la forme du mouvement. Cette transformation du mouvement que l’on voit se produire chez les organismes les plus simples qui réagissent aux excitations par un changement de forme appréciable, constitue en réalité la fonction essentielle des éléments du systême nerveux, Le corps humäin”se comporte comme toute masse de

matière quelconque qui transforme et transmet le mouvement communiqué avec des variations en rapport avec la constitution moléculaire.

Or chaque individu, chaque partie de l'individu réagit suivant son énergie spécifique,et les systèmes nerveuxréagissent d'une façon différente à la même excitation suivant les circonstances et leur degré de résistance.

Les émotions vives ne se manifestent que chez les individus particulièrement prédisposés ou fatigués. Un sujet quelconque, même de tempérament normal, sous l'influence de la misère, du surmenage, d’une hygiène insuffisante, d'intoxication volontaire ou professionnelle, peut, à un moment donné de son existence, se rapprocher plus ou moins des dégénérés héréditaires et être aussi sensible qu'eux aux influences extérieures. Les sujJetsaffaiblis, les dégénérés, les névropathes, sont plus soumis que les autres aux effets dynamogènes ou épuisants des excitations venues du dehors ; ils sont, dit M. Féré, « dans un état d'équilibre instable, ressemblant à une balance folle qu’un simple mouvement suffit à faire dévier dans un sens ou dans l’autre » (4).

Aussi, les voit-on soumis à la contagion des émotions et à tous les phénomènes d'induction psychomotrice.

« Certains dégénérés ou épuisés arrivent ainsi à avoir le système nerveux tellement instable, offrant alternativement des manifestations d’excitation ou de dépression sous des influences si légères, qu'ils sont en quelque sorte tétanisés et présentent des phénomènes spasmodiques divers que l’on a rapprochés avec raison des mouvements spasmodiques ou tics, des idées spasmodiques ou

| (1) Féré, Sens. et Mouv. loc. cit.

impulsions, suivies, lorsqu'elles sont assez intenses, d'actes Impulsifs plus ou moins complexes » (1).

À côté de cette catégorie de dégénérés excitables, strychynisés en quelque sorte par un épuisement morbide quelconque, se produisant en dehors de toute lésion organique connue du système nerveux, on peut placer ces sujets présentant une aboulie plus ou moins caractérisée ou un de ces types de paralysie psychique que l'on rencontre chez les hystériques. Or il est prouvé que, dans ces paralysies psychiques d'ordre hystérique, il suffit d’un simple choc sur le membrè pour la produire (Charcot); cette paralysie étant précédée d’une exitation très grande, accompagnée d'une exagération de la puissance motrice, facilement constatée au dynamomètre èt qui peut faire présumer que cette paralysie est en somme une paralysie par épuisement. Ces paralysies psychiques peuvent être provoquées également par une série de petits coups successifs, frappés sur le membre et conduisant. après de petites secousses de moins en moins fortes, à la paralysie complète du membre.

Nous pouvons donc dire que l'excitation, qu'elle soit physique ou ‘psychique, lente ou brusque, met en jeu une activité qui s’épuise, se tétanise en quelque sorte par impuissance ou s’immobilise complètement dans un épuisement final poussé quelquefois jusqu'à l’aboulie, et caractérisée par l'impossibilité absolue de vouloir ou Jusqu'à la paralysie psychique earactérisée par l'impossibilité d'exécuter un mouvement, bien que le sujetse croie capable, dans une certaine mesure, de vowlotr le faire. Le système nerveux épuisé ne vibre plus que maladivement, par secousses, en quelque sorte tétaniques ou ne vibre plus pour avoir trop vibré.

(1) Gizpes de La ToureTrre. Étude sur une affection nerveuse caractérisée par de l'incoordination motrice etc. (Arch. de Neurologie, n° 26,1886. et GUINON. Sur la maladie, des tics convulsifs (Rev. de Méd. 4886.)

AE meneur

Chez les sujets sensibles, les excitations dont l’action peut varier comme nous l'avons vu, pour chaque sujet mais qui provoquent une sensation agréable sont toujours accompagnées d'une tension musculaire au moins dans les membres supérieurs. Les excitations pénibles, au contraire, soit par leur intensité, soit par leur brusquerie, provoquent, suivant leur degré de souffrance, qu’on ne peut malheureusement mesurer que par les expressions des sujets, des effets différents Les émotions simplement désagréables, comme celles qui sont provoquées par une odeur nauséeuse; par une des dernières couleurs du spectre, par une hallucination plutôt repoussante qu'effrayante s’accompagnent d'une tension musculaire plus grande dans les membres supérieurs, et d’un relachement dans les membres inférieurs.

Les émotions décidément pénibles, surtout lorsqu'elles sont brusques, s’accompagnent au contraire d’un relâchement simultané dans les deux membres. (1)

Les expressions triviales : les bras m’en sont tombés, j'en ai eu les jambes brisées, que l’on emploie pour caractériser l’action dépressive produite par un saisissement quelconque, l'annonce d’une mauvaise nouvelle, la vue d’un accident terrible, confirment assez bien la théorie que nous venons de passer en revue.

Chaque excitation pénible, comme nous venons de le voir, étant suivie d’un épuisement proportionnel au degré de l'excitation et également proportionnel à la durée de l'effort, 1l en résultera que l'épuisement du centre, la désorientation ou la dénutrition de ses éléments pourra se produire d’une façon quelquefois brusque ;(Neurasthénie traumatique), où bien la désorientation se produira

(1) FéRé. Dégénérence et criminalité, loc. cet.

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