Répercussions extra-pulmonaires de la phrénicectomie
Les phénomènes consécutifs à la phrénicectomie n’entrainent pas de répercussions que pour le seul appareil pulmonaire. On a cité des cas d'apparition du syndrome de CI. BERNARD-HORNER après phrénicectomie, indice évident des relations du nerf phrénique avec le sympathique cervico-céphalique. Notre observation N° 12 en rapporte un exemple, dont la valeur s'est malheureusement trouvée affaiblie par l’existence de troubles visuels antérieurs à la phrénicectomie. On a également rapporté des troubles vaso-moteurs de la face, du cou et du membre supérieur (CORDIER). On se trouve encore plus fréquemment en présence de troubles abdominaux, dont l’importance et la nature interdisent de les rapporter entièrement à la paralysie et à l’ascension du diaphragme : douleurs épigastriques s’apparentant à la solarite, troubles digestifs (vomissements, constipation), ptoses gastriques ou intestinales.
Quand aux troubles cardiaques eux-mêmes ils ne sont pas toujours totalement provoqués par les modifications apportées au fonctionnement de l’appareil respiratoire.
7. — Action non mécanique de la phrénicectomie sur l’appareil pulmonaire. Son importance.
Faisant abstraction de ces phénomènes extra-pulmonaires, et supposant que l'intervention ait intéressé toutes les fibres du nerf phrénique, même les plus aberrantes, quels vont être, en plus de ceux d’origine purement mécanique, les phénomènes qu’elle déclanchera au niveau du tissu pulmonaire sain ou pathologique, et quel peut être le rôle de ces divers phénomènes dans l’action thérapeutique de la phrénicectomie ?
Ici, il semble que le problème reste presque entier; probablement parce que ces phénomènes sont moins facilement observables que ceux de nature strictement mécanique. Probablement aussi parce que le nerf phrénique, étant donné la com-
PU. Fe
plexité de ses diverses connexions originelles ou anastomotiques présente finalement une constitution assez variable, et que la proportion des différentes fibres d’origine, de nature et de terminaison si diverses qui le composent doit sensiblement changer suivant les individus.
La phrénicectomie est souvent suivie de l'apparition de crachats hémoptoïques pendant une période plus ou moins longue, phénomènes que l’on peut avec vraisemblance attribuer à une vaso-dilatation paralytique provoquée au niveau du poumon par la section de certaines fibres sympathiques du nerf phrénique.
La modification des signes auscultatoires et de l’expectoration est souvent d’une importance disproportionnée avec la paralysie et surtout avec l’ascension du diaphragme. On a signalé également des crises d'asthme. Enfin, notons l’apparition fréquente d’une dyspnée post-opératoire (COuRGOUXx et THIBAUT) qui n’est pas, elle non plus, nécessairement en-rapport avec la paralysie du diaphragme. Le plus souvent transitoire, elle a pris parfois une allure persistante et grave, mortelle même, s’accompagnant de troubles cardiaques importants.
Parmi tous ces phénomènes les uns sont nuisibles, les autres favorables. Quelle est leur influence respective sur l’action thérapeutique de la phrénicectomie ?
Parmi les phénomènes nuisibles, certains, les crachats hémopioiques par exemple, sont le plus souvent bénins et transitoires. On vient de voir par contre qu’il n’en est pas toujours de même des phénomènes dyspnéiques.
Mais quel est maintenant le rôle thérapeutique des phénomènes favorables, et comment agissent-ils ?
La question reste obscure il faut l’avouer et bien que la valeur thérapeutique de ces phénomènes soit probablement parfois très importante, que leur obscurité même mérite d’atürer l'attention et de provoquer les recherches, il n’en reste pas moins que dans la majorité des cas et jusqu’à plus ample informé, c’est à l’action mécanique de la phrénicectomie que lon s’adressera, et que d’elle surtout il faudra attendre les effets les plus marquants sur les lésions pulmonaires. Jusqu’au jour où
possédant sur l’épineux problème du mode d'action de la phre- nicectomie des données précises et complètes, on pourra en disocier suffisamment les divers effets pour provoquer à son gré ceux-là seulement qui paraîtront favorables, -