‹ Contribution à l'Étude de la Neuro-MélitococcieChapitre 36 sur 53 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Î n'existe aucune thérapeutique spéciale de la neuromélitococcie. Les médications utilisées sont surtout celles de l’affection causale, de la fièvre de Malte en général. C’est dire d’emblée leur multiplicité et également leur insuffisance.

Les traitements classiques: vaccin, sérum, mélitine, sels d’acridine, quinby, novarsénobenzol, abcès de fixation, etc., ont été en effet essayés en se sans résultat appréciable.

Il semble toutefois que dans les cas de méningite aiguë, les méthodes spécifiques sous toutes leurs formes soient douées d’une certaine efficacité: dans toutes les observations où elles furent employées précocément, le syndrome clinique fut de courte durée. Par contre il se prolongea pendant de longues semaines dans le seul cas, où elles furent appliquées tardivement, ce qui ne manqua pas alors d’amener une rapide guérison.

Chez notre méningitique en particulier un traitement à la mélitine (1/4 de ce. intradermique et 3/4 de ce. intramusculaire tous les deux jours) produisit les plus heureux effets. Après la seconde piqûre, la température qui était à

+ 10, © 39° descendit à la normale. Après la cinquème le syndrome méningé avait régressé et le malade était définitivement guéri. ERA

Signalons encore comme autre résultat favorable, la soudaine amélioration obtenue par Sanfilippo avec la sérothérapie intrarachidienne (10 cc. de sérum antimélitococcique tous les deux jours): après la première injection, sédation de la céphalée et de la rachialgie; après la cinquième, apyrexie définitive et importante régression du syndrome méningé clinique, amorce de guérison complète.

Mais dans les autres manifestations nerveuses, ces procédés biologiques demeurèrent absolument inefficaces, c’est pourquoi nous croyons préférable de leur substituer les médications chimiques, en particulier les sels d’acridine et le novarsénobenzol reconnus présentement comme les agents les plus actifs, dans la forme commune de la mélitococcie.

Rappelons succinctement la posologie et le mode d’administration de ces deux substances :

L’acridine est utilisée sous forme de sels, dénommés trypaflavine, gonacrine. Le produit s’emploie en solution à 2 p. 100 par voie strictement endo-veineuse. La dose conseillée par Izard, promoteur de la méthode, est de 1 centigramme par kilogramme de poids corporel. M. Janbon qui fut un des premiers à utiliser cette substance dans le traitement de la mélitococcie, considère cette dose comme un maximum en decà duquel il convient de rester. Il conseille de tâter au préalable la susceptibilité du malade avec une dose minime : 10 centigr. (soit 5 cc. de la solution). On augmente ensuite progressivement les quantités en espaçant de plus en plus les injections. Les doses utiles paraissent comprises entre 20 et 50 centigrammes.

Cet auteur, avec Duponnois, obtint ainsi, un suc-

cès Cvident dans un. cas de sciatique symptomatique d’une spondylite, avec lésions vertébrales im: portantes. Rapidement les troubles regressèrent, en même temps que l’image radiologique redevenait normale.

Chez un de nos malades, atteint de polynévrite, ce même traitement amena une rapide guérison en un mois.

Ces résultats favorables justifieraient pleinement l’utilisation systématique du produit si l’acridinothérapie était exempte de dangers. Malheureusement elle apparaît susceptible d’une action toxique générale (Liengme), surtout chez certains sujets à foie ou à reins lésés; un cas de mort a même été constaté par Vedel et Vidal avec une dose de 80 centigrammes.

Aussi présentement n’hésite-t-on pas à lui préférer l’arsénothérapie, qui est beaucoup moins toxique, tout en montrant un pouvoir bactéricide aussi énergique. Elle pos-. sède en outre une action tonique importante, ce qui n’est pas négligeable en présence d’une affection particulièrement débilitante.

Vedel et Vidal, L. Rimbaud et Janbon, P. Rimbaud, Anselme-Martin et R. Gourgas se basant sur leur expérience personnelle, considèrent actuellement le novarsénobenzol comme le traitement de choix de la mélitococcie. i

On emploie cette substance suivant la technique préconisée par J. Vidal: les doses par injections intraveineuses s’échelonnent de 0,30 à 0,60, quantité qu’il n’y aura aucun intérêt à dépasser. Les injections seront rapprochées et se feront au rythme de deux par semaine, jusqu’à une dose totale moyenne de 2 gr. 50 à 3 gr. 50.

Il est également indiqué, dans les cas de neuro-mélitococcie traïînante avec état général déficient, de tenter l’action stimulatrice de l’abcès de fixation. J. Barbier dans un cas de myélite à forme de paraplégie spasmodique,

On

alors que les médications anti- infectieuses générales avaient échoué, obtint par cette méthode les plus heureux effets. Dans les cinq jours qui suivirent l'injection Ssouscutanée d’essence de térébenthine, la température descendit brutalement à la normale et le malade se sentit fonctionnellement amélioré. Par la suite, prog ressivement, mais assez rapidement, les troubles moteurs s ’amendèrent et la guérison devint complète. |

Signalons la nécessité d’employer de fortes doses: 5 ce. d'essence de térébenthine vieillie, comme Roziès le conseille. |

Les médications de oh non spécifiques (électrargol, électraurol, rhodium colloïdal) ou spécifiques (endoprotéine de Cambessèdes et Gr anier), pourront être également utilisées dans le même sens.

M ais que l’on utilise l’une ou l? autre méthode chimiothérapique ou spécifique, il sera bon, à notre avis, d’y associer un traitement analogue à celui que l’on emploie habituellement dans les infections neurotropes : injections d’u- L oforminé, de septicémine, d’ igdesenine, d’ arsylène ou de salicylate de soude. :

On ne manquera pas d’adjoindre à ces divers traitements dirigés contre l’infection causale, les thérapeutiques

"$ péciales destinées à à agir sur les réactions nerveuses ellesmêmes : les douléurs seront combattues par les procédés . habituels, les analgésiques et la thermothérapie locale;

Les radiculalgies rebelles seront en outre justiciables de la radiothérapie, des injections paravertébrales de sérum novocainé ou même épidurales par voie sacro-coccygienne, lorsque les racines lombo-sacrées seront atteintes.

La pyrétothérapie par injections intra-veineuses de dmelcos (L. Rimbaud), apportera assez souvent de remarquables sédations, # ÿ

Les frictions, massages, la mobilisation méthodiqué,

s’opposeront à l’atrophie musculaire et aux rétractions musculo-tendineuses.

Le traitement électrique permettra de remplir quelques indications: galvanisation prolongée à larges électrodes, ionisation salicylée et diathermie contre les douleurs; courant faradique rythmé et ondulé contre les paralysies et l’atrophie musculaire.

Mais dans les syndromes ne ie ste ct méningo-encéphaliques, reconnus être vraisemblablement sous la dépendance d’une arachnoïdite adhésive, il semble qu’il y aurait grand intérêt à instituer un traitement pathogénique s'adressant au processus méningé luimême, générateur des manifestations nerveuses. La radiothérapie locale, lombaire ou encéphalique suivant la prédominance des symptômes, nous paraît des ce fait indiscutablement indiquée.

La simple ponction lombaire répétée pourrait ég alement avoir d’heureux résultats; mais surtout l’injection d'air sous pression et. encore mieux l'épreuve du lipiodol explorateur. |

À la suite de cette dernière épreuve nous avons constaté avec M. Janbon, dans notre cas de méningo-encéphalite (obs. 12), une remarquable amélioration. 11 semble que le hpiodol agisse par sa masse huileuse dissociant quelques adhérences légères, ou par son iode irritant et détruisant ù quelques-unes des brides fibreuses.

Terminons cette étude thérapeutique en insistant sur la nécessité absolue d’alimenter les malades aussi substantiellement que possible: la mélitococcie est une affection très anémiante, très déprimante. Il est indispensable de mettre l’organisme, autant que faire se peut, dans les con-

DNS 2e ditions optima de lutte et de résistance. La fièvre ne saurait être une contre-indication à une diététique large, à l’exception toutefois des périodes de très importante hyperthermie, durant lesquelles l’alimentation sera momentanément réduite. |

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