ANNEES
traitement opothérapique « omnibus ». La clinique et le laboratoire seront, bien entendu, seuls maîtres. Il ne s’agit là que de cas d’espèce.
e) Stations thermales.
Les stations thermales sont d’un précieux secours après l’accès et, parmi celles-ci Divonne est une des plus indiquées. Les malades, en plus des bénéfices qu’ils pourront tirer des eaux, y trouveront des médecins spécialisés qui comptent de belles guérisons à leur actif.
Le traitement des neurasthéniques à Bagnères-de- Bigorre a fait l’objet d’une thèse soutenue à Paris par Gandy en 1904.
Les eaux de Bains-les-Baïins, par un mécanisme qui a été exposé par le Docteur Massot dans sa thèse de Nancy de 1932, auraient une action particulièrement heureuse dans le traitement de ces états, en luttant contre les désordres organo-végétatifs si souvent rencontrés.
4° Traitement étiologique
Malgré leur efficacité, toutes ces thérapeutiques n’en restent pas moins symptomatiques. Cet ensemble de troubles, disparates en apparence, que nous avons tenté d'analyser et contre lesquels nous avons proposé des traitements, est bien souvent relié, l'expérience le prouve, à une cause commune, qui est très fréquem-
ment l’hérédo-syphilis, nous l’avons vu plus haut. Quelquefois évidente, quelquefois révélée par les examents de laboratoire, elle est bien souvent cachée. Elle existe au cours de ces états psycho-neurasthéniques avec une fréquence telle qu’il nous semble que l’on est autorisé à instituer un traitement même dans les cas où il n’y a que des présomptions. Les observalions qui suivent montreront le bien-fondé de cette opinion.
Fait surprenant, le traitement par voie parentérale nous a donné des déboires et l’expérience nous a montré que les meilleurs résultats étaient obtenus par l’administration « per os >» du mercure et de l'iode.
5° Les Agents Naturels
La dépression physique améliorée, la pression sanguine relevée, les atonies diverses tendent chaque jour à disparaître, Le malade a récupéré la force pour agir ; il ne s’agit plus que de lui apprendre à s’en servir utilement. Le moment est venu de faire de l'entraînement — qu’il s’agisse de labeur intellectuel ou musculaire, le ré-entraînement ne saurait être que très sagement progressif. Il ne peut, évidemment, s'agir de donner une règle dans la prescription du travail intellectuel qui n’est jamais qu’une question d’espèce et demande toujours un examen psychologique de chaque sujet. Mais il est certain qu’il est absolument légitime de parler de thérapeutique par le travail.
Quant à l'exercice physique, il n’est utilisable, bien entendu qu’après réparation de la tonicité par le
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traitement somatique. Brissand a dit à ce propos : « Vouloir imposer à un neurasthénique des exercices « physiques auxquels il se refuse, c’est méconnaître « la nature même de sa maladie, c’est le lancer sur « un obstacle insurmontable. Il n’y a pas de plus « mauvais conseil à lui donner que celui d’oublier « son mal par l'entraînement physique ; l’épuisement «< neurasthénique ne s’oublie pas sur commande ; le « résultat ne se ferait pas attendre : le malade aurait, « une fois de plus la démonstration de son incapacité, « et sa neurasthénie morale s’en accroîtrait d’autant ». Cette réserve faite, il importe de connaître l’immense ressource que constituent les éléments naturels tels que grand air, soleil, eau et les séries d’exercices musculaires dont ils constituent à la fois le plus attrayant des décors et le plus salutaire adjuvant. Bien compris, ces traitements naturels constituent une prophylaxie efficace contre le retour des accès.
6° Prophylaxie
Il est souvent possible de dépister, encore enfant, le candidat à un de ces états névropathiques que nous venons d'étudier. Les notions de terrains et l’importance du facteur héréditaire expliquent facilement que ces orages, les accès neurasthéniques, n’éclatent pas dans un ciel serein. On peut grouper déjà chez les enfants et les jeunes adolescents certains des signes physiques, en particulier les anomalies endocriniennes, que nous avons décrites plus haut, et les signes psychiques qui constituent le tempérament psychasthénique décrit par P. Janet.
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Pour ces prédisposés aux névroses en général, il pourra y avoir beaucoup à faire : lutter contre la cause première de leur infériorité physique, la tare héréditaire (si les signes cliniques et biologiques y font penser) renforcer leurs défenses naturelles par les toniques naturels : air, eau, soleil, mouvement. Leur éducation sera le contre-pied de celle que dénonçait si vigoureusement François Heckel quand il s'élevait contre l’absence d’éducation volontaire. Nous avons rapporté plus haut son opinion dans une longue citation.