CHAPITRE III
Traitement.
Dans tous les cas où M. le professeur Lavrand a eu la faculté d’instituer un traitement, il a pratiqué la désinfection et l’aseptie des fosses nasales et du cavum pharyngé autant qu'on peut se flatter de le faire en ces régions. De plus, dans certains cas, croyant à juste titre quela porte d'entrée du microbe et le milisu de culture favorable au développement du streptocoque était le tissu adénoïde du pharynx nasal, tissu mou, à circulation sanguine et lymphatique peu active, friable, saignant facilement, il a curetté le cavum,afin de supprimer un milieu de culture trop bien disposé pour permettre la pullulation des germes de Pérysipèle.
Deux hypothèses bien difficiles à élucider se présentent > l'espril : ou bien les germes forcent facilement l’épithélium des végétations, assez mauvais protecteur d’ailleurs ; ou bien, après un érysipèle, il reste dans le tissu adénoïde des germes à l’état inoffensif épiant une occasion favorable. Que faut-il admettre ? Probablement les deux hypothèses se réalisent suivant les cas.
Bref, le tissu adénoïde étant le lieu de culture des
germes de l’érysipèle, M. Lavrand l’a supprimé afin de rendre à la muqueuse ses eonditions normales, et lui permettre de se défendre victorieusement contre les germes infectieux et notamment contre l’érysipèle. (Voir les observations VI, VIL IX, particulièrementdémonstratives, pour la localisation du point de départ de l’infection dans le pharynx nasal).
En résumé, en présence d’érysipèles de la face à répétition, nous proposons d'examiner avec soin les fosses nasales et le pharynx nasal ; de traiter les lésions qui se présentent à l’examen, et toutes les fois qu'il existe des végélations adénoïdes ou seulement desgranulations simples dans le cavum, de les supprimer. Nous proposons même, quand le malade s’y prête, de commencer par là en procédant avec toutes les précautions nécessaires en
pareille circonstance.