CHENE LE RE
premiers à émettre cette théorie pathogénique en insistant sur la quasi constance du dysfonctionnement digestif et de l’auto-intoxication, sa conséquence : la dilatation de l’estomac, considérée par cet auteur comme point de départ de tous les accidents, est due à l’atonie de la musculature de cet organe; en même temps, la sécrétion gastrique diminuant, il en résulte ce double fait : la stagnation d’un mélange d’aliments et de liquides provenant de la partie supérieure du tube digestif, puis des fermentations anormales, d’où production de toxines solubles qui, résorbées continuellement, vont intoxiquer tout l’organisme et en particulier les centres nerveux. Hayem et Winter voyaient un trouble dans le chimisme stomacal, à côté de fermentations anormales. Ils pensaient que « l’on « peut incriminer bien d’autres substances nuisibles « qui prennent naissance pendant le cours des diges- « tions pathologiques, par suite de l'élaboration vi- « cieuse des matériaux de l’alimentation. Tels sont « les principes dérivés des matières hydrocarbonées « et des a'buminoïdes, divers acides volatils et éthers « composés, etc. »
Prévoyant les liaisons étroites des deux systèmes par l'intermédiaire du sympathique, sans qu’il ait prononcé le mot, Pron, en 1904, dans sa thèse écrivait : « dès que la cellule cérébrale est irritée par un cha- « grin ou un travail intellectuel trop prolongé, cette « irritation se transmet au plexus solaire et l’estomac « souffre. De même toute excitation normale ou anor- « male du centre nerveux stomacal modifie immédia- « tement l’état dynamique de la cellule cérébrale ».
Glénard qui avait constaté chez beaucoup de neurasthéniques la ptose des viscères abdominaux, avait lui aussi, émis l'opinion que les symptômes nerveux étaient engendrés par le relâchement de ces organes, par un mécanisme identique à celui que nous venons de décrire. Mais il abandonna sa théorie de l’entéroptose pour s’attacher à celle de l’hépatisme, en l’envisageant comme une sorte de diathèse sous l’influence soit de l’hérédité, soit des intoxications soit des infections, les troubles dyspeptiques n’en étant que la conséquence.
Gilbert et Lereboullet ont fait remarquer que, bien souvent, au cours des affections évidentes et surtout latentes des voies biliaires et du foie, on rencontrait des symptômes caractéristiques de la maladie de Beard. Ils ont particulièrement insisté sur la ressemblance entre la symptomatologie de la neurasthénie et celle de la cholémie familiale. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à conclure que nombre de neurasthénies dites primitives devaient être considérées comme des affections neuro-biliaires.
B) Théories psychiques
À côté de ces théories pathogéniques, émises par les organicistes, dont nous n’avons mentionné que certaines, car elles sont extrêmement nombreuses, d'autres auteurs, frappés par la multiplicité et le polymorphisme de ces hypothèses, n’ont pas voulu s’y arrêter. D’après eux, tous les troubles dont se plaignent