IV. — LES TROUBLES DU SPHINCTER D'ODDI
CAROLI [35] étudiant la physio-pathologie de la douleur biliaire à la lumière des études récentes de radiomanométrie biliaire, montra que la distension des . voies biliaires est capable de reproduire tous les signes de colique hépatique et, dans l'étude des causes spontanées provoquant la distension douloureuse des voies biliaires, il note qu’une augmentation assez brusque du volume du contenu vésiculaire, associée à une difficulté du transit au niveau des zones sphinctériennes de
la vésicule ou du cholédoque, peut provoquer une crise
douloureuse, et il cite le cas d’un malade cholécystectomisé depuis dix jours, drainé par une sonde de Pezzer, qui à la suite d’une imprudence alimentaire est pris de coliques intestinales et de diarrhée profuse. L’écoulement bilieux, de 140 cm’ par jour, pe à
- 1.000 cm’, et de conclure qu’en pareil cas, s’il n’y avait
pas eu la soupape de sûreté du drain, ce malade aurait éprouvé une colique hépatique violente. Nous pensons que toute poussée de dysenterie aurait provoqué une symptomatologie identique.
En outre, en rappelant les images de duodénites chez les amibiens, il convient de rappeler que CAROLI insiste sur le fait que l'embouchure cholédoco-duodénale est particulièrement prédisposée aux scléroses stricturantes et aux troubles fonctionnels.
Les causes de ce spasme sont soit dues à des lésions irritatives locales, nous venons de voir les duodénites, soit dues à des lésions à distance et il cite les travaux de Ivy [36 - 37] qui a montré que la distension du
côlon augmentait la résistance du sphincter d’Oddi.
Les spasmes des régions sphinctériennes sont à eux seuls la cause probable de la douleur bilaire, d’après " CAROLI.
En étudiant les voies de transmission de la douleur, il mit en évidence le rôle du plexus muqueux et sousmuqueux, puis du plexus hépatique et enfin des splanchniques surtout le droit (travaux expérimentaux de SCHRAGER et IVY).
L'importance des troubles du sphincter d’Oddi est
donc indiscutable. Il reste à démontrer par quel facteur cétte perturbation est déclenchée. C’est ici qu'apparaît
le rôle des perturbations neuro-végétatives.