OBSERVATION PREMIÈRE
(H. Roger)
Tog.….. Hugues, employé manuïtentionnaire à la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M. Présente, pendant cinq mois environ, de mars en août 1929, une affection caractérisée cliniquement par trois poussées thermiques ondulantes, de l’asthénie, de l’anorexie, des douleurs lombaires, des arthrlagies, des sueurs profuses et une orchite bilatérale. Le séro-diagnostic de Wright n’a pas été pratiqué. Puis apyrexie, amélioration rapide et permission de trente jours à titre de convalescence. Après son congé, apparition rapide de tiraillements dans la jambe gauche avec douleur à la face interne de la racine de la cuisse. Reprise progressive de la température jusqu’à 39°. Hospitalisation dans le service du Professeur H. Roger.
Examen clinique: forcé segmentaire conservée dans le membre inférieur gauche, mais amyotrophie légère (0 m. 03 de moins à la cuisse et 0 m. 01 de moins à la jambe). La pression des masses musculaires, ainsi que la pression sur le trojet du sciatique est douloureuse. Lasègue léger à gauche. Fesse gau-
che applatie et hypotone. L’articulation sacro-iliaque gauche est douloureuse. Douleur vive à la percussion et à la mobilisation des apophyses épineuses des vertèbres lombaires. Le réflexe fessier est fortement diminué à gauche. L’achilléen est moins net de ce côté.
Examen électrique: il met en évidence une légère hypoexcitabilité faradique de tout le sciatique gauche, sans modification galvanique.
Examen radiographique de la colonne vertébrale: il montre une scoliose lombaire à concavité gauche. La cinquième vertèbre lombaire est en « aile de papillon » (début de sacralisation). Lombalisation de la douzième dorsale. Le sacrum est à angle droit sur la colonne vertébrale (lésion congénitale).
Ce n’est qu’à cette époque que l’étillogie mélitococcique fut révélée par un séro-diagnostie de Wright, positif à 1/300°, et une intradermo-réaction à l’abortine fortement positive.
Amélioration considérable en quelques semaines, par des injections épidurales et des bains thermo-lumineux,
(Baugas)
Il s’agit d’un musulman de 37 ans, qui présente une véritable forme sciatique de la mélitococcie. Ce malade est atteint à la fois d’une fièvre élevée et de vives douleurs lombaires, avec irradiations continues et très pénibles sur tout le trajet des nerfs sciatiques droit et gauche, exacerbées par la marche, le froid, les efforts et la toux. Ces algies sont apparues depuis quelques jours, précédées d’une courbature généralisée, de grands malaises et d’abondantes sueurs nocturnes.
Examen. — Pression douloureuse aux points fessier, tro- chantérien et fémoraux. Lasègue bilatéral, signe de Bonnet à gauche. Réflexes achilléens absents. Présence des rotuliens.
Par ailleurs, pas de signe d’atteinte bilatérale, ni de lésion lombaire,
L eus
| om
Grâce au traitement salicylé, la température descend progressivement en lysis, mais les troubles sciatalgiques et les: Sueurs persistent. En présence de cet insuccès thérapeutique, l'attention est attirée sur la mélitococcie: un séro-diagnostic de Wright et une intradermo-réaction positifs confirment le | diagnostic étivlogique de cette double sciatalgie précoce.
(M”° Martin) SNA
G... Louis, doit s’aliter à la suite d’une pyrexie ondulante sudorale, de trois mois de durée, pour une lombalgie particulièrement violente. Consécutivement à cet épisode douloureux: signe de Lasègue bilatéral, diminution considérable des réflexes achilléens, réflexes fessiers musculaires un peu vifs, avec contraction fibrillaire. Liquide céphalo-rachidien: dissociation albumino-cytologique.
Séro-diagnostic de Wright positif à 1/1000°.
OBSERVATION 4 Jen à (M*° Martin) Mare
__ Roc... H. accuse, deux mois après le début d’une mélitococcie ‘sérologiquement démontrée, des douleurs lombaires et sacro- -liaques, avec paroxysmes nocturnes particulièrement violents. £es manifestations articulaires s’accompagnent secondairement d’une réaction sciatique également cruelle, avec hyperalbuminose et lymphocytose légère dans le liquide céphalorachidien.
ORSERVATION 5
(M. Janbon et Duponnois)
Un boucher de 40 ans contracte, en février 1928, une mélitococcie cliniquement indubitable, En juin, apparition de
douleurs dans le membre inférieur droit, puis dans les lombes, puis dans le membre inférieur gauche, enfin au niveau de la région sacro-iliaque gauche avec Erichsen positif. L’examen radiographique du rachis met en évidence des lésions importantes de L. IV et des articulations sacro-iliaques plus accentuées à gauche.
Le liquide céphalo-rachidien présente une forte dissociation albumino-cytologique (lymphocytes: 0,80; albumine: 1 gr. 10).
Un traitement à la gonacrine fait regresser rapidement les images radiologiques el les manifestations douloureuses des membres. 129
OBsSERVATION 6
(H. Roger)
Jeune femme de 23 ans, atteinte, en juin 1925, d’une fièvre andulante bien caractérisée par sa température, sa courbature et labondance des sueurs. La poussée fébrile dure 50 jours. Deux mois après, en septembre 1925, elle ressent des douleurs sacro-iliaques et coxo-fémorales gauches, avec irradiations sciatiques. Douleurs vives nécessitant un nouveau séjour au lit de 50 jours. A la fin de cette période, les douleurs ne sont pas calmées. La malade continue à souffrir encore pendant un mois. Depuis, elle éprouve de la difficulté à la marche et aux mouvements du tronc. Exacerbation des douleurs aux variations de température. Lorsqu'elle consulte, en mai 1929, elle souffre toujours depuis quatre ans de cette même douleur dans le membre inférieur gauche, qui va de la hanche à l’extrémité du pied. La douleur est maxima à la fesse, à la région lombaire et à la face externe du genou, descendant jusqu’à la face dorsale des orteils externes, Au repos, simple sensation d’engourdissement; à la marche, le membre lui paraît lourd, mais l'examen ne met pas en évidence de déficit moteur.
(Timpano)
Jeune homme de 19 ans, qui, douze jours à peine après le début d’une fièvre de Malte, donc précocément, présente des phénomènes douloureux intenses du bras droit, accompagnés de troubles parétiques. Douleur vive à la pression sur le trajet du nerf radial. Quelques jours après: apparition d’une légère tuméfaction de la région externe de l’omoplate avec rougeur et chaleur, Trois jours après, les douleurs diminuent, la tuméfaction disparaît. Au 37° jour de la maladie, la malade était définitivement apyrétique.
CELLULITE MELITOCOCCIQUE 7
(Bouchut et Barbier)
Un cultivateur de 30 ans est hospitalisé au sixième mois d'une fièvre de Malte, humoralement vérifiée par ‘un sérodiagnostic et une hémoculture positifs.
À son entrée, il déclare avoir présenté au début de son affection de petites nodosités musculaires correspondant aux points douloureux qu’il accusait. Présentement, rien d’analogue. |
Quelques jours plus tard, à l’occasion d’une poussée fébrile, apparaissent effectivement des nodosités que le malade compare en tous points aux précédentes. Les moins douloureuses sont intra-dermiques, non apparentes à l'inspection, sans éry-
fhème; facilement senties à la palpation; petits nodules de Ia grosseur d’un petit pois adhérents à la face profonde de la peau, mobiles sur les plans profonds: Les plus nombreux sont les plus profonds: petits noyaux durs siégeant un peu partout dans le tissu cellulaire lâche sous-cutané ou le tissu conjonctif différencié spécialement au niveau des aponévroses et du périoste, parfois en plein muscle. Le malade les signale toujours spontanément, en accusant à leur niveau une douleur des plus vives, concurremment évoluaient quelques douleurs articulaires, surtout au niveau des doigts, avec un peu de gonfiement. Les nodosités et les fluxions articulaires accompagnèrent ainsi chaque nouvel épisode fébrile pour s’atténuer et disparaître en quelques jours, lorsque la température, sous Paction d’un antithermique, retombait à la normale. Après sa sortie de l'hôpital, le malade eut une nouvelle poussée avant d'être guéri définitivement,
POLYNEVRITES MELITOCOCCIQUES
OBsERvATION 9
(Rauzier et H. Roger)
Six mois après la guérison apparente d’une fièvre de Malte, survenue au cours de l’épidémie de Saint-Martiel (Gard), s’installe progressivement une parésie des membres inférieurs. Cantaloube, qui en observa le début, la signale succinctement dans son livre sur la fièvre de Malte comme paralysie du sciatique poplité externe droit.
Quand les auteurs l’observent, la parésie, tout en prédominant d’un côté, est bilatérale avec abolition des achilléens et d’un rotulien. Le malade bénéficie assez rapidement d’un trai-. tement électrothérapique suivi pendant quelques semaines.
Dans ce cas, les troubles sensitifs sont réduits à leur minimum: quelques douleurs et quelques crampes au début de l'évolution.
AS
OgservaTIoN 10.
(Vedel, A. Puech et M. Janbon)
Un confrère fait une fièvre de Malte, dépistée d'emblée par une’ hémoculture. Dès le début de l'affection il souffre de douleurs intenses dans les membres inférieurs, à type d’éclatement, de rongement des os, à prédominance nocturne, qui durent trois mois environ, autant que la fièvre.
Dès les premiers essais de marche, on constate une paraplégie flasque avec pieds ‘tombants, aréflexie tendineuse, anesthésie, œdème remontant à mi- jambe. Au bout de quatre mois, les troubles moteurs ont à peu près complètement rétrocédé, mais les paresthésies et anesthésies persistantes donnent au malade une démarche ataxique avec talonnement et balancement de la jambe en avant et en dehors (pseudo- -tabes polynévritique).
Un an après la terminaison de la maladie, le malade conserve encore la sensation de bottes ouatées autour des jambes,
Ogservaion Il
(Vedel, À. Puech et M. Janbon)
Un homme de 42 ans, dont la mélitococcie, vérifiée par l’hémoculture, ne se traduit que par de la fièvre, de l’amaigrissement et de l’asthénie, présente, vers le 50° jour, une escarre sacrée. À la fin du troisième mois, alors que l’apyrexie est complète, apparaît en quelques jours une paralysie des membres inférieurs avec abolition de deux rotuliens et de l’achilléen gauche, douleurs à la pression des masses musculaires du mollet et de la cuisse. Hypoesthésie et hypoexcitabilité électri-
que prédominant dans le territoire des nerfs cruraux. Œdème bilatéral considérable, remontant à mi-cuisse.
Au bout de deux mois de traitement galvanique les troubles moteurs électriques ont regressé considérablement et le malade , peut marcher sans canne,
RADICULO-NEVRITES MELITOCOCCIQUES
OgsEeRvATION 12
(H. Roger et Crémieux)
Mile Gu.. Marie-Rose, 26 ans, présente, en juin 1928, des douleurs lombo-fessières et de la faiblesse des membres inférieurs. Légère fièvre vespérale, quelques vertiges, quelques bourdonnements de l'oreille gauche. En septembre, marche très difficile, légère lenteur à la miction. Episode de diplopie
légère. Cinq mois après, en février 1929, paraplégie flasque
quasi-complète. Seule une légère flexion de la jambe sur la cuisse est possible. Orteils et pieds tombants. Amyotrophie globale des membres inférieurs. Réflexes rotuliens, achiléens, pédieux, cutanés-abdominaux absents. Réflexe plantaire en flexion (une fois nette extension à gauche). Sensation continuelle de froid dans les jambes. Brûlures dans les fesses et les mollets. Sensibilité aux trois modes normale. Rachis cliniquement et radiologiquement normal. Léger Kernig. Membres supérieurs, face et nerfs craniens indemnes.
Examen électrique: hypoexcitabilité galvaniqué et faradique dans le domaine du crural et des sciatiques, avec lenteur de la secousse. Abolition pour les biceps et jambiers antérieurs.
Examens humoraux: trois ponctions lombaires échelonnées sur quelques mois: première ponction: liquide xanthochromique, 1 gr. 90 d’albumine, 6 gr. 30 de chlorures, 200 éléments. Deuxième ponction: xanthochromie, tension au Clatide — 20 cm. albumine, 37 gr. 50, cytologie, 0,2. Troisième ponction:
2000 2 xanthochromie, tension au Claude — 8 em., albumine, 0,50, chlorures, 6,80, cytologie — 85. Bordet-Wassermann négatif
dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien. Séro de Wright positif au 1/500°. Agglutination nette d’une émulsion de mélitensis par le liquide céphalo-rachidien.
Cette paraplégie reste immuable pendant quatre mois. Puis, progressivement, les symptômes regressent. Cependant, quelques mois après: apparition de manifestations encéphaloméningées avec vomissements incoercibles, céphalées occipitales, incontinence d’urine, hébétude, prostration qui aboutissent en vingt jours à la mort dans le coma,
Ogservarion 13
(H. Roger et Crémieux)
Gaz. Henri, 44 ans, boucher, présente, six mois après la guérison clinique d’une fièvre de Malte sérologiquement vérifiée, une légère parésie des membres inférieurs avec douleurs lombaire, dysurie, impuissance génitale. Quatre mois aprés, le déficit moteur est à son maximum.
Examen clinique: parésie incomplète, prédominant à droite. Marche possible mais très difficile. Sensibilité objective conservée. Pression des masses musculaires douloureuse. Lasègue positif. Aréflexie tendineuse bilatérale. Babinski intermittent à gauche. Réflexes fessiers, abdominaux, anal abolis sans anesthésie en selle. Membres supérieurs, face, rachis, absolument normaux. )
Examen électrique: hypoexcitabilité galvanique et faradique du crural et du quadriceps gauches.
Examen du liquide céphalo-rachidien: xanthochromie. Albumine, 15 grammes; lymphocytose, 140.
Deux mois après: ponctions étagées: 3 gr. d’albumine rachidienne à la ponction inférieure et 2 gr. 40 au niveau de EL. I, L. II, avec 190 lymphocytes.
Du'lipiodol est injecté dans la région dorsale inférieure, il
OGC. 2
s’égrène en grande partie sur toute la région lombaire et s’arrêle complètement au niveau de L. V.
Bordet-Wassermann négatif dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien.
Réaction de Wright positive au 1/500° dans le liquide céphalo-rachidien.
Trois mois après, alors que le déficit moteur s'était quelque peu amélioré, apparition de manifestations encéphaliques: délire, désorientation, hallucinations visuelles, état stuporeux altérnant avec de courtes périodes de lucidité relative. Incontinence sphinctérienne. Anesthésie généralisée. Babinski bilatéral. Escarre sacrée importante. Fièvre. Cachexie progressive entraînant la mort au bout de deux mois.
(Desage, Pellerin, Vinerta)
Au quatrième mois d’une fièvre de Malte apparaissent céphalées, vomissements, diplopie, léger Kernig, aréflexie rotulienne. Température à 37°8. Liquide céphalo-rachidien renfermant: 50 leucocytes, 1 gr. d’albumine et permet d'isoler un mélitensis typique agglutiné au 1/1000° par un sérum spécifique. Bordet-Wassermann négatif.
Au troisième mois de l’évolution de cette méningite, survient une parésie grogressive des deux membres inférieurs, qui aboutit à une paraplégie flasque totale.
Deux nouvelles ponctions lombaires, effectuées en quelques semaines, révèlent 1 gr. 40 d’albumine pour 68 éléments et présence de mélitensis; ensuite, 1 gr. 20 d’albumine, 40 leucocytes avec culture négative. |
Cette paraplégie, attribuée à des adhérences méningées, à la formation de brides cicatricielles encerclant les racines et 1a moelle, fut traitée par la radiothérapie ultra-pénétrante, sui-
vant la méthode de Bordier, par la diathermie et la galva-
nisation.
FR
Rapidement, les troubles moteurs s’amendent et les réflexes rotuliens réapparaissent.
Trois mois après l’installation des troubles parétiques, les auteurs eurent l’heureuse surprise de voir la malade danser dans une fête de famille.
(H. Roger)
Un homme de 50 ans, habitant un village des Basses-Alpes, fait une mélitococcie typique de deux mois de durée. Trois ou quatre mois après, il a commencé à souffrir de douleurs lom-. baires. Cinq à six mois plus tard: asthénie considérable. Huit à dix mois après: vertiges, céphalées vives avec vomissements bilieux et diplopie intermittente, dysurie et impuissance génitale.
Un an après le début de la maladie, en raison des vomissements et des douleurs sous-hématiques, on lui enlève sa vésicule. :
Cinq jours après l'intervention, il présente un épisode fébrile avec hémiparésie droite et aphasie de 36 heures de durée.
Lorsque le malade se lève, on constate une parésie des membres inférieurs qui devint à peu près complète en quelques semaines.
Examen clinique. — Paraplégie flasque s'étendant aux muscles lombaires. Abolition des réflexes rotuliens, achilléens, crémastériens, abdomineux. Babinski et Oppenheim à droite. Fourmillements bilatéraux et sensations de froid. Peu de douleur à la pression des masses musculaires. Lasègue bilatéral. Légère diminution de la sensibilité remontant à la partie inférieure de l’abdomen. Amyotrophie globale. Dysurie. Aux membres supérieurs: fourmillements dans les doigts, légère atrophie thénarienne, diminution de la force dans le serrement des mains. Face normale. -— DE
Examens humoraux. —— Liquide céphalo-rachidien xanthochromique, tension de 10 au tube de Strauss. Quekenstedt normal, albumine 3 gr. 80, 140 éléments au Nageotte. Wassermann et Wright négatifs dans le liquide céphalo-rachidien et le sang. Intradermo-réaction à la mélitine fortement positive.
Examen électrique. — Aux membres supérieurs: hypoexcitabilité des muscles de l’éminence thénar à droite, thénar et hypothénar à gauche.
Aux membres inférieurs: R. D. complète du grand sciatique et des muscles postérieurs de la cuisse. R. D. partielle pour tous les autres muscles.
Etat stationnaire pendant trois mois environ.
Deux nouvelles rachicentèses: 3 gr. 80 d’albumine pour G1 éléments; 2 gr. d’albumine avec 22 éléments.
Huit mois après l’apparition de la paraplégie, le malade, quoique toujours impotent, commence à récupérer un grand nombre de mouvements. Etat général considérablement amélioré.
OBseRvATION 16
(Dônat et Lesbros)
P:.. Maria, 30 ans, présente cinq mois après le début d’une fièvre ondulante, des troubles de la marche, de la diplopie transitoire, des céphalées vives. En deux mois, sans douleur, paraplégie presque complète.
Examen clinique. — Station debout impossible. Force segmentaire très diminuée. Aréflexie tendineuse. Amyotrophie diffuse. Pas de troubles sphinctériens. Sensibilité au tact et à la chaleur normale; légérement obtuse à la piqûre au niveau des jambes.
Examens humoraux. — Liquide éphele rachidien nee chromique. Tension au Claude — 26, Quekenstedt libre. Albumine, 1 gr. 40. Cytologie — 113 éléments. Bordet-Wassermann négatif dans le liquide et dans le sang. Séro de Wright positif
au 1/5000° dans le sang et au 1/250° dans le liquide céphalorachidien.
onde
Examen électrique. — Grosse hypoexcitabilité faradique et galvanique dans le domaine du crural, du grand nerf sciatique et de ses branches terminales, sans R. D.
Au septième mois de son évolution, cette paraplégie flasque a fait place à une paraplégie spasmodique. Réflexes vifs. Trépidation épileptoïde. Babinski bilatéral. Pas d’anesthésie.
Nouvelle ponction lombaire: albumine 1 gr. 36, cytologie 41. Séro-diagnostice de Wright dans le sang positif à 1/1000°.
Etat stationnaire pendant plus d’un an.
Par la suite, l’état s’aggrave. Incontinence des matières et des urines. Ensuite, troubles psychiques, cauchemars, désorientation dans le temps et dans l’espace, dysphagie, crises d’étouffement.
Mort deux gns et demi environ après le début des premiers troubles moteurs.
OBsErvATION 17
(Devic et Chapuis)
R... Clément, instituteur, entre à l'Hôpital le 18 février 1933. En octobre 1931, état fébrile rapporté à la typhoïde. La fièvre persiste trois mois sans localisation. Fièvre à type ondulant. En mars 1932, le malade est fortement amaigri, il commence
à se lever ef, en avril, il est capable d'effectuer une marche de 10 kilomètres.
A partir d'août, ïl s’affaiblit et, dès le 15 août, il doit marcher avec une canne. Ses troubles moteurs se sont accentués, ils prédominent au membre inférieur gauche, si bien que depuis le 15 novembre 1932 la marche est à peu près impossible. |
Troubles sphinctériens. Mictions fréquentes impérieuses. Le malade se souille au lit.
Examen clinique. — Aux membres inférieurs: déficit de tous les segments, surtout à gauche. Pas de’ contracture. Atrophie diffuse. Réflexes cutanés abdominaux abolis. À droite
rotulien diminué, achilléen faible, plantaire en extension. À gauche rotulien faible, achilléen aboli, Babinski discutable.
Aux membres supérieurs: quelques fourmillements des
doigts, force musculaire diminuée.
Examens humoraux. — Ponction lombaire: tension basse, Quekenstedt libre, albumine 3 gr., cytologie 28 éléments. Wassermann négatif. Séro- HAE de Wright positif dans le sang à 1/600°, ainsi qu’une intradermo- réaction à la-mélitine. Une escarre apparaît, la température s TeRrE à 41° (infection urinaire), l'état général décline.
Le 13 avril: obnubilation, confusion, délire.
Hémoculture négative. Séro-diagnostic positif à 1/1000°.
Le 29 avril, le malade, à toute extrémité, est emporté par sa famille. La paralysie ne s’est pas aggravée. Il faisait quelques mouvements. L’escarre est profonde. Son psychisme est
déficient.
OgsErvarioN 18
(Krabbe)
Début en juillet 1932, par nausées, vomissements et douleurs irradiant dans le dos. Difficultés de la marche du fait des douleurs et des difficultés que la malade ressent à diriger ses mouvements.
Examen. — Le 31 août 1932: abolition des achilléens. Diminution du réflexe rotulien gauche. Babinski gauche. Tout est normal par ailleurs. Ponction lombaire le 1° septembre 1932: liquide jaunâtre, tension au Claude: 17/13, après soustraction de 4 cc. de liquide. Cytologie, 45,6. Albumine, 39 à 40 gr. Wassermann négatif dans le sang et le liquide céphalo-rachidien.
Séro-diagnostic pour le Bang positif à 1/400°, cinq jours après positif à 1/200°.
Le 8 octobre 1932, nouvelle rachicentèse: liquide jaune, tension, 35/27; cytologie, 45; albumine, 3 gr. Agelutination pour le sang à 1/400°, Culture négative.
Parésie presque complète des membres inférieurs.
En novembre, atrophie diffuse modérée des membres inférieurs (rotuliens et achilléens abolis, Babinski FAR Parésie plus marquée à gauche.
En février 1933, li malade peut se lever, marcher. Les. réflexes réapparaissent, Babinski faible. Bon état général.
OgservarioN 19
(Schupfer)
C... T., 29 ans, femme. Mi-avril 1930, fièvre de Malte confirmée par le séro-diagnostic, durant jusqu’en juillet.
En septembre, perte progressive de la force des membres inférieurs, faiblesse, fourmillements, douleurs à la marche.
Entre à l’hôpital le 21 novembre.
Examen. — Membres inférieurs: atrophie légère des muscles de la cuisse et des jambes. Pas de contracture fibrillaire. Pas de tremblement, pas d’ataxie. Diminution,de la force des deux côtés. Hypotonie. Station debout impossible. Pas de troubles spinctériens. Pas de troubles de la sensibilité. Pas de douleur à la pression des masses musculaires. Aréflexie rotulienne et achilléenne bilatérale. Pas de Babinski. Kernig moyen. Lasègue. Colonne vertébrale cliniquement et radiologiquement normale.
Examen électrique. — Diminution de l’excitabilité de tous ‘les muscles des membres inférieurs, sans altération de la for- * mule de contraction.
Examens humoraux. — Ponction lombaire: pression augmentée, liquide en jet limpide. Albumine, 0 gr. 50; 22 éléments {tu Nageotte. Bordet-Wassermann négatif et séro-diagnostic de Wright positif à 1/20, 1/30, 1/200° dans le liquide céphalorachidien, positif au 1/800° dans le sang.
Pendant la paralysie, quelques poussées thermiques à 37°6,
avec frissons et sueurs, douleurs diffuses des membres inférieurs, rachalgies, accentuation du Kernig et du Lasègue. Fin février, peut marcher; sort de l’hôpital le 11 avril: faiblesse légère des membres inférieurs qui disparaît au bout de deux mois.
(Barraux el Provansal)
Un homme de 23 ans est envoyé au Centre de l'hôpital Michel-Lévy, pour extrême fatigabilité à tout effort et fourmillements courant des épaules jusqu'aux doigts.
Ces troubles, qui le rendent maladroit , sont apparus après une mélitococcie (séro de Wright positif) qui dure vingt jours (juin 1929).
Progressivement s'installent de l’asthénie, des douleurs (piqûres d’épingles), en même temps que le malade devient maladroit, sans qu’on puisse exactement préciser le début des troubles qui.ont apparu au cours de la poussée mélitococcique.
Les troubles s’amendent et le malade rentre chez lui, où il présente encore quelques ondes fébriles. I continue à souftrir et constate que les deux derniers doigts de chaque main se fléchissent. Incorporé pour faire son service militaire, la grifle cubitale frappe le médecin qui adresse le malade l'hôpital militaire. :
Examen clinique. — En mars 1933 ( quatre ans apré. … mélitococcie) flexion permanente incomplète des phalezgines et phalangettes des deux derniers doigts, avec extension des premières phalanges. L'extension passive et active est impos- Sible. Signe de Froment bilatéral. Diminution de la force musculaire dans les mouvements de pince entre pouce et quatrième et cinquième doigts. Atrophie minime de.l’éminence hypothénar. La peau de la foce dorsale de la main est mince, sèche, réticulée, avec des zones d’hyperpigmentation et des zones décolorées. Hyperhydrose palmaire bilatérale. A ce
NO
niveau, peau froide, moite, adhérente à l’aponévrose. Anesthésie de tous les doigts sur toutes les faces. Sensibilité thermique conservée. Réflexes normaux. Pas de contraction fibrilaire. Réflexe pilo-moteur exagéré au niveau des membres supérieurs. Face: fente palpébrale dilatée à droite. L'examen des autres appareils ne révèle aucune anomalie importante. Intradermo-réaction à la mélitine très positive.
Ponetion lombaire: cytologie, 3 éléments; albumine, 0 gr. 40. Wassermann et benjoin colloïdal négatifs.
(Véra et Johnson)
Homme de 36 ans. Depuis fin novémbre 1928, septicémie de sang non douteuse. Agglutination de l’abortus par le sérum au taux de 1/1250°. I! se sent fatigué, sans appétit, amaigrissement. :
Bientôt apparaissent progressivement d'importants troubles de la motilité, de la sensibilité, de la trôphicité au niveau dés membres supérieurs: parésie et afrophie, surtout localisées aux muscles de l’épaule, plus à droite qu’à gauche. Atrophie moins marquée des éminences thénar, hypothénar et interosseux. Hypoesthésie aux trois modes à la disposition radiculaires correspondant à C 4, C. 6 du côté droit.
Liquide céphalo-rathidien normal avec réaction de fixation du complément positive pour le sang.
Les troubles sensitifs disparurent, mais les parésies, les atrophies ne rétrocédèrent que d’une façon insignifiante,
LES MYELITES MELITOCOCCIQUES
(Rauzier et Roger)
Un homme, âgé de 29 ans, fait une infection d’une durée supérieure à 200 jours, avec plusieurs ondulations thermiques. Elle se complique de divers troubles nerveux: d’abord, vers le troisième jour de l'affection: lombo-sciatique droite aussi violente que passagère (cinq jours); puis, vers le cinquième mois, fourmillements des membres inférieurs, parésie légère, exagération des réflexes rotuliens, clonus du pied, Babinski bilatéral.
Liquide céphalo-rachidien: albumine, 0,32; chlorure, 6,36.
Cette parésie s’accentue le mois suivant, empêchant le malade de se tenir sur ses jambes, puis elle rétrocède assez vite, laissant, au quatrième mois de son évolution, une parésie spasmodique légère du membre inférieur gauche, avec Babinski et quelques troubles de la sensibilité, permettant la marche sans canne.
(Lauze, d’Aimargues)
Un boucher de 47 ans fit, au douzième mois d’une mélitococcie, humoralement contrôlée) séro positif au 1/ 500° hémoculture positive), une myélite aiguë. Après une semaine de vagues douleurs dans le dos et de fourmillements dans les
jambes, le malade ne put un matin remuer son train postérieur.
Examen clinique. — Membre inférieur droit absolument inerte. À gauche, le pied se détache avec peine du plan du lit. Paraplégie du type spasmodique, hyperréflectivité tendineuse. Trépidation épileptoïde des pieds. Clonus des rotules. Babinski, Oppenheim, Gordon, Schaeffer, Bechterew-Mendel hilatéraux. Anesthésie complète remontant jusqu’à l’ombilic. Pas de troubles de la sensibilité subjective. Amyotrophie globale des membres. Escarre. Dysurie. Constipation opiniâtre. Silence génital.
La ponction lombaire est refusée par le malade.
Cette myélite reste immuable pendant cinq mois environ, puis rétrocède progressivement.
Un an après le début des troubles moteurs, le malade a repris sa vie normale, ne conservant qu’un peu de spasticité et des réflexes vifs,
OBSERVATION 24 # (Rozies, d’Aups)
Un cultivateur de 40 ans fait une mélitococcie avec séro de Wright positif à 1/500°, d’une durée de cinquante jours. Deux mois après l’apyrexie, apparition progressive d’une parésie spasmodique avec fourmillements, engourdissement dans les jambes, douleur lombaire irradiée dans les cuisses.
Examen clinique. — Diminution de la force segmentaire plus marquée à droite. Hyperréflectivité bilatérale. Trépidation épileptoïde, Babinski bilatéral, hypoesthésie aux trois modes, remontant jusqu’à l’ombilic. Pas de troubles trophi-
ques. Tendance à la rétention d'urine. Impuissance génitale. Les autres appareils sont normaux. Bordet-Wassermann négatif. Liquide céphalo-rachidien normal.
Progressivement, l’impotence devient complète, sans accentuation des autres signes neurologiques.
Cinq ans après, la paraplégie n’a subi aucune modification,
Professeur H. Roger)
Un agriculteur de 24 ans fait une fièvre ondulante de huit mois de durée, cliniquement et humoralement indiscutable (séro-diagnostie de Wright positif au 1/500°).
Quatre mois après la guérison clinique, apparition d’une faiblesse progressive des membres inférieurs. avec dysurie légère, sans douleurs, ni fièvre.
Trois mois après, l’impotence persiste et le malade entre à la clinique neurologique.
Examen clinique. — Syndrome de déficit et d’excitation pyramidale prédominant à droite. Démarche légèrement spastique, plutôt sur la pointe des pieds. Clonus du pied droit et parfois de la rotule. Signe de Babinski, de Gordon, de Schaeffer, d’Oppenheim, de Bechterew-Mendel bilatéraux. Hypoesthésie remontant jusqu’à l’ombilic. Crémastériens et abdominaux absents.
Examens humoraux. — Légère réaction méningée: 6 leucocytes, albumine, 0,45. Tension au Claude, 20 cm. et 28, après compression des jugulaires. Agglutination du mélitensis par le liquide céphalo-rachidien (méthode de Ranque et Sénez). Bordet-Wassermann négatif, tant dans le sang que dans le L. C.R. ‘ ,
L’impotence s’accentue progressivement, Au septième mois de cette myélite, marche très difficile avec l’aide de cannes. Par la suite, amélioration, progressive. Un an et demi après, reprise partielle du travail, mais persistance des signes objecüfs pyramidaux. |
CET AA g7 EEE
(J. Barbier)
Un cultivateur ardéchois de 45 ans accuse, pendant six mois, des douleurs extrêmement vives, localisées successivement au membre supérieur et à l’épaule droite, aux deux genoux, à la hanche droite, au membre inférieur droit et au rachis cervical. Algies du type radiculaire. Fièvre au début de chaque poussée douloureuse. Par la suite, apparition d’une
quadraplégie quasi-complète en trois semaines.
Examen neurologique. — Diplégie relative des mémbres supérieurs, avec abolition des réflexes tendineux; paraplégie spasmodique des membres inférieurs avec hyperréflectivité tendineuse, trépidalion épileptoïde, clonus de la rotule, Babinski prédominant à droite. Abolition des crémastériens et des abdominaux. Troubles discrets de la sensibilité. Rétention fugace d’urine. Troubles trophiques portant sur les téguments, les ongles, tendance à l’escharrification aux points de pression.
Ponctions lombaires. — Albumine, 1 gr. 20; cytologie, 20 lymphocytes. Deux mois après, 0 gr. 50 d’albumine, 3 lymphpcytes. Tension au Claude: 23 cm. Queckenstedt libre.
Séro-diagnostic de Wright négatif à deux reprises, ainsi que la séro-agglutination de Widal et le Bordet-Wassermann.
Température élevée, de forme ondulante. Asthénie. Sueurs profuses. Quadriplégie immuable pendant quatre mois environ.
On fait un abcès de fixation. Chute brutale de la température et régression rapide des symptômes.
Un an après le début: complète guérison fonctionnelle. Persistance d’une certaine hyperréflectivité relative et d’un Babinski bilatéral.
(J. Barbier)
Chez une femme de 35 ans, on porte, en 1927, le diagnostic de mélitococcié, mais le séro-diagnostie de Wright fut négatit à cette époque. ;
Quatre ans après, elle fait une maladie infectieuse, étiquetée infection colibacillaire.
Trois semaines après la guérison apparente de cette affection, apparition de crampes et de douleurs au niveau des membres inférieurs; puis, assez rapidement, paraplégie spasmodique et diplégie brachiale.
Examen neurologique. — Membres supérieurs complètement impotents, du fait de l’état à la fois paralytique et dysmétrique. Membres inférieurs inertes avec exagération des réflexes tendineux., Babinski bilatéral. Réflexes abdominaux abolis. Troubles légers et inconstants de la sensibilité objective. -Rétention d'urine nécessitant des sondages réguliers. Nystagmus bilatéral.
Ponction lombaire non effectuée.
Scène clinique immuable pendant quinze jours. Puis, l’amélioration s’amorce. Et, six mois après le début de la quadriplégie, la guérison était complète, sauf persistance d’un Babinski bilatéral. La séro-réaction de Wright, effectuée tardivement fut positive au 1/100°,
(Debbasch) Femme de 19 ans. Début fin mai 1931, par fièvre continue,
courbature, céphalées, sueurs, asthénie. Séro de Wright posi-. tif à 1/200°.
rot
Le 5 juillet, une quarantaine de jours après le début de la maladie, algies du membre inférieur gauche et des lombes,. s’accompagnant de sensations, d’engourdissement et de troubles circulatoires des membres inférieurs, froids et cyanosés. La douleur s’exacerbe par la marche, qui est parétique.
Examen le 18 août, à l'entrée à l'Hôpital Italien. — Membres inférieurs: parésie prédominant à la racine (membres ne pouvant être soulevés, qui retombent lourdement si on les soulève passivement). Légère ataxie. Station debout impossible sans le, secours d’un aide. Marche difficile, avec jambes écartées et titubation. Signe de Romberg. Réflexes très vifs. Clonus de la rotule et du pied. Babinski et Oppenheim bilatéraux. Réflexes abdominaux inférieurs abolis, supérieurs vifs. Hyperesthésie à la douleur superficielle et profonde. Pas de signes pathologiques aux autres appareils.
* Liquide céphalo-rachidien. — Tension au Claude: 13, en position couchée. Albumine, 0 gr. 10. Cytologie, 1,4. Wassermann négatif. Pas vu de bacilles de Koch.
Traitement: mélitine intra-veineuse, une fois intra-rachidienne.
Le 8 septembre, démarche encore incertaine.
Le 17 septembre, la malade marche seule, mais de façon spasmodique. Il n’y a pas de contractures, mais les réflexes sont exagérés à gauche, où il existe une ébauche de Babinski.
Le 5 janvier 1932, la malade a repris depuis deux mois son service d’employée dans une imprimerie, elle marche normalement, elle peut courir, monter et descendre une échelle.
Les réflexes rotuliens sont un peu vifs. Plus de signe de Babinski. |