‹ Contribution à l'étude de la paralysie du nerf phrénique dans son utilisation thérapeutique contre la tuberculose pulmonaireChapitre 9 sur 44 · CHAPITRE [L HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE [L HISTORIQUE

S'il est une méthode collapsothérapique dont la fortune s’est montrée inconstante, c’est bien la paralysie du nerf phrénique. Tout chez elle s’est trouvé successivement et à plusieurs reprises remis en question : sa technique, son mode d’action, ses indications, son efficacité.

La paralysie du nerf phrénique fut d’abord recherchée par la simple section en 1911, par STUER1TZ. À la phrénicotomie, GoErzE substitua bientôt la phrénico-exérèse qui consistait à sectionner le nerf phrénique et le sous-clavier, puis à rechercher et éventuellement à sectionner aussi l’anastomose avec la branche descendante du grand hypoglosse. Enfin FÉLIX, de Zurich, élève de SAUERBRUCH, établit les bases techniques de lPopération universellement adoptée à l’heure actuelle et dont le nom de phrénicectomie qui lui a été donné par MAURER marque bien la principale caractéristique, à savoir l’arrachement du nerf après sa section.

La phrénicectomie se répandit d’abord dans les pays de races germanique et scandinave. Ce n’est que quelques années : après la Grande Guerre que la pratique s’en introduisit en France et nous relèverons parmi les noms de ses promoteurs dans notre pays ceux d'AMEUILLE, de BÉRARD, de DUMAREST, de LARDENNOIS, de MAURER, de Ristr, de ROLLAND, de VALTIS, pour ne citer que ceux-là.

Employée au début avec hésitation la phrénicectomie vit ensuite croître sa vogue à tel point qu’à la suite de MORIN, de Leysin, certains auteurs français en vinrent dans certains cas déterminés à la préférer au pneumothorax et à y recourir di-

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rectement sans essayer de créer d’abord ce dernier : cet âge d’or se place aux environs de 1930.

Un pareil engouement ne pouvait que provoquer une réaction contraire et c’est ce qui se produisit, Aux statistiques favorables surtout composées de résultats récents s’opposèrent d’autres stalistiques de résultats éloignés infiniment moins avantageuses. Des controverses affrontèrent les spécialistes touchant le mode d’action de la phrénicectomie et ses indications. Et discutée, critiquée, l’opération de FÉLIX tomba dans une disgrâce passagère.

Nous disons passagère parce qu’il semble bien qu’un renouveau de faveur ou tout au moins d'intérêt se dessine à l’égard d’une méthode qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité. Parce qu’il semble bien qu’actuellement la phrénicèctomie se trouve à la croisée des chemins, que reconsidérée à la lumière de statistiques chaque jour plus nombreuses, de notions nouvelles concernant les phénomènes, mécaniques ou autres, consécutifs à la paralysie du nerf phrénique, elle se verra finalement attribuer dans l’arsenal collapsothérapique la place qu’elle mérite.

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