I. — Historique
La suture secondaire précoce des plaies périnéales fut pratiquée pour la première fois au début du xvn° siècle par Jacques Guillemeau, disciple d'Ambroise Paré, qui concut le premier la périnéorraphie. I] fit sa tentative sur une femme accouchée de six semaines et présentant une rupture du périnée. Avivant au bistouri les tissus bourgeonnants, il rapprocha les lèvres de la plaie par une suture entortillée. Au bout de quinze jours, la guérison était complète. Malgré ce beau résultat, l'opération de Guillemeau resta sans écho.
Plus tard, dans la deuxième moitié du xvn° siècle, Cosme Viardel renouvela l'opération et apprit à ses contemporains qu'elle comportait un assez large délai.
Vers 1702, de La Mothe opère une femme atteinte de déchirure compliquée et accouchée depuis quatre jours. Il fit la suture du rectum, de l'anus et du périnée. La femme guérit si parfaitement qu'elle accoucha plusieurs fois par la suite sans que l’accident se reproduisit.
La même méthode fut reprise plus tard par Verneuil et Maisonneuve, mais l'échec fut complet. La périnéorraphie secondaire précoce tomba dans l'oubli.
Au siècle dernier, grâce aux publications et à la divulgalion faite par Dieffenbach, Langenbeck, Nélaton, Brown, Velpeau, Roux en particulier dans son savant mémoire à l’Académie des Sciences le 6 janvier 1874, la périnéorraphie secondaire précoce commence à entrer dans la pratique. Mais
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les avis sont encore très partagés sur la conduite à tenir, les accidents puerpéraux étant fréquents du fait de l'ignorance complète ‘des bienfaits de l’antisepsie et de l'asepsie. Roux. Velpeau, Wurtzer, Vidal, Petrequin et d’autres veulent attendre pour intervenir la fin complète de la période puerpérale. Par contre, Dieffenbach, Jungmann, Langenbeck, Verhoeghe, Danyau, pensent qu'il est préférable de tenter la réunion immédiate, ou, tout au moins, à une période très rapprochée de l'accouchement. Nélaton est d'avis de ne pas intervenir immédiatement et « qu'il est bon d'attendre six à sept jours, après lesquels la plaie se trouve couverte de bourgeons charnus ». Dans deux cas, il applique sa méthode et obtient deux succès complets.
Au début ‘de ce siècle, Hégar, alarmé par le chiffre imposant des non-réussites des périnéorraphies inimédiates, arrive à contester entièrement la possibilité d'une guérison par première intention d'une suture périnéale. Pour lui, abstention absolue, quitte à pratiquer huit à dix semaines après l'accouchement, si le besoin s’en fait sentir, lopéralion plastique du périnée.
Puis, ce sont les travaux successifs de Tarnier, Budin, Bar, Brindeau, Doléris.
Vers 1928, la suture secondaire précoce est à l’ordre du jour. De tous côtés s'élèvent des voix qui cherchent à lui assurer de nouveau une place marquante dans l'art obstétrical. Un des premiers promulgateurs modernes de la suture précoce est, sans contredit, Rudolfson, qui, dans un travail ‘documenté, montre les grands avantage de cette intervention. Brandes, s'appuyant sur l'expérience de son maître Rudolfson, étend ce mode de traitement aux déchirures du troisième degré et obtient un succès complet. Pulvermacher confirme ces résultats par la publication de plusieurs cas opérés par lui avec les mêmes méthodes. En France, ce sont les publications successives ide J. Vanverts, de Job, de Bec (d'Avignon), de Lejars, Pozzi, et surtout de G. Muller, qui mettent au point la question de la périnéorraphie secondaire
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précoce. Déjà, en 1921, à Bordeaux, le Docteur Balard, agissant en précurseur, fournit un travail sincère et documenté et permet à Chapert de publier dans sa thèse, en 1928, neuf cas intéressants.
En 1932, Juan B. Gonzalez, de Buenos-Aires, publie une étude très intéressante sur sa méthode et précise l’opportunité de l'intervention ainsi que le moment opératoire.