‹ Contribution à l'étude de la paralysie du nerf phrénique dans son utilisation thérapeutique contre la tuberculose pulmonaireChapitre 31 sur 44 · SA U AU EL · texte numérisé non relu

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éviter les retentissements possibles, pulmonaires ou cardiaques, d’une paralysie unilatérale trop prolongée des muscles intercostaux.

Le malade semblant alors avoir tiré le maximum de bénéfice de cette thérapeutique, il est procédé à une alcoolisation du nerf phrénique droit d’épreuve avec résection du nerf sous-clavier, le 23 avril 1937. A la radioscopie immédiate de contrôle on constate la paralysie diaphragmatique avec signe de Kienboeck.

Le malade quitte le sanatorium en Octobre suivant. Les signes stéthacoustiques ont presque totalement disparu. L’expectoration, où la recherche des bacilles s’est montrée négative depuis l'intervention, est minime. Le poids dépasse 73 kgs. La radiographie montre une bonne ascension du diaphragme (du 9° espace au bord inférieur de Ja 7° côte), un, nettoyage considérable des lésions du lobe supérieur droit et la stabilisation radiologique complète des lésions de la base gauche.

Le malade revient à Mardor en janvier 1938 pour un examen médical de contrôle. L’amélioration s’est maintenue, sinon accentuée, mais il y a une légère reprise des mouvements diaphragmatiques, aussi le 14 janvier il subit une phrénicectomie droite (arrachement de 20 cm. de nerf malgré la présence de tissu cicatriciel). Depuis cette date, le malade a été revu à plusieurs reprises et continue à se porter parfaitement au point de vue local comme en témoigne la radiographie prise le 11 maï 1938 (radiographie et schéma N° 2), ainsi qu’au point de vue général.

Commentaires : L'observation de ce malade est particuliérement riche de faits instructifs. À son arrivée au sanatorium le tableau clinique présenté par le malade interdisait l’indication de phrénicectomie. Certes, on avait à faire à une lobite rétractile, mais elle était limitée en bas par une arche scissurale très prononcée qui pouvait à priori faire douter de l’efficacité de la paralysie et de l’ascension du diaphragme. Il existait en outre des lésions hétéro-latérales.

La cure hygiéno-diététique, puis la chrysothérapie amenèrent la stabilisation des lésions gauches, une certaine amélioration de la lobite droite et la consolidation de l’état général. Puis pour favoriser le processus rétractile à deux reprises on procéda à une neurolyse intercostale. Les résultats obtenus bien que favorables, restèrent incomplets, mais cette thérapeutique avait permis de constater que les lésions du poumon droit n’avaient pas épuisé tout leur processus rétractile, qu’elles

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avaient tiré un bénéfice appréciable à se trouver soustraites au perpétuel tiraillement déterminé dans le sens horizontal par les mouvements du gril costal à leur niveau. Ce fut tout naturellement qu’on en vint alors à penser qu’en les soustrayant au tiraillement provoqué dans le sens vertical par le fonctionnement du diaphragme on pouvait compléter le bénéfice retiré des deux neurolyses successives. Comme il subsistait quelques doutes on se contenta tout d’abord d’une paralysie transitoire du nerf phrénique qui à la suite des résultats obtenus fut ultérieurement rendue définitive.

Ce qui domine dans l’histoire pulmonaire de ce malade, c’est la force et la constance du processus de fibrose et de rétraction. Sur la radiographie du 11 mai 1938 on peut constater Pimportance de ce processus : rétraction pariétale, attraction de la trachée et du médiastin, ce dernier ayant même pivoté sur lui-même de façon appréciable. Mais cette tendance se cantonne aux tissus pathologiques et si l’on estime les dimensions du lobe inférieur sain sur les deux radiographies, avant et après la phrénicectomie, on peut constater que ce lobe inférieur n’a pratiquement pas changé de volume. Aspiré par la tendance rétractile, le pont fibreux limitant le lobe supérieur a fui devant ce tissu sain en pivotant autour de son extrêmité hilaire.

Notons enfin la reprise des mouvements diaphragmatiques malgré l’association de la section du sous-clavier à l’alcoolisation du nerf phrénique.

Tuberculose ulcéro-fibreuse excavée du 1/3 supérieur du poumon droit avec nette tendance rétractile. Lésions hétéro-latérales discrètes. Alcoolisation du nerf phrénique palliative après tentative infructueuse des pneumothorax. Amélioration actuelle après poussée évolutive hétéro-latérale.

André SAUR.. Né en 1913. Présente en Awril 1936 une légère hémoptysie. Il arrive à Mardor à la fin de Juin 1936.

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