HISTORIQUE DE LA PATHOGÉNIE
Si tous les auteurs se sont mis rapidement d’accord sur la symptomatologie du syndrôme neurasthénique, ils se sont presque immédiatement divisés à propos de sa pathogénie. Cette question est pourtant d’une importance capitale si l’on envisage dans l’étude des psychonévroses autre chose que le moyen de pénétrer la psychologie normale mais bien plutôt, à un point de vue plus pratique, la guérison des malades qui viennent demander un soulagement à leurs misères.
Les conceptions pathogéniques qui ont été émises sont extrêmement nombreuses ; nous n’avons pas l’intention de rappeler toutes les théories par lesquelles on a essayé d'expliquer les symptômes neurasthéniques, nous ne nous occuperons que des principales. Pour donner un peu de clarté à l’exposé des grandes théories pathogéniques qui ont été envisagées par les
différents auteurs, nous les diviserons en deux groupes :
A) Téories organiques.
B) Théories psychiques.
A) Théories organiques
Rappelons pour mémoire l’opinion de Beard qui voyait un défaut d’équilibre entre l’usure et la réparation de la cellule cérébrale, celle d’Erb accusant un trouble intime de la nutrition des éléments nerveux. I1 nous faut cependant dire quelques mots d’une théorie échaffaudée sur des données physiologiques : la théorie vaso-motrice étudiée par Angel qui démontra par des expériences minutieuses à l’aide du pléthysmographe de Mosso lhyperexcitabilité du système vaso-moteur et l’extrême facilité de son épuisement chez les neurasthéniques. Wéber, rapprochant ces faits expérimentaux de faits cliniques, émit l’hypothèse que tous les symptômes d’épuisement nerveux dépendaient de troubles vaso-moteurs, des alternatives de spasme et de congestion s’effectuant dans les centres nerveux sous l'influence des causes les plus légères.
De tous les symptômes rencontrés au cours de ces états neurasthéniques, les troubles dyspeptiques sont peut-être les plus fréquents, aussi n’est-il pas étonnant que l’attention ait été attirée de tout temps sur l’appareil digestif et que l’on ait voulu le rendre responsable des autres accidents. C’est Bouchard qui fut l’un des