‹ Contribution à l'étude de la pathogénie et du traitement des érysipèles spontanées de la face à répétitionChapitre 14 sur 16 · SALE · texte numérisé non relu

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Les érysipèles sont devenus de moins en moins fréquents sous l'influence de l’antiseptie ainsi pratiquée. Ainsi, du 1% décembre 1888 au 16 mars 1889, il n’est apparu qu’un seul érysipèle.

Le 16 mars. — La respiration nasale s’élait améliorée ; le gonflement des paupières avait beaucoup diminué, et les érysipèles avaient à peu près disparu comme nous venons de le noter.

Le malade allant beaucoup mieux n'a plus eu besoin de nos

soins.

OBSERVATION VI (Lavrand),

A. G.. 34 ans (en 1889), religieuse hospitalière, a toujours joui d’une santé relativement bonne jusqu’en 1887. Tempérament arthritique, migraine de temps à autre. Respiralion nasale fréquemment gènée. En 1887, sans cause appréciable, cette malade souffre périodiquement d’érysipèles de la face. Ces érythèmes apparaissent assez souvent au moment des règles ; ils précèdent, accompagnent ou suivent la menstruation ; parfois on les note dans l'intervalle des règles. Il semble difficile d'admettre ici une relation vraie entire les érysipèles et la menstruation.

La marche du mal est invariable ; un malaise plus ou moins äccentué la veille comme prodrome, le lendemain la rougeur commence aulour des ailes du nez. Les érysipèles sont habituellement légers ; cependant, de temps à autre, ils sont graves.

Quand nous voyons celle malade pour la première fois en octobre 1888, nous constatons ce que nous venops de rappor-

porter, L'irruption constante des érysipèles par les narines, la

tie gêne respiratoire nasale, nous incitent à chercher localement la cause de cette localisation persistante des érysipèles.

La muqueuse nasale offre de l’hypertrophie, mais pas d’excoriation, pas de rougeur anormale ; le pharynx est le siège d’un catarrhe chronique ; enfin végétations adénoïdes moyennement développées dans le cavum.

Après des irrigations nasales qui n’ont donné aucun résul-. tal, nous cautérisons la muqueuse des cornets à plusieurs reprises au galvano-cautère pendant l'hiver 1888-89. Les érysipèles poursuivent leur cours sans être en rien modifiés. Ne pouvant incriminer les fosses nasales, en pareille occurence, voyant en outre l’inutilité des lavages antiseptiques naso-pharyngés, nous nous décidons à enlever les végétations adénoïdes que nous n’avons pas jugées assez considérables pour être supprimées. A noter que cette religieuse passait sa vie au milieu d’arriérés el d’idiots que, malgré tous ses soins, elle ne parvenait pas à tenir propres toujours.

Le 14 mai 1899. — Nous pratiquons le curettage du pharynx nasal.

Depuis lors jusqu’au 26 avril 1891, cette sœur n’a pas eu un seul érysipèle, bien qu'elle ait continué ses mêmes occupations qu'auparavant.

En décembre 1891. — Un érysipèle se déclare et se montre particulièrement sévère : il occupe la face comme les précédents En décembre 1892, second érysipèle, mais très hbénin. Depuis lors, c'est-à-dire jusqu’au 25 avril 18%, aucun érysipèle

Ajoutons enfin que, jusqu’à ce jour, 3 mai 1896, aucun érysipèle n’a reparu.

Nous sommes médecin de l'asile où vit cette religieuse, nous

pouvons donc suivre ce cas avec la plus grande facilité.

SAT Donc de 1889 à 1896, seulement deux érysipèles en 7 ans, au lieu de un à deux par mois, 29 juillet 1899. — Cette religieuse n’a plus eu aucun érysi-

pêle.

OBSERVATION VII (Lavrand).

Mlle L. M..., à Lomme, 18 ans, est atteinte depuis quelques mois, d'érysipèles de la face à répélition sans relation avec les règles. L'examen, fait le 1° mars 1899, ne révèle aucune cause à ces érysipèles non périodiques mais fréquents. Ils sont de moyenne intensité. M. le D' Mizon nous amène cette malade, sachant que nous nous occupions de celte affection tout particulièrement.

Les érysipèles sortent par les points lacrymaux chaque fois. L'origine nasale ou pharyngée étant très vraisemblable, nous examinons les fosses nasales et le pharynx. La muqueuse des cornets est hypertrophiée, mais l’épithélium ne manque en aucune des parties accessibles à la vue. Le pharynx buccal ne présente rien de particulier. Le cavum pharyngé est er partie rempli de végétalions adénoïdes.

Traitement. — Lavages antiseptiques des fosses nasales et du pharynx nasal.

‘Le 29 mars.— Après avoir, par les lavages, désinfectéles cavités nasales et pharyngiennes, nous nous décidons à enlever les végétations adénoïdes.Cureltage ce même jour.

25 avril. — Les érysipèles n'ont pas reparu.

11 juillet. — La guérison se maintient. La malade s'engage à venir nous retrouver si le mal recommence.

3 septémbre. — Nous avons tout lieu de croire que cette per-

= Ai —

sonne, habitant aux portes de Lille, continue à se bien porter,

puisque nous ne l’avons plus revue et que son médecin devait nous la renvoyer à la moindre alerte.

29 décembre 1899, — Mlle L.…, nous ayant amené sa sœur,

nous a dit qu’elle n'avait plus eu d’érysipèle depuis que nous

l’avions traitée.

OBSERVATION VIII (Lavrand).

Aurore D..., 17 ans, vient nous consulter le 25 juiilet 1895, pour des érysipèles de la face à répétition. Depuis quelque temps, elle a un érysipèle vers la fin de chaque mois: leur durée moyenne est de 4 à 6 jours ; quelquefois cependant ils durent 10 à 45 jours. Très mal réglée, elle n’a eu ses règles que deux ou trois fois jusqu’à présent.

Les érysipèles envahissent la face en sortant ses fosses nasales chaque fois.

Notre examen porte donc sur ces régions. Voici ce que nous constatons. Dans les fosses nasales, rien de particulier : la muqueuse est normale. Quelques granulations dans le pharynx. Dans le cavum, nous trouvons une hypertrophie du tissu adénoïde moyenne.

Traitement. — Lavages antiseptiques sous forme de douches naso-pharyngées.

Le 10 septembre. — La santé est bonne ; depuis le début des lavages les érysipèles ont cessé. La malade devait revenir nous consulter si les érysipèles reprenaient. Jusqu'ici pas de nouvelles : la patiente doit être guérie.

Les règles ont paru régulièrement en août et en septembre.

de

OBSERVATION IX (Lavrand).

F..., Gustave, 30 ans, vient nous consulter, le 4 mars 1898. pour des amygdalites à répétition à droite. Cet homme travaille dans l'air chaud et humide. Nous le traitons par des gargarismes astringents chauds et par la galvano-cautérisation de l’amygdale hypertrophiée. Malgré cela, les poussées d’amygdalites se poursuivent comme par le passé.

Préoccupé de cet échec du galvano-cautère, nous examinons son pharynx nasal le 7 juin. Nous trouvons un catarrhe assez marqué et une hypertrophie assez peu marquée du tissu adénoide.

Le 20 juin. — Nous faisons un curettage. Dès lors, cet homme n’a plus souffert du côté des amygdales, comme nous l’avons constaté plusieurs mois après.

Le tissu adénoïde hypertrophié peut donc même à 30 ans constituer une gêne pour les patients et servir de porte d’en-

trée aux germes infectieux. Ceux-ci, une fois logés dans le chorion muqueux, se montrent susceptibles de déterminer sur place ou plus ou moins loin de leur point d'introduction les symptômes d'affection qui leur sont propres.

OBSERVATION X (Lavrand).

Mile Marie D...., de Roubaix, nous est adressée le 4 mars 1898 pour des érysipèles de la face à répétition. Depuis le mois de septembre 1894, elle a eu un érysipèle de la face toutes les trois

semaines. En février 1898, elle a eu encore deux érysipèles.

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