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Après la quatrième piqüre, la température redevenue à la normale, le malade se sent mieux; fin janvier, à la, fin du traitement, il est considérableinent amélioré: il est dans, un état de bien-étré itidéfinissable, mange avec appétit, ne sue plus, dort profondément la fuit: Dans ur état d'euphorie jamais encore égalé, il déclare à son énitourage, qu'il né s'est jamais senti aussi bien depuis huit mois, ét qu'il est guéri,
Cette fois, en effet, il ne se trompait pas; l'amélioration s’est. progressivement accentuée, si bien que deux mois et demi äfrès, le 21 avril, nous voyons entrer dans le service du Professeur Rimbaud, salle Combal, afin d'expertise, un homme apparemment en bonne santé, au teint coloré, à l’état général très salisfaisant. Il nous déclare, après nous avoir retracé très judicieusement les divers épisodes de sa maladie, corroborés parfaitement par les renseignements cliniques reçus du médecin traitant, qu’il a récupéré présentement une grande partie de ses forces et qu’il se sentirait aussi bien portant que par le passé, s’il n’éprouvait encore une certaine raideur de la colonne lombaire, avec quelques douleurs intermittentes et fugaces de la même région au changement de temps surtout. !
Appêtit excellent, augmentation de poids de 12 kilogs. Apyrexie complète pendant son séjour à l’hôpital.
Notre ekamen porte d’abord sur les membres inférieurs; la motricité et la force segmentaire sont normales; la palpation des masses musculaires et la pression sur le trajet des sciatiques, sont indolores; les muscles ont une tonicité suffisante et égale des deux côtés. Pas, de Lasègue, pas de Bonnet. *
Les rotuliens existent alors que les deux achilléens sont abolis; réflexes plantaires en flexion.
La mensuration donne: 2 cm. de moins à la jambe et à la cuisse gauche.
La sensibilité objective aux différents modes, ne révèle aucune anomalie; aucun autre signe pathologique, dans la suite de lexamen neurologique. Membres supérieurs et face indemnes.
L’exploration clinique du rachis permet de constater de la raideur de la colonne lombaire; le malade assis sur son lit ne dépasse pas l’ange droit et ne peut arriver à toucher ses orteils avec le bout de ses doigts. Dans la position debout, aucune différence à l’inspection des masses musculaires fes-
sières. Le patient s’accroupit et se relève sans difficulté; il n'en est pas de même, si on lui demande de ramasser un objet déposé à terre; le mouvement est alors limité, le bout des doigts s’arrêtant à 10 cm. du sol.
Quinze jours après, le malade sort de l'hôpital.
OBsERYATION Îl
Polynévrite-Mélitococcique
(Observation inédite due a l'obligeance du D° Clarou)
* M. J., 20 ans, à Mourgue-Pariole (Gard).
Dans les antécédents personnels, on ne révèle qu’une coqueluche dans le jeune âge. Pas de syphilis, pas d’éthylisme avoué.
Rien à signaler dans les antécédents héréditaires et collatéraux: père et mère bien portants, trois sœurs en bonne santé.
Ce malade, ouvrier dans une ferme, deméure dans une région où la mélitococcie est à l’état endémique; pour lui, d’ailleurs, les sources de contamination ne faisaient pas défaut; il vivait en constante promiscuité avec un. troupeau de brebis où les avortements sont fréquents; il s'occupe du bétail, fait leur litière, nettoye la bergerie, manipule le fumier. Il consomme fréquemment du lait de chèvre, au moment de la traite, partant non bouilli et mange parfois des petits fromages frais.
Histoire de la maladie. — M... présente courant avril 1929, une affection fébrile, avec asthénie importante, sueurs abondantes, grosse rate, algies diffuses et mobiles.
Le médecin traitant, pense d'emblée à une mélitococcie, ce qui ést humoralement confirmé le quinzième jour par une séro-réaction de Wright positive au 1/640°. (Institut Bouisson- Bertrand. Centre antimélitococcique, Montpellier).
Traitement par l’uroformine per os et le vaccin antimélitococcique ‘iodé de Ranque et Senez.
En dépit de cette thérapeutique précoce, l'infection évolue
11110 classiquement avec sa riche symptomatologie habituelle, pendant cinq longs mois.
Fin septembre, une assez longue phase d’apyrexie, avec disparition des signes généraux infectieux, fait croire à la convalescence et le médecin ne se rend plus auprès de son client.
Il n’en était rien, car le 10 octobre, la fièvre avec frisson réapparaît, accompagnée de violentes douleurs dans les mem- bres inférieurs et l'épaule gauche.
Le malade cache cette rechute à son médecin, et décide, sur les instances d’une amie de la famille, d’aller se confier à une célèbre guérisseuse des environs, qui guérit, paraît-il, parfaitement cette fièvre de Malte, que les médecins éprouvent tant de mal à combattre.
La thérapeutique supposée infaillible, de l’experte spécialiste, n’a pas dû faire merveille, puisque six mois après, au mois d’avril 1930, le médecin est à nouveau sollicité.
La maladie, en effet, avait continué à évoluer sournoisement pendant ce laps de temps, avec sa riche symptomatologie, sa courbe thermique ondulante, ses sueurs profuses, ses troubles digestifs, ses algies diffuses, entrainant une déficience progressive de l’état général.
En outre, en dernier lieu, était apparu de la faiblesse dans les membres inférieurs, laquelle s’accentuant progressivement, avait rendu finalement la marche et même la station debout, absolument impossibles.
Le médecin trouve donc son petit malade alité, complètement paraplégique. I est dans un mauvais état général, fortement amaigri, très faible; ses téguments sont moites, ses mriqueuses décolorées; son faciès crispé extériorise une céphalée vive. Il accuse, en outre de son impotence, des sensations paresthésiques à type de rongement au niveau des pieds. Température, 39°.
L'examen neurologique montre des membres inférieurs dans la rectitude, pieds tombants; ils ne peuvent être mu volontairement à l’exception du gros orteil droit; soulevés, ils retombent donc lourdement sur lé plan du lit.
L’amyotrophie est manifeste, prédominant aux mollets.
La palpation des masses musculaires révèle une importante
Ad
hypotonie, et éveille de vives douleurs; les tentatives de mobilisation passive sont également douloureuses; Lasègue bilatéral à 45°. Légère infiltration œdémateuse des extrémités remontant à mi-mollet.
Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis: le réflexe plantaire se fait en flexion; les abdominaux et les crémastériens existent. Pas de troubles sphinctériens.
La sensibilité objective est quelque peu touchée: hypoesthésie légère aux différents modes.
Aucun autre signe neurologique: membres supérieurs et face normaux; audition bonne; pupilles égales réagissant normalement. Psychisme parfait.
Le reste de l’examen somatique demeure absolument négatif. Le rachis est cliniquement normal. Rien dans les urines. B.-W. du sang négatif.
La ponction lombaire et l’électro-diagnostic des nerfs et des muscles n’ont pu être fait.
Le médecin, en présence de ce syndrome polynévritique mélitococcique, institue un traitement par la gonacrine intraveineuse. Dix injections en tout; les premières à 0,50 tous les deux jours; les dernières piqûres à 1 gr. deux fois par semaine.
Les premières injections donnent un résultat prometteur: six jours après le début du traitement, après la troisième piqûre, sédation complète des troubles paresthésiques et atténuation des douleurs provoquées; le malade repose bien la nuit. Au fur et à mesure du traitement, la température revient progressivement à la normale (elle ne remonte d’ailleurs plus), l’état général s'améliore, l’appêtit revient. Important bien-être.
Après un repos de 15 jours, une nouvelle série de gonacrine est tentée: on voit alors régresser progressivement les troubles moteurs; le malade assez rapidement ébauche quelques mouvements d'extension et de flexion des pieds.
Deux mois et demi après le début du traitement, il décolle parfaitement les jambes du plan du lit et les mobilise sans difficulté.
I1 ne sera plus traité; seulement alimentation substantielle, car il jouit maintenant d’un superbe appêtit.
Trois mois après, il marche normalement, fait quotidienne-
ment des petites promenades, parfois assez longue, monte à bicyclette. L'état général est parfait, il a fortement grossi. Mais il présente encore, une aréflexie complète des membres inférieurs.
OBservATION [I ,
Polynévrite-Mélitococcique ‘
(Cas inédit observé dans le service de M. le professeur Rimbaud)
Vi... Pierre, 27 ans, cultivateur.
Homme robuste avant son affection actuelle; on ne retrouve dans ses antécédents personnels, qu’une grippe lors de la grande épidémie de 1918; a été soigné également en 1926, pour un point de côté. Pas d’éthylisme, pas de syphilis.
Célibataire. Père mort en 1913 de méningite; mère en bonne santé. Sa sœur a eu il y a deux ans, une fièvre de Malte; son frère, qui travaille avec lui dans la même ferme, est atteint, présentement, de cette maladie.
Histoire de ta maladie. — Vi.., vient consulter le Professeur Rimbaud au commencement du mois de février 81 et raconte l’histoire suivante: sa maladie actuelle a débuté il y a trois mois environ par une grande lassitude et perte de l’appêtit; depuis cette époque, son état général a considérablement périclité (amaigrissement de 15 kilogs); il se plaint d’algies thoraciques diffuses, d’arthralgies fugaces, de sueurs abondantes avec frissons, de fièvre. L'examen somatique est négatif.
Le diagnostic de fièvre de Malte porté par le Professeur Rimbaud est alors confirmé par un séro de Wright positif au 1/500° et une hémoculture qui permet d’isoler du micrococcus militensis (Institut Bouisson-Bertrand).
Après cette consultation, il entre le 20 février 1931, salle Saint-Jacques, service du Professeur Rimbaud.
Cest là que nous le voyons pour la première fois, et que nous allons pouvoir suivre sa mélitococcie pendant de longues semaines,
J'y SN LE a Deer