DE LA PÉRINÉORRHAPHIE IMMÉDIATE
§ I. — OPPORTUNITÉ DE l'iNTERVENTION IMMÉDIATE DANS LES DÉCHIRURES DU PÉRINÉE.
Si l'inefficacité ou le manque de soins de l'accoucheur est cause d'une rupture périnéale, doit-il intervenir immédiatement afin d'éviter à la nouvelle accouchée une intervention chirurgicale tardive et tous les tourments qu'elle éprouvera jusqu'à l'opération, ou bien doit-il s'abstenir?
Faut-il, comme le conseillent Dieffenback, Demarquay, Scanzoni, Backer-Brown , opérer immédiatement, ou suivre la pratique de Roux, de Velpeau, c'est-à-dire s'en remettre aux efforts réparateurs de la nature?
Autrefois on se contentait du décubitus dorsal, les cuisses maintenues rapprochées, et l'on signalait des cas de guérison, même de ruptures complètes ' ! Nous nous représentons difficilement comment une déchirure un peu sérieuse puisse se réparer seule, alors que les muscles de la région déterminent et maintiennent l'écartement des lèvres de la plaie. Certes, la cicatrisation se produira, mais on n'aura qu'une cicatrisation isolée de chacune des lèvres de la déchirure.
Toutes les déchirures du périnée, qu'elles soiejît complètes ou incomplètes, doivent être restaurées immédiatement après l'accouchement.
' HuGuiER, Bull, de la Soc. de Chirurgie, 1849.
Les anciens conseillaient l'expectation parce qu'ils craignaient la pyohémie, la fièvre puerpérale ; mais de nos jours semblables affections ne sont plus à craindre pour l'accoucheur consciencieux, étant donnée l'innocuité des écoulements vaginaux et utérins après l'accouchement soigné antiseptiquement '.
Quelles sont donc les raisons qui éloignaient, qui éloignent encore aujourd'hui certains praticiens de l'intervention immédiate ?
Les objections opposées à cette pratique sont :