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pant, très en faveur de l’origine organique de ces états : la date d’apparition des symptômes physiques, date habituellement antérieure à celle de l’état mental.
Paul Hartenberg écrit dans son traité sur « Les Timides et la Timidité » : « Les sensations muscu- « laires sont un des éléments essentiel de cénesthé- « sie et ce sont surtout elles qui fournissent à la con- « science le sentiment subjectif de l’énergie et de « l’effort. » Voltaire ironisait, voici deux siècles, sur l'intimité des rapports entre un bon caractère et un intestin qui s’exonère aisément, et le public sait bien qu’un individu gastropathe est d'humeur méchante.
Tous les symptômes neurasthéniques ont leur part, plus ou moins grande, d’influenece sur l’état mental. Lian et Blondel décrivent, dans l’hypotension artérielle permanente des cas où ils ont rencontré une asthénie psychique qui rendait pénible ou impossible tout effort intellectuel prolongé, avec de la tristesse et du découragement. Nous avons vu les rapports de l’alcalose et de la sensation de fatigue. Or, l’asthénie est un sentiment essentiellement déprimant, ce qui est facile à comprendre si l’on songe à l’impression d'impuissance, par conséquent d’infériorité, qu’elle comporte. Les circonstances de la vie transforment d’ailleurs rapidement cette impression en une certitude par une démonstration cruelle.
Guillaume, suivant pendant plusieurs mois quotidiennement l’état de la tension artérielle, des réflexes végétatifs, du métabolisme basal, et de temps à autre l’état du sang, du temps de saignement chez les psy-
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cho-névropathes, a noté « l’absolu parallélisme du « caractère ou de l’état mental et des phases de l’équi- « libre nerveux organo-végétatif ». Il a constaté que les périodes de vagotonie coïncidaient avec des périodes dépressives et apathiques, les périodes de sympathicotonie accompagnant les périodes d’excitation.
« Telle disposition physiologique est une condition « nécessaire mais non suffisante de tel état psychi- « que », écrit Bergson. Si nous mentionnons ces quelques faits, ce n’est pas dans l'intention d’avancer que l’état mental n’est rien dans la neurasthénie, qu’il est facilement explicable par les symptômes physiques, mais nous plaçant à un point de vue beaucoup plus pratique et envisageant avant tout le traitement, c’est bien plutôt afin de montrer les rapports étroits qui unissent les deux groupes de symptômes psychiques et somatiques. Nous sommes, au contraire, tout prêt à reconnaître et encore ici à en tirer des conclusions thérapeutiques, l'énorme répercussion de l’état mental et des chocs émotifs sur les troubles fonctionnels organiques en insistant de nouveau sur la façon dont tout se tient étroitement dans ce vaste syndrôme que sont les états psychoneurasthéniques.
C’est ainsi que chez beaucoup de ces malades l’habitude prise de se lamenter sur l’épuisement de leurs forces subsiste un certain temps à leur réparation réelle. C’est ce que Paulhan a nommé la « synthèse mentale ». Sous l'influence d’un long séjour dans l’asthénie, le malade se constitue une mentalité telle qu’il interpréte toute sensation nouvelle dans le sens pessimiste. Lorsque survient l’amélioration, il n’y croit
pas et la nie. Il n’est guère de symptômes dans le tableau clinique de la neurasthénie qui échappe à une intervention plus ou moins importante, mais à coup sûr, certaine, au psychisme particulier de nos malades. S'il est logique d'admettre que les troubles somatiques ne sont pas engendrés par l’état mental, il est incontestable que celui-ci les aggrave.
Nous en arrivons ainsi à conclure que les syndromes psycho-neurasthéniques sont des états à point de départ organique et à répercussion mentale. Il n’en reste pas moins intéressant d’étudier ici la psychogénèse de certains troubles mentaux rencontrés au cours des états psycho-neurasthéniques, et au premier rang, les phobies et les obsessions.
Pierre Janet, partant d'observations cliniques fouillées, étudiant les mécanismes psychologiques mis en jeu dans la névrose d’obsession a été conduit à conclure que le mécanisme des troubles mentaux des psychasténiques est celui-ci : le psychisme peut être considéré comme une hiérarchie des fonctions au sommet de laquelle se place l’adaptation à la réalité: la fonction du réel qui exige pour s’exercer la plus haute tension psychologique. Celle-ci, diminuée chez les psychasthéniques, il en résulte une difficulté à répondre rapidement aux incitations venues de l’extérieur, donc à « agir sur la réalité ». Le sujet ne peut plus répondre que par des « opérations impérieuses « «et exagérées sous la forme de doutes, d’angoisses, « et par des idées obsédantes qu’expriment les trou- « bles précédents et qui présentent les mêmes carac- « tères ». On voit que, pour Pierre Janet, ces troubles