LIMITE
Pourquoi donc l'infection s’est faite et par quel méca-
nisme ?
M. Netter dans la discussion à la Société médicale des
‘Hôpitaux, au sujet de cette même observation de M. An-
tony, répond à cette double question.
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« Je m'inquiétais’de l'existence d’un foyer purulent superficiel antérieur chez le malade de M. Antony, parce que l’on s'explique bien difficilement l’accès des staphylocoques dorés, dans une région aussi bien défendue que le canal rachidien, autrement qu'en empruntant le courant sanguin. J’ai, Comme bien des observateurs, vu dans certains cas analogues des suppurations osseuses et musculaires, à staphylocoques, dont la production était sans doute en rapport avec l’existence d’anthrax ou de collections purulentes superficielles qui avaient souvent paru plusieurs années auparavant.
«Je ne suis nullement d’avis que dans toute infection il faille à tout prix trouver la porte d’entrée. Je connais toute l'importance de la bouche, du pharynx et de leurs prolongements, du tube digestif comme voie de pénétration d'agents pathogènes, et dans le cas où l'infection a pareille origine, je sais que le plus ordinairement le lieu et le moment de pénétration des microbes échappera à nos investigations. Tel est surtout le cas des infections pour le streptocoque et le pneumocoque. Je reconnais bien volontiers que beaucoup d’entre nous ont eu des furoncles et n’ont pas eu et n'auront jamais de collections purulentes profondes.
« Si pareils furoncles avaient été observés antérieuremeut chez le malade de M. Antony, ils ne seraient pas,
El PEUR
@ à mon avis, sans doute possible, l’origine de cette péri- «& méningite suppurée.
« Mais toutes ces réserves faites, je n’en peux pas moins « dire qu’une collection purulente superficielle ancienne @& fournirait à l'esprit une explication satisfaisante, d'une « lésion suppurative sur une région aussi profonde que la « cavité rachidienne. »
M. Netter cite à l’appui des sujets qui ont présenté uue ostéomyélite de l’adolescence et qui après de longs intervalles ont récidivé 2n situ ou dans des os plus éloignés.
La conclusion de M. Netter est celle-ci « de ce que, dans bien des cas la porte d'entrée du germe infectieux doive rester inconnue, il n’en est pas moins vrai que nous devons la chercher dans les circonstances où cela sera possible. »
Ce que M. Netter vient de nous apprendre jette un jour tout nouveau sur la question. Du même coup il nous explique la pathogénie des périméningites aiguës secondaires, consécutives à des abcès éloignés, terme moyen entre la périméningite aiguë secondaire consécutive des suppurations périrachidiennes etla périméningite aigué primitive. De plus nous voyons que leurs divisions en primitives et secondaires n’ont plus leur raison d’être que comme moyen de distinction et de clarté, qu’elles rentrent toutes dans un seul etunique cadre. Il y aurait toutes les gradations possibles dansle mode des infections périméningées depuis l’opération de Kraské qui ouvrela porte toute grande, l’eschare au sacrum, les suppurations pelviennes, sous pleurales, qui se feraient un chemin vers les trous de conjugaison, les suppurations de l’épine iliaque antérieure et supérieure, l’angine de Ludwig, l’anthrax, Le furoncle, et
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enfin la pénétration par les voies digestives. L'apport de l'agent pathogène a lieu, soit par progagations directe, soit par la circulation. Tout revient au même, il y a arrivée et localisation d'un microbe dans le tissu cellulo-graisseux entourant les méninges, tissu qui va passer à la suppuration. ?
MM. Autony et Netter ont justement cherché quels étaient les agents pathogènes, nous rapportons leurs résultats.
Examen bactériologique. — Du pus est puisé avec loutes les précautions usilées dans le foyer péri-méningitique. L'examen microscopique, les cultures en bouillon, sur gélose et sur pomme de terre n'ont permis de constater que la présence d’un seul organisme : le staphylococcus pyogènes aureus.
L'examen du liquide encéphalo-rachidien, recueilli, à été négatif.
Il n’y avait donc pas eu pénétration de l'organisme infectieux
dans la cavité céphalo-rachidienne.
Cet examen bactériologique pratiqué par M. Antony répond à l'observation XVIII que nous avons rapportée à la fin de notre travail.
L'autre examen bactériologique, fait par M. Netter, correspond à l'observation XX qu’il nous fut donné de recueillir dans le service de M. Thibierge.
Examen bactériolos ique, fait par M. Netter. — L’examen bactériologique fait de suite après l’autopsie décèle des staphyloco-
ques dorés dans le pus recueilli aux divers endroits: canal rachi-
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dien, région fessière, abcès du poumon, sang du cœur gauche, exsudats pleuréliques.
Par les cultures on constate qu’il v a des staphylococcus aureus partout elles sont faites avec les liquides provenant des régions suivantes. |
1° Périméningite (région lombaire).
2° [nfarclus du poumon droit.
3° Abcès du poumon gauche.
4° Poumon gauche splénisé.
5 Exsudat de la plèvre droite.
6e Cœur gauche. 7° Pus de la région fessière. | Le staphylocoque. doré est mélangé au bactérium coli-com -
mun dans une des cultures du cœ ur gauche.
L'examen de M. Netter porte non-seulement sur les microbes du pus du canal rachidien, maisaussi sur le sang du cœur gauche, sur les abcès pulmonaires et les exsudats pleurétiques. Il a pour nous une grande importance parce qu'il nous prouve que les microbes se trouvaient aussi dans la voie circulatoire. Notre malade s'était donc infecté par les deux voies : par propagation directe et par la circulation. Ainsi se trouvaient réunis les modes d'infection qui dès l’abord. ne semblaient avoir aucun rapport l’un avec l’autre,
Enrésuméla maladie est causée par le staphylocoque doré
et l'infection du tissu cellulaire périméningé peut se faire :
1° Par propagation directe des suppurations ; 2° Par la voie circulatoire (Netter) ; 3° Par les deux modes réunis.
Meslier