‹ Contribution à l'étude de la Pathogénie et du traitement des états psychoneurasthéniquesChapitre 15 sur 33 · DENT · texte numérisé non relu

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pond le plus souvent à notre « forme » physique. Il existe en réalité des états psychasthéniques quasi physiologiques, ou au moins transitoires, que chacun a pu connaître à la suite de travail cérébral prolongé ou même de fatigue quelle qu’elle soit.

L’individu, privé du sommeil et surmené, qui a été victime de soucis ou de préoccupations, est temporairement un psychasthénique léger. L’attention est moins bonne, la mémoire moins vive, les évocations moins aisées, les asociations moins riches. Les initiatives deviennent difficiles à prendre même lorsqu’elles sont anodines. Nous nous défendons mal contre les inquiétudes et nous nous laissons aller facilement au découragement, la moindre contrariété entame gravement notre humeur ; nous n’avons plus ce « ressort >» qui nous protège à tous moments contre les chocs menaçant notre équilibre émotif. Souvent, cet affaiblissement de la défense intérieure se traduit par une tendance aux obsessions, la diminution de l’attention et de la mémoire, par un penchant morbide au contrôle des actes et tendance aux répétitions, avant-coureurs du scrupule.

Il semble bien qu’un fonctionnement défectueux de différents appareils, qu’un désordre strictement organique suffisent, tout au moins au début, à engendrer un état mental spécial ou bien à offrir plus de prise à des attaques d’ordre psychique qui n’auraient fait qu’effleurer sans les atteindre des individus en pleine forme physique. C’est d’ailleurs l’avis de la grande majorité des auteurs que Maurice de Fleury exprimait à un moment où les partisans de l’opinion ad-

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verse étaient plus nombreux qu'aujourd'hui: « Quand

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un organisme demeuré, pendant un certain temps en état de vitalité mineure, ayant ses muscles amollis, son tissu élastique distendu, ses organes splanchniques en ptose, ses glandes appauvries, son cœur mou, ses artères relâchées, quand notre corps nous paraît lourd par suite de la rupture du rapport normal entre le poids brut de ce corps et l’énergie du système nerveux qui le maintient debout, nous voyons apparaître comme complément nécessaire de cet ensemble symptomatique la modification de l’humeur. L’écorce grise de notre cerveau est, comme chacun sait, le lien où aboutissent finalement, après plus ou moins de relais, les fibres nerveuses centripètes venues de toutes les parties du corps. Chez le neurasthénique, ces nerfs sensitifs ne cessent point d'apporter au cerveau la sensation de déchéance, d’amoindrissement, d’impouvoir fonctionnel. En présence de tels témoignages, le cerveau le mieux équilibré, le moins prédisposé, ne saurait longtemps conserver l’entrain, le plaisir à vivre. »

L'état mental neurasthénique est le reflet dans l’es-

prit du peu de vitalité des organes, de l’hypotonus musculaire, de lhyposécrétion glandulaire. « Fatigue,

crainte, humilité, tristesse ne sont que le reflet mental, que la conscience obscure de la déchéance physique, de lPépuisement musculaire, du fonctionnement médiocre des organes, de la faiplesse actuelle de nos moyens d’action et de défense. » En autres

arguments, il appuie cette assertion sur le fait frap-

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