Généralités
Ayant étudié les indications de la phrénicectomie et ses contre-indications, puis les moyens susceptibles de lui être associés ou apportés en aide, voyons maintenant quels sont les résultats que l’on peut en espérer.
Il serait facile de rechercher dans la littérature les nombreuses statistiques pas toujours concordantes qui ont été publiées à ce sujet. Leurs divergences viennent surtout du fait que les unes portent sur des cas plutôt récents et que les autres bénéficient d’un certain recul (et quand nous écrivons bénéficier, c’est évidemment là façon de s’exprimer, car elles sont forcément moins avantageuses).
Ces diverses statistiques sont souvent d’autre part difficilement comparables parce que leurs différents auteurs n’ont pas toujours adopté le même système de classement, les uns faisant surtout état par exemple de la nature des lésions alors que d’autres insistaient particulièrement sur leur situation.
Permettons-nous cependant de faire remarquer qu’il manque à la plupart de toutes ces statistiques un élément extrêmement important. On y étudie bien les pourcentages divers de types lésionnels, de guérisons, d’accidents, etc. On oublie généralenent de dire quelle est la proportion exacte des malades phrénicectomisés par rapport à la totalité des malades non justiciables de la phrénicectomie. C’est pourtant un point très intéressant et il apparaît que si cette proportion était plus souvent fournie dans les diverses statistiques publiées, on pourrait cons-
tater que les indications de la phrénicectomie même palliative sont relativement peu nombreuses et que c’est à ce prix seul. en la maintenant dans l’étroite limite de ses indications, qu’elle est susceptible de fournir les meilleurs résultats.
Si l’on se réfère à l’importante statistique publiée, il y a quatre ans par MAURER, ROLLAND et Olivier MoNop, portant sur 285 cas de phrénicectomie autonome, on trouve in globo les résultats suivants :
TER PONS NN TS Ce MRC RIRES ARE ERNEST 5° 1 Guérisons après trois ans :
CMOS AUS ODIMIOL ENS IT EE amant 145 % léStens moyennes" ou. bas$es .7.:.2,7:. 0... DAME
2 Présentation des observations des dix-sept interventions sur le nerf phrénique pratiquées au sanatorium de Mardor
depuis le mois de décembre 1935.
Bien qu’il soit un peu prétentieux de parler de statistique et de pourcentages pour dix-sept observations surtout en regard de travaux comme celui que nous venons de rappeler nous essaierons cependant ‘de tirer de cette série, après en avoir donné le détail, le plus d'enseignements possibles.
Si réduite qu’elle soit, elle a tout au moins plusieurs mérites.
Elle est complète et comprend Tous les cas d’intervention sur le nerf phrénique pratiqués au sanatorium de Mardor depuis le mois de décembre 1935.
Elle est homogène puisque pendant ce laps de temps, c’est la même équipe médicale qui a étudié puis soumis au chirursien les divers cas susceptibles de bénéficier d’une paralysie du nerf phrénique, et le même chirurgien qui a pratiqué chaque intervention.
Enfin malgré leur petit nombre, ces quelques cas tirent de ia banalité même des conditions où ils se sont trouvés placés une valeur démonstrative qui n’est pas négligeable.
Le sanatorium de Mardor est un sanatorium populaire où l'équipement matériel médical et chirurgical a été constitue
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sous l’angle de l'utilité et non du luxe. Le personnel médical est en nombre normal au regard du nombre des malades (190) et le chirurgien vient de l’extérieur. |
Un tel ensemble de conditions est réalisable dans tout étabiissement de cure et les résultats obtenus semblent prouver que la pratique de la chirurgie pulmonaire (en l'espèce la phrénicectomie) en milieu sanatorial, qui présente pour les « soignés » les plus grands avantages, ne rencontre dans sa réalisation aucun obstacle infranchissable du côté des « soignants ».
Quinze de ces observations concernent des cas où aucune thérapeutique chirurgicale n’a été adjointe à la phrénicectomie, ou ne lui a succédé. Dans deux autres cas, une fois la neurolyse intercostale a provoqué une amélioration appréciable complétée par la phrénicectomie, une autre fois la paralysie du nerf phrénique a été suivie d’une thoracoplastie avec un résultat final très favorable.
Si l’on fait entrer dans le calcul des résultats ces deux derniers cas d'intervention non autonome sur le nerf phrénique on obtient les chiffres suivants :
| Guérisons, 6 cas, 35 %.
2 h . 7, ) Résultats favorables : 10 cas, 59 sa Aelioratons De ie Echecs, 7 cas, 41 %.
Si l’on ne considère que les 15 cas d'intervention autonome on a :
Guérisons, 4 cas, 26,5 %.
Résultats favorables : 8 cas, 53 %./ Améliorations, 4 cas, 265 %.
Echecs, 7 cas, 47 %.
Mais avant de commenter ces résultats et de les étudier de façon plus détaillée, nous préférons donner le compte rendu des 17 observations. Nous y avons groupé tous les renseignements utiles, mais eux seuls, et ceux-là seulement dont nous étions absolument sûrs, et pour éviter les redites nous n’y avons pas répété les points suivants communs à chacune d’entre elles :
1° Toutes ces interventions sur le nerf phrénique ainsi du reste que les autres interventions de chirurgie pulmonaire dont il pourra être incidemment question pour plusieurs des cas
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rapportés (neurolyse intercostale, thoracoplastie) ont été pratiquées par le Docteur Olivier Moon.
2° Tous les malades dont nous rapportons les observations ont été soumis à la cure déclive aussitôt après l’intervention sur le nerf phrénique jusqu’à leur départ du sanatorium, Sur les 8 d’entre eux qui y sont encore actuellement, un seul a cessé cette cure, sa phrénicectomie ayant été suivie d’une thoracoplastie (Obs. N° 9).
Nous avons adopté pour présenter les observations l’ordre chronologique, suivant la date de l'intervention. Sur les schémas qui accompagnent plusieurs d’entre elles, nous avons mis en évidence la rétraction pariétale et l'ascension diaphragmatique, lorsque cela nous a semblé utile, à l’aide d’une ligne en trait interrompu dessinant autour de l’hémithorax malade le contour de lhémithorax sain ou indiquant la position primitive de l’hémidiaphragme au-dessous du tracé de sa situation post-opératoire,
Lésions de la moitié inférieure du poumon droit, yanglio-hilaires et fibreuses, torpides, peu rétractiles. Tentative infructueuse de pneumothorax. Phrénicectomie. Amélioration transitoire clinique et radiologique. Reprise des mouvements du diaphragme et état pulmonaire stationnaire trois ans après l'intervention. (Echec).
Raymond Au. Né en 1913, tombe malade au début de 1934, reste hospitalisé à l'Hôtel- Dieu de Rennes, de Septembre 1934 à Février 1935 pour pleurite droite, y subit un traitement aurique. Entre à Mardor en Février 1935.
À son entrée :
Auscultation : Rudesse inspiratoire du sommet droit, diminution du murmure vésiculaire à la base du même côté avec quelques frottements pleuraux.
Aspect radiologique : Gros empâtement hilaire à droite. Une bande sombre, probablement séquelle de la pleurite, aux limites presque horizontales, s'étend depuis la 7° jusqu’à la 10 côte, pesant la base. Il y a una légère rétraction pariétale.
Expectoration : Peu abondante, muqueuse, ne présentant de bacilles ni à l’examen direct ni à l’homogénéisation.
Etat général : Médiocre, 53 kgs pour 1 m. 61.