À. — TROUBLES PSYCHIQUES
Ce sont les plus anciennement connus des manifestations cérébrales de la mélitococcie; et pourtant ils n’ont fait l’objet que d’un petit nombre de travaux tant en France qu’à l’étranger. |
Eyre dans une étude générale sur la fièvre de Malte publiée en Angleterre en 1908 mentionne, tout à fait par hasard, au cours d’une statistique portant sur.le pourcentage des divers symptômes dans les nombreux cas de mélitococcie qu’il a observés à Malte: 9 pour 100 d’insomnie, 6 pour 100 de délires, 2 pour 100 d’amnésie,
Trambusti, la même année, dans son livre sur la fièvre de Malte en Italie, se contente de signaler quelques cas de délire. |
Le professeur H. Roger, également, dans une revue générale sur la fièvre méditerranéenne parue en 1910 indique sommairement l’existencé de quelques troubles psyehiques de la convalescence. |
Bin. am
Cantaloube, lui-même en 1911, dans son important livre sur la mélitococcie ne fait qu’une diserète allusion aux troubles mentaux. |
Mais quelques mois plus tard, il comble cette lacune et trace d’une facon magistrale les tableaux de la confusion mentale et du délire onirique au cours de la fièvre ondulante. DRE
Depuis lors, l’attention étant attirée d’une facon toute particulière sur les formes mentales de cette infection, de nombreux auteurs français et étrangers (Ughetti, Axisa, Dargein, Cassuto, Azzolina, Masselot, P. A. Nuvillas, Broc et Bonan, Gonzalès, Suarez, Carrasco Martinez, etc.), enrichissent la littérature de quelques nouveaux cas isolés ou de brèves études.
Mais plus récemment, dans un article du & Marseille- Médical », de décembre 1931, H. Roger, à la faveur de toute cette documentation clinique éparse et de quelques cas personnels, vient de faire la mise au point nécessaire et le travail synthétique d’ensemble, que l’on attendait de cette question.
Après recherches dans la littérature, nous avons pu grouper 18.cas de mélitococcie, caractérisés par d’importantes manifestations mentales. Nous y joindrons deux cas inédits qu’il nous a été possible de suivre tout au long de leur évolution (obs. X et XT). .
Dans notre observation X, il s’agit d’une jeune femme de 33-ans qui fait, quelque temps après un accouchement, une fièvre de Malte sérologiquement démontrée. Aux symptômes classiques de la septicémie mélitensique se superposent. rapidement des. troubles importants du caractère avec idées noires, anxiété, mélancolie et des troubles affectifs, auxquels succède une phase de mutisme et de