CHAPITRE Ill
Pathogénie.
Autant la pathogénie des périméningites aiguës secondaires, développées par propagation paraît simple, autant celle des périméningites aiguës primitives spontanées est difficile à expliquer au premier abord. l
Qu'un abcès chaud situé dans les muscles profonds des gouttières vertébrales, dans le psoas, dans le tissu cellulaire sous-pleural ou pelvien pousse des trajets fistuleux vers la colonne osseuse, gagne les trous de conjugaison et enflamme la couche cellulo-adipeuse qui entoure les méninges, quoi de plus simple! C’est une fusée à trajet qui surprend mais qui n’a rien que de très compréhensible.
Iln’enest pas de même pour les périméningites aiguës primitives. Cherchons cependant une explication scientifique.
Rodet de Lyon, dans ses études sur l'ostéomyélite aiguë, injectait des cultures de staphylocoques chez des animaux dont il avait traumatisé les os; dans les régions juxta-épiphysaires apparaissait bientôt l’abcès osseux. Le traumatisme mettant donc un point du squelette en état de « minoris resistentiæ® ». M. Lannois croit qu'il
Ne
en est de même pour le tissu cellulaire périméningé : un traumatisme faible par rupture des mailles de ce tissu, des vaisseaux sanguins et lymphatiques permet la localisation des germes infectieux en ce point. Le surmenage médullaire, pourrait-on dire, l’hérédité nerveuse, les fatigues de toutes sortes, les chutes, les coups sur la colonne vertébrale mettaient son tissu cellulaire en état d’infériorité vis-à-vis de l'infection. L'expérience chez l’homme était toute faite par les contusions, les fractures du rachis ; or, les statistiques de MM. Laugier et Chipault ne signalent jamais comme complication de ces affections la périméningite aiguë.
Pourtant MM. Lemoine et Lannois basaieut leurs explications sur des données scientifiques. La pathogénie, disent-ils, de cette inflammation phleomoneuse du tissu cellulaire péri-méningé est obscure ; l’exsudation se faitelle spontanément ou faut-il ia rattacher à un traumatisme. Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable, disent-ils, et elle trouve un appui dans cette phrase de Vulpian. « Dans le cas de traumatisme de la moelle il y à inflammation avec sclérose ou infiltration purulente du tissu cellulo-graisseux périméningé. »
En admettant que l'explication de MM. Lemoine et Lannois appuyée sür l’autorité de Vulpian soit bonne pour les cas où il y à eu traumatisme elle n’éclaire pas la pathogénie des cas spontanés, Comment se serait accomplie, par exemple, l'infection dans l'observation rapportée par M. Antony où le malade n’avait jamais présenté de collections purulentes, d’anthrax ou de traumatisme.