‹ Contribution à l'étude de la paracentèse du péricardeChapitre 14 sur 19 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

Dimensions à partir de la ligne médiane.

DROITE GAUCHE Au niveau du 2e espace 2 centimètres. 5 centimètres. = 3e — 53 — 9 — — 4e — 5 — 11 — — 5 — 4c.et demi. 12 c. et demi.

— 69 — 4 centimètres. 14 centimètres.

La solution, cette fois, se porte aussi en haut dans la cavité située au-devant des vaisseaux qui se laisse distendre considérablement et surtout en bas, dans l’angle gauche du triangle péricardique. La pointe du cœur était séparée de la paroi du péricarde de plus de ? centimètres au niveau du centre phrénique. À l’angle gauche du triangle formé parlepéricarde distendu, le cœur était éloigné du péricarde d'au moins 6 centimètres. Ce cul-de-sac gauche dépassait la base du poumon gauche de #4 à 5 centimètres, à tel point que la poche péricardique offrait là une étendue assez considérable en contact avec la paroi thoracique. En remettant le plastron sterno-costal dans sa situation normale, nous avons vu l'instrument, enfoncé à 5 centimètres au-dessous du mamelon gauche, et à 8 centimètres de la ligne médiane du sternum, comme l’a indiqué M. Rendu, plonger dans la solution de plâtre solidifiée au beau milieu de l'espace qui est en dehors de la pointe du cœur et à environ 3 centimèetres au-dessous de la base du poumon gauche. La forme de ce péricarde, distendu par la solution de plätre que nous fimes voir le jour même de l'expérience à la Société d'anatomie de Bordeaux, après lui en avoir rendu compte pendant la séance, avait pris exactement la forme et les contours que nous avions remarqués dans le péricarde distendu du sujet, à l’autopsie duquel nous avions assisté.

Ainsi, le véritable lieu d'élection, selon nous, est situé sur la ligne verticale mammaire, dans le cinquième espace intercostal si l’épanchement ne paraît pas très abondant, dans le sixième si les signes de la péricardite dénotent, au contraire, un épanchement considérable. Le sixième espace devra être préféré au cinquième, parce que la pointe du cœur correspondant normalement à la sixième côte peut être blessée plus facilement par l'instrument plongé au-dessus d'elle que plongé au-dessous, c’est-à-dire dans le sixième espace. M. Baizeau, opérant dans le cinquième, piqua le cœur. Onn'opèrera jamais dans le quatrième espace. On nous objectera peut-être que le docteur Champouillon, dont l'opération réussit si bien, plongea l'instrument dans le quatrième espace, mais nous ferons remarquer qu'il se servit d’un trocart courbe et qu'il rasa le bord supérieur de la cin quième côte, ce qui amena fatalement la pointe de l'instrument dans le cinquième espace intercostal.

Le cœur est donc toujours séparé du péricarde, mais cela n’a lieuévidemmentque dansla péricardite provenant d’une phlegmasie aiguë. Dans la péricardite chronique, les dispositions doivent nécessairement changer; il se forme, en effet, dans cette variété, des fausses membranes qui peuvent parfois atteindre ? centimètres d'épaisseur, et peuvent quelquefois aussi être remplies de tubercules ou incrustées de plaques calcaires. Ces fausses membranes naissent dans le derme de la séreuse sous forme de bourgeonnements qui se vascularisent et produisent, en se soudant entre eux, des adhérences entre les deux feuillets du péricarde. Ces adhérences peuvent être partielles, et, dans ce cas, elles fixent la pointe du cœur ou entourent sa base en forme d’anneau; elles peuveut former aussi des cloisons et parfois des loges remplies de liquide. Si les adhérences sont généralisées, la cavité péricardique peut être supprimée, et alors c’est la symphyse

cardiaque ou ankylose du cœur de Bouillaud. Si l'inflammation gagne le feuillet extérieur du péricarde, celui-ci peut contracter à son tour des adhérences avec les organes voisins, la plèvre, le poumon. Dans ces conditions, on se gardera bien d'intervenir.

Manuel opératoire. — On se servira de l'aiguille n° 2, de l'appareil de M. Dieulafoy ou, mieux encore, du trocart capillaire de Potain. L’aiguille peut se boucher en traversant les tissus, ce qui est arrivé à Nixon. On fera asseoir le malade en le relevant avec des oreillers ; un aide le soutiendra du côté opposé à l'opérateur. On enfoncera le trocart lentement et perpendiculairément à la paroi thoracique. Avant l’opération, on marquera avec le crayon le point où on aura décidé d’enfoncer le trocart, point qu'on pourra anesthésier avec l'appareil de Richardson. Nous ne saurions trop recommander de s'assurer, au préalable, de la perméabilité et de la propreté du trocart. Nous croyons qu'on ne saurait mieux faire que d’imiter en cela la conduite de M. le professeur Pitres qui, toutes les fois qu'il doit faire une ponction quelconque, ne se fie à personne et nettoie lui-même l'instrument en soumettant, pendant quelques instants, le trocart et sa canule à la flamme d'une lampe à alcool, après l'avoir préalablement plongé plusieurs fois dans ce liquide. L'opération terminée, on recouvrira la piqûre d'un morceau de diachylon taillé en croix de Malte, et on recommandera au maladel'immobilité la plus absolue.

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