PRONOSTIC
Le pronostic de la neuro-mélitococcie est en général favorable, à l’exception des cas se caractérisant par des manifestations encéphaliques qui présentent une indiscutable gravité.
Sur 20 cas de troubles mentaux, 11 se sont terminés par la mort. |
C’est aussi à une encéphalite aiguë d’allure primitive | avec céphalées, délire, myoclonies, diplopie, que le malade de Roziès suecombe en peu de jours.
Pour les manifestations, radiculo-névritiques également, dont le pourcentage de mortalité est impressionnant (4 malades sur 6 sont décédés), on retrouve comme phénomènes terminaux constants: un syndrome confusionnel aigu.
Les syndromes encéphalo-méningés eux-mêmes avec spasmes vasculaires ne semblent pas déroger à cette règle : la mort survenue dans quelques rares cas, a toujours été précédée par d'importants troubles psychiques.
Cet ensemble de faits dit: « quel compagnon de sinistre augure la fièvre de Malte peut rencontrer parfois sous les traits de la confusion mentale ». Cette phrase empruntée à Cantaloube résume parfaitement dans sa simplicité imagée, tout le pronostic vital de la neuro-mélitoeuccie.
Dans les autres manifestations, le pronostic quoad vitam s’est révélé très favorable. En général, on assiste progressivement, au bout d’un temps plus ou moins long, à la régression des signes et finalement à une récupération fonctionnelle complète.
Exceptionnellement, on peut voir toutefois, les troubles nerveux persister immuablement pendant de nombreuses années, comme chez ce paraplégique de Roziès (obs. 24), qui cinq ans après le début de son impotence était encore un grand infirme sans la moindre modification de son état neurologique.
Parfois aussi, malgré une indiscutable amélioration, il peut persister dans quelques cas des séquelles indélébiles : parésie légère avec troubles des réflexes pour les états paraplég'iques, surdité pour les syndromes méning'o-encéphaliques.
Maïs indépendamment de ces éventualités toujours possibles la neuro-mélitococcie n’en demeure pas moins une complication particulièrement fâcheuse, car elle contribue à allonger considérablement la durée, déjà si longue par elle-même, de la fièvre de Malte.
En conclusion, il apparaît que la neuro-mélitococcie quoique curable dans bien de ses manifestations, aggrave le pronostic de la fièvre de Malte. Elle augmente de quelques mois à un an et plus la durée déjà longue de cette infection. Elle entraîne assez souvent des séquelles indélébiles. Elle peut par quelques-unes de ses manifestations cérébrales être la cause de la mort. |