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« en 1897), on comprend bien qu'à l’occasion d'un « mouvement impliquant l’action de muscles anta- « gonistes, dont l'un est hypotonique,le muscle sain « entraînera le mobile, la main par exemple, dans « le sens de son action qui se trouve ainsi contreba- « lancée d'une manière insuffisante et tardive ».
Le spasme qui produit l’impotence fonctionnelle est donc consécutif à un état parétique des muscles antagonistes. C'est par un mécanisme analogue que sont produits les spasmes fonctionnels du cou, et aussi le spasme qui se produit quelquefois du côté opposé à la paralysie faciale de l'hystérie. Quant à l'hypertrophie, que M. Vigouroux signale dans le muscle atteint de spasme, elle n’est pas réelle et n'existe que relativement à l'atrophie du muscle antagoniste. è
En résumé, lorsqu'un malade atteint de crampe professionnelle voudra écrire, les muscles qui sont en état de parésie, les extenseurs supposons, seront insuffisants dans leur action et les fléchisseurs dépassant le but, entreront en état de spasme et rendront l'acte de l'écriture impossible. Mais, pourquoi ces lésions périphériques des muscles, ne se manifestent-elles par des troubles fonctionnels que dans l’accomplissement de certains actes à l'exclusion des autres? C'est que, souvent, d'abord, 'le trouble fonctionnel ne pourra être mis en évidence que par une épreuve délicate, comme l'exécution d’un acte compliqué, l'écriture par exemple, où une foule de muscles doivent agir synergiquement, et où le plus léger
END IRES égarement de l’un d’entr’eux suffit à troubler le résultat ; une main atteinte de crampe des écrivains exécutera les autres mouvements; cependant tous les actes qui exigent de la précision et de l’habuleté, celui de se raser, par exemple, seront plus ou moins imparfaits. Mais c'est aussi parce que dans ces spasmes fonctionnels, professionnels le plus souvent, l'attention du cerveau, fixée spécialement sur ces actes difficiles, augmente l’incoordination, par un fait d'inhibition aisé à expliquer chez des névropathes héréditaires. Nous allons le montrer tout à l'heure.
CEÉFAPBRERE V
Influence de la moselle et du cerveau.
Cette incoordination motrice n'est pas exclusivement d'origine périphérique. I} faut y joindre l'influence de la moelle et celle du cerveau. En effet, dans l’exécution de tout mouvement on est obligé de considérer les muscles et leurs nerfs dans leurs rapports, d'abord avec les cellulés dites motrices de la moelle, ensuite avec le centre plus élevé qui commande, le cerveau.
Dans les lésions articulaires du rhumatisme, l'irritation des terminaisons sensitives des nerfs qui avoisinent la jointure malade retentit sur la moelle et crée une hyperexcitabilité morbide de tout l'arc reflexe.
La lésion de la synoviale, des tissus fibreux périarticulaires, l’arthrite rhumatismale, en un mot, agit sur la moelle épinière par action centripète et celleei réagit, à son tour, en produisant desamyotrophies
MR A et des conctratures. Valtat, en 1877, s’est livré, dans le laboratoire de Vulpian, à des recherches expérimentales intéressantes sur les amyotrophies d'origine articulaire. Après injection de substances irritantes dans les articulations d'animaux, il a observé une atropbie rapide des muscles qui entourent l’article, avec prédominance très marquée des lésions sur certains d’entre eux. A l'examen on trouve une atrophie simple, sans inflammation. C’est une atrophie d’origine reflexe. Si, en effet, on interrompt la continuité de l'arc reflexe, par la section des racines postérieures correspondantes, comme l'ont fait Deroche et Raymond, l’atrophie ne se produit plus. Les excitations exagérées, émanées de la jointure malade, frappent de stupeur, d'inhibition les cellules motrices des cornes antérieures d'où partent les nerfs moteurs et trophiques des muscles. Ceux-ci, les extenseurs plus spécialement, s’atrophient. Les muscles antagonistes, dans la production du mouvement volontaire, donneront facilement lieu à des spasmes.
D'autres fois, la moelle répond à l’irritation venue de la périphérie, non par des atrophies, mais directement par des spasmes. Chez des individus atteints d'arthrite chronique du tarse, on a, maintes fois, signalé une contracture transitoire du long péronier. latéral, déterminée par la marche.
Au point de vue clinique, l'intervention de la moelle dans la production des crampes fonctionnelles est rendue évidente parce fait queles spasmes observés sont assujetis aux lois des reflexes en général.
En effet, ils peuvent s’irradier à des appareils musculaires voisins, synergiques ou auxiliaires, quelquefois fonctionnellement indépendants. Dans le spasme des savetiers, par exemple, que Duchenne a décrit, on voit la contracture, qui a d’abord débuté par les muscles de l'épaule agissant dans la traction du fil, gagner les muscles de la face et produire une grimace caractéristique ; chez un malade de Chambard, un léger degré de dysgraphie spasmodique, ayant pour siège initial les muscles qui tiennent la plume, réveillait, au bout de peu de temps, une chorée fonctionnelle du bras et de l'épaule.
Ce spasme suit, de même, la loi de symétrie. « J'ai « vu, dit Duchenne (1), deux sujets qui, ne pouvant « plus écrire de la main droite, à cause d’une con- « tracture existant chez l’un dans le rond pronateur, « et chez l’autre dans les muscles de léminence thé- « nar, S'étaient exercés à écrire de la main gauche « avec assez d'habileté, mais qui, aprës un certain « temps, furent atteints de contracture spasmodi- « que du côté opposé. Chez l’un, le rond pronateur « se contracturait comme celui du côté droit ».
Tous les auteurs qui se sont occupés de cette affection ont signalé des cas semblables et mis ainsi en relief l'influence réflexe de la moelle dans . la pathogénie des impotences fonctionnelles. A l'influence de la moelle il faut joindre celle du
Ce VEAU-
(1) Considérations anatomiques sur les muscles de la main.
Mage
Dès que les premières manifestations spasmodiques de l'affection se font sentir, elles préoccupent vivement le malade, puisqu’ellesempêchent souvent l'exercice de 5a profession. |
Le malade, trés souvent un névropathe par hérédité, dont la cellule cérébrale fonctionne imparfaitement, va concentrer toute son attention sur son mal. Les centres psychiques prendront une part plus ou moins grande dans la production de la contracture. Souvent il suffira au sujet de penser à écrire et de vouloir le faire pour que le spasme se déclare ; à mesure que l'habitude de ce spasme sera mieux acquise, par les crises précédentes, la moindre cause émotive pourra le développer.
Cette influence cérébrale est, dans certains cas, si importante qu'elle paraît être parfois l'unique cause du spasme. Barrau (1) rapporte l'observation d'un neurasthénique chez lequel le spasme fonctionnel résultait d'une obsession psychique. « Quand je veux écrire, dit le malade, il me semble que je suis sous le coup d’une grande émotion, que je vais commettre un crimeet je ne puis allonger la main ».
Il s’agit d'un phénomène cérébral d'inhibition, d'un veto que l’encéphale oppose à la contraction des muscles. Le cerveau peut créer des spasmes, aussi bien qu'il peut engendrer des parésies, des insuffisances musculaires qui agiront d’après le mécanisme que nous avons vu.
Chez les névropathes, le système nerveux fragile
(1) Thèse, Bordeaux, 1892.
atteint vite ce degré d'excitation qui paralyse la fonction. Cette inactivité morbide qui crée l’impotence a reçu le nom d’aboulie. Or, l'impotence fonctionnelle ressemble quelquefois à une aboulie locale et se rapproche de l'hystérie, rappelant ces paralysies et ces contractures d'origine centrale dues à une idée fixe d'impuissance et de paralysie.
Néanmoins, dans l'immense majorité des cas, linfluence cérébrale n'intervient pas seule dans la production du spasme, elle vient seulement S'ajouter à des troubles périphériques, le plus souvent représentés par des parésies musculaires.
GETAP FER ENVI
Rôle des intoxications étrangères au rhumatisme dans la production du spasme fonctionnel.
L’arthritisme, dont nous avons à peu près toujours constaté la présence dans les antécédents des malades atteints de spasmes, crée une sorte d'intoxication lente dont les effets et les lésions sont transmis héréditairement.
À l'influence générale de cette perturbation des fonctions nutritives nous rattacherons des troubles d’auto-intoxication d'origine plus spéciale que nous allons indiquer comme causes adjuvantes et quelquefois essentielles, dans la pathogénie de certains cas de crampes professionnelles.
Nous placerons en première ligne l'influence des troubles gastro-intestinaux, dans la production du spasme. Les toxines, les poisons créés à la suite de de la lenteur ou de l'imperfection de l'acte de la digestion, insuffisamment détruits par un foie
ET QUE malade, ou mal éliminés, pourront agir sur le système nerveux, soit en augmentant l’excitabilité des centres, en les convulsivant, soit en créant des lésions de névrite périphérique. Ces névrites. identiques à celles engendrées par l'alcoolisme ou le saturnisme, vicieront la nutrition &es muscles, donneront lieu à des insuffisances musculaires et jetteront le trouble dans la fonction. Nous sommes ainsi ramenés aux mêmes lésions que nous avions décrites dans le cours du rhumatisme chronique et aux mêmes conséquences. Toutefois, dans la plupart des cas, ces phénomènes d'intoxication gastro-hépatique ou gastro-intestinale ne font qu'ajouter leur influence à un état local déjà défectueux.
Les troubles dyseptiques sont signalés dans nos observations. Avant nous, Poore (1) avait noté le mauvais fonctionnement de l'estomac dans une vingtaine de cas dont voici quelques exemples :
OBSERVATION n° 99. — À. D..., 35 ans, atteint de crampe des écrivains, était traité pour dyspepsie alcoolique dont il a guéri. Guérison simultanée de sa crampe.
OBSERVATION 111. — B. A..., crampe des écrivains, leucorrhée, constipation, dyspepsie.
Dans deux observations nous relevons le fait intéressant suivant qui montre l’origine toxique de certaines impotences: c'est que des purgatifs salins ont,
(1) Medico chirur gical Transaction, 1888, page 993.
AE dans un cas, guéri, dans l’autre, amélioré la crampe fonctionnelle.
OBSERVATION 114.—M.0...,rhumatisme,dyspepsie, crampe des écrivains, guérie complètement par des purgatifs salins.
OBSERVATION 167. — VW. R.…, dypseptique gout- teux, « franc buveur », crampe des écrivains, amé:liorée par les purgatifs salins.
Dans un cas d'impotence fonctionnelle chez un flutiste observé par Féré (1), nous relevonsles détails suivants: «Ilexiste des troubles dyspetiques,rougeur, « météorisme, somnolence après les repas, éructa- « tions. Le sommeil est agité, interrompu, troubléde « rêves, irritabilité extrême. » Un traitement fortifiant ayant fait disparaître ces troubles et la santé générale étant revenue, les spasmes fonctionnels ont disparu du même coup.
Disons, en passant, que les excès alcooliques interviennent parfois dans la genèse des spasines fonctionnels, soit en produisant et en entretenant les troubles gastriques, soit directement en créant des névrites. Nous relevons dans le travail de Poore, ces quelques faits :
OBSERVATION 100. — H.., 33 ans, spasmes fonctionnels : buveur.
OBSERVATION 109. — W. B.., crampe des écrivains, boit beaucoup trop; a guéri complètement de sa crampe aprés avoir renoncé à l'alcool.
(1) Société de Biologie, 9 février 1889.
OBSERVAITION 152: JT, crampe des écrivains, très alcoolique, etc.
Citons aussi, pour montrer l'importance des névrites dans l'affection qui nous occupe un cas de spasme professionnel raporté par le Dr Kodym (2) et observé chez une polisseuse de lettres, atteinte depuis longtemps de saturnisme chronique. Après avoir renoncé à son travail et après un traitement approprié, guérison complète.
Urémie. — On sait que l’intoxication urémique, résultant de l’imprégnation des tissus par l'ensemble des éléments toxiques de l'urine, peut se révéler par les symptômes nerveux les plus divers. Tous les auteurs mentionnent des paralysies localisées, des crampes, généralisées ou non, d'origine brigthique. Mais, fait plus intéressant, le docteur Bonnier a observé un cas de crampe des écrivains, symptomatique, du mal de Bright, et que le traitement de l’urémie a fait disparaitre. Nous donnons cette observation in-extenso.
OBSERVATION (BONNIER) Société de Biologie, séanee du 15 février 1896. Crampe des écrivains symplomalique du mal de Bright.
M. X..., 23 ans, ful. en 1873, employé au télégraphe Morse. Il travaillait 7 heures par ‘our. En 1875, à la suite de la variole,
(2) Casopis Ceskych lexarn, 1894.