III. — QUELQUES SOINS OPÉRATOIRES
Soins préparatoires. — L'opération sera remise pendant l'époque menstruelle et si la femme se trouve dans un état de grossesse avancé.
Les ruptures périnéales anciennes s'accompagnent souvent de prolapsus utérin, .de rectocèle, de cystocèle. La périnéorrhaphie a pour effet, souvent pour but, de guérir ces affections. Il peut cependant être utile de songer à leur traitement préalable.
On pratiquera dans ces cas, immédiatement avant la périnéorrhaphie, la colporrhaphie antérieure ou postérieure.
S'il existe de la métrite avec ulcération du col, écoulement leucorrhéique abondant, on devra faire disparaître ces affections avant d'entamer la périnéorrhaphie. A cet effet, et toujours immédiatement avant l'opération, on procédera à la dilatation du col, suivie du grattage intra-utérin avec les précautions antiseptiques prescrites. On placera ensuite au devant du col des tampons de gaze iodoformée destinés à absorber les liquides d'écoulement. Ces tampons seront renouvelés avec les pansements. On pourra également, suivant les cas, être appelé à pratiquer l'amputation ou l'excision du col.
L'érythème, les excoriations de la vulve, les complications du côté du tube digestif (diarrhée, constipation, rectite), le mauvais état général, devront être combattus avant de songer à la restauration périnéale.
Sohis consécutifs. — La malade rapportée dans le lit, ne doit pas y être astreinte à une immobilité absolue; elle peut, sans aucun inconvénient, remuer les jambes, changer de position. Pendant les trois premiers jours après l'opération, on sondera la malade deux à trois fois par jour. Inutile d'insister sur les précautions à prendre pour ne pas souiller le champ opératoire. Après ce laps de temps, la patiente pourra uriner seule.
Avec la méthode de Voss-Tait, la constipation forcée, que l'on prescrit dans tous les procédés, est inutile. On cherchera même à entretenir la liberté du ventre au moyen de lavements ou de purgatifs légers. Cet avantage de la méthode sur les autres procédés doit être pris en considération, car on évite la grosse difficulté qui surgit avec les procédés par
avivement, lors de la première selle : les matières, accumulées dans l'intestin, se sont agglomérées de manière à former un bol fécal dur, et pour ainsi dire imperméable; au moment où il franchira l'anus, on aura de grandes chances pour qu'il fasse éclater la suture.
On renouvellera le pansement avec les précautions voulues après chaque garde-robe.
Enfin, les fils seront enlevés à l'époque indiquée plus haut.
Nous nous permettrons d'appuyer encore tout spécialement sur la nécessité d'une antisepsie rigoureuse. C'est en grande partie à elle que Sànger, Von Wieniwarter et d'autres doivent leurs succès. Nous disons en grande partie : il est clair, en effet, que la réussite d'une opération ne repose pas uniquement sur l'antisepsie. L'autre facteur important réside dans l'exécution exacte des quelques règles opératoires données plus haut. Inutile de chercher à compliquer ce manuel opératoire, inutile d'essayer par d'autres moyens, difficilement plus simples, à arriver aux mêmes résultats. Que l'on suive exactement la marche indiquée, les déboires, signalés par Rokitansky, resteront lettre morte et des succès nouveaux viendront s'ajouter à la liste des résultats déjà obtenus.