‹ Contribution à l'étude de la périméningite aiguëChapitre 24 sur 26 · ÉD TE · texte numérisé non relu

ÉD TE

. se montra de tuméfaction. Son ‘état resta stationnaire, pendant *s jours qui précédèrent son entrée. Les douleurs se propagèrent dans toute la jambe, la cuisse, la fesse en remontant vers la racine de l’article. Les frissons, la fièvre, les sueurs profuses persistaient Le premier mai, il se mit à avoir une toux sèche, sans expectoralion et une douleur dans tout le côté droit. Douleur vague non réveillée par la pression. D... pouvait marcher, il se levait et faisait un kilomètre à pied pour venir aux consultations du Bureau Central. I] arriva à l’hôpilal à pied, monta deux étages eu ne s’aidant que d’unecanne. Il boîtait beaucoup à cause de sa douleur très vive dans tout le membre inférieur gauche.

Etat actuel. — Il entre le 4 mars dans la soirée avec des phénomènes généraux assez graves el la température élevée de 400,4. Il a le pouls assez fréquent, une dyspnée assez intense, sans signes s'étes-opiques et souffre dans tout le membre inférieur gauche. On lui donne cinquante centigrammes de sulfate de quin'ne.

Le 5 mars au matin, on procède à l'examen du malade, on -emarque quil n’est pas amaigri, et qu'il a un aspect très robuste. ll se plaint de fatigue, de brisement général et de douleurs dans la jambe gauche. Le liers inférieur de cette jambe présente une tuméfaction rosée, ne ressemb'aut pas à l’érythème nouevx. La douleur est peu intense au repos; elle est réveillée par les moindres mouvements. La pression est douloureuse, non seulement au point tumétfié qui est son siège maximum, mais tout le long du tibia surtout au point où l'os est le plus accessible, c’est-à-dire à sa face interne.

La percussion de cet os arrache des cris au malade. Les masses musculaires de la jambe sont aussi douloureuses à la pres-

sion a'une façon moindre pourtant. On ne trouve pas de dou-

do)

leurs spéciales et localisées le long du nerf sciatique. Il n’y a pas de signe de Lasègue. :

Les articulations du genou et du coup de pied ne sontpas tuméfiées, elles s’accomplissent librement. On conc'rte que la pression est un peu douloureuse sur la cuisse du même côté; il ne souffre pas du membre inférieur du côté opposé, ni des membres supérieurs.

L'examen des viscères donne un résultat négatif, il n’a rien au cœur, ni au foie, ni à la rate. La dyspée est ‘rès marquée, les ailes du nez battent. D... se plaint de douleurs vagues dans le côté droit.

La langue est propre et humide, l'appétit manque et il existe de la constipation. Les urines sont peu abondantes et non albumineuses et forlement chargées de pigments. D... se plaint de maux de tête dans la région frontale.

La force musculaire est conservée, les sensibilités tactiles et thermiques intactes. | :

Pourtant la distinction du pincement et de la piqûre est un peu obtuse. Les réflexes rotuliens sont normaux. Les pupilies se contractent bien à la lumière et à la distance.

Nous remarquons combien cette douleur au niveau du tibia, ressemble à de l’ostéomyélite aiguë, nous concluons a une maladie infectieuse, peut être rhumatismale ? Il n’y a pas d’endocardites, ni de furoncles, ni d’abcès, ni d'amygdalites actuels ou antérieurs au développement de cette affection.

Pouls : 130 pulsations.

T. m. 40. Temp. s. 40.

Traitement : sulfate de quinine 0,50 céntigrammes.

6 Mars. — Le faciès est grippé, les pommeltes ne sont pas colo-

rées, Il n'y a pas eu d’alternalives de rougeur et de pâleur du

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visage, les douleurs remontent nettement vers la racine du membre inférieur gauche et augmentent d'intensité. Les points douloureux ordinaires de l’articulation coxo-fémorale ne sont pas nets, la douleur est diffuse, la pression l’exagère et la rend évidente, surtout au niveau des saillies osseuses. La douleur est plus grande dans la région lombaire et surtout dans la région sacrée du côté gauche. Toute la région fessière et sacrée de ce côté sont les sièges de souffrances aiguës, quand on vient d'exercer de la pression on a imprimé des mouvements au bassin. Le maximum de “douleur est du côté de l'articulation sacro-iliaque gauche, D... admet qu'il a la sensation de battements à cet endroit, que cela lui fait mal dans les os ; coccydynie.

Quand on fait relever le malade pour l’ausculter il paraît empalé, nous mettons cette difficulté de mouvements sur le compte des douleurs de la région lombaire.

[em 30901 soirs3908.

Traitement : salicylate de soude, 4 grammes.

7 mars. — Les douleurs ont changé de côté, elles sont passées dans la fesse droite, elles ont presque disparu du membre inférieur gauche.

De plus, on trouve toute la région rachidienne douloureuse à la pression, sur la ligne médiane à maximum d'intensité localisé aux apophyses épineuses de la région dorsale entre les deux bords spinaux des omoplates. Quand on relève le malade pour l’ausculter, il se plaint à tous les mouvements, on remarque que le tronc et la tête se meuvent tout d’une pièce. I ne peut abaisser la têle en avant à cause de la contraction des muscles de la nuque. Par suite de la rétention d’urine qui se produit on est forcé de le sonder, on relire un litre d’urine sédimenteuée et non albumineuse. La constipation persiste.

Te — En interrogeant le malade sur la cause des souffrances qu’il éprouve deps le petit bassin nous apprenons qu’il était pédersste.

Le toucher rectal ne décile aucune collection purulente faisant sa'l'ie dans le rectum ; nous ne trouvons pas d’empâtement. Le doigt fait mal en appuyant en arrière et sur la partie gauche du bassin on ne trouve pas de douleurs en d’autres endroits.

L'in'elligence est très bien conservée, il n’y à pas de troubles de sensibilité. Les papilles sont égales et normales il n’y a pas de signe d’Argyl Robertson.

Pouls : 136 pulsations.

Ten AO EST, 80: 300 5

Traitement : salicylate de soude 5 grammes.

8 mars. — La contracture des muscles de la nuque augmente, les mouvements sont douloureux même, ceux de la latéralité.

Les maux de tête sont très violents ; le délire apparaît dans la journée, délire tranquille. Le malade cause tout le temps.d’une façon incompréhensible. Il a des hallucinations, il cause à des personnes imaginaires, croit qu'il y a quelqu'un de caché sous son lit.

Traitement selicylaie de soude, 5 grammes.

9 mars. — Les douleurs dans le membre inférieur gauche ont disparu, ainsi que les douleurs aux régions sacrées et lombaires. Une douleur vive est réveillée par la palpation et les mouvements, dans toute la région inter-scapulaire, surtout au niveau des apophyses épineuses. Cette gêne douloureuse ne dépasse pas les premières-vertèbres cervicales. La contracture des muscles de la nuque est très prononcée, les mouvements imprimés sont très douloureux. On soulève le malade d’un seul coup comme si la tête était soudée au tronc.

Les membres supérieurs sont indemnes. La langue est assez

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bonne, n’est pas sèche. D... se plaint d'une douleur sous le mamelon ; à l’auscultation on trouve des petits râles crépitants disséminés dans toute la hauteur des deux poumons, mais surtout perçus d’une façon constante, dans denx points symétriques droite et gauche, à l'angle inférieure de lomoplate. Il n’y a aucun râle de bronchite. Il ne peut expectorer, tellement ses crachats sont visqueux, adhérents ; il est forcé de les retirer de sa bouche avec ses doigts ou son mouchoir. Ils ont des stries sanglantes, quelques-uns sont hémoptoïques.

Les réflexes patellaires sont normaux ainsi que la sensibilité. Les pupilles réagissent bien à la lumière, il n’y a pas de myosis. Le malade reste dans le décubitus dorsal. L’insomnie est à peu près complète. Le délire est léger, il parle tout le temps, marmotte. Carphologie.

On ne peut lui faire prendre qu’un peu de lait et dela limonade vineuse.

Pouls : 126 pulsations.

Traitement saliylate de soude, 5 grammes,

10 mars. — Le faciés se grippe de plus en plus. Un premier vomissement ou plutôt une régurgitation, se produit dans Ja nuit ; vomissements couleur jaunâtre.

La langue commence à se sécher et se recouvre d’enduit noirâtre. La soif est très vive. Le ventre est tendu et très dur, il y a

du tympanisme qui existait depuis son entrée. La constipation est opiniâtre, on est forcé de lui donner des lavements qui ne réussissent guère. :

On trouve lacorde du biceps et des raies méningitiques non persistantes.

Le délire calme dans la journée, devient bruyant dans la nuit.

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