AIDE
Le sommeil normal étant un des phénomènes les moins bien expliqués de la biologie, nous n’avons pas la prétention d’élucider ici la pathogénie de l’insomnie neurasthénique. On a invoqué les intoxications; il semble que ce soit à juste titre dans certains cas de neurasthénies brightiques. Mais cette explication ne saurait satisfaire pour les malades qui ne correspondent pas à cette catégorie de névropathes, encore que l’on puisse souvent invoquer les auto-intoxications intestinales.
Maurice de Fleury avait élaboré une pathogénie de l’insomnie sur des remarques qu’il avait faites à propos de la tension artérielle. Constatant que le sommeil normal coïncide avec un état marqué d’hypôtension et d’hypotonie artérielle, qu’il n’est compatible qu'avec un état d’hypotension artérielle modérée, explique les insomnies par un défaut ou un excès de tonicité cardiaque suivant qu’il s’agit de malades hypo ou hypertendus. Bien que séduisante par la façon dont elle est exposée, cette conception n’a pas du satisfaire les esprits contemporains de l’auteur, pas plus sans doute que le sien propre, car dans son dernier ouvrage, il n’en fait plus mention.
Quant à la céphalée, contentons-nous de rappeler qu’elle est extrêmement fréquente. L’état de la tension artérielle, l’insomnie, l’auto-intoxication et l’hépatisme jouent probablement un grand rôle dans sa genèse.
Gramegua, en 1912, établissait un rapport entre la céphalée des neurasthéniques et l’hypotension du liquide céphalo-rachidien qui serait accusée dans