‹ Contribution à l'Étude de la Péritonite CancéreuseChapitre 32 sur 38 · AUS · texte numérisé non relu

AUS

Dhaérvation XLIT. — Duranp-ForpeL (Arch. méd., 1840, t. IL, p. 168). — Tumeur squirrheuse de la vésicule bilinipe et du gros intestin.

G..., âgée de 95 ans. Douleur, amaïgrissement, anorexie, vomissements, délire, agitation, tumeur à l’épigastre.

: Autopsie. — Le côlon transverse est adhérent au foie et à la vésicule biliaire. La muqueuse du côlon est intacte. Lies parois de l'intestin grêle sont converties en tissu squirrheux vers le milieu de l'iléon. L’estomac présente un assez grand nombre de plaques

* squirrheuses. (L'auteur ne fait malheureusement aucune mention pour l'existence d’une ascite).

Observation XLIIT. — Corrixer (Bull. Soc. anat., 1892, p. 58x). * Epithélioma de la vésicule biliaire.

RES R. V..., âgée de 54 ans, entre à l'hôpital, se plaignant de douleurs abdominales et accusant une grosseur au creux de l’estomac.

-À 47 ans, apparition d'une saillie à l’épigastre du côté droit à la limite de la région ombilicale et du flanc droit, laquelle acquiert assez rapidement le volume d'un œuf de poule. Deux mois après appétit inégal et début des douleurs épigastriques. À 48 ans, quelques sites sanglantes et céssation des règles.

État à l'entrée : pas d'œdème des jambes; pas de teint spécial à la face; facies un peu amaigri. Abdomen non ballonné, pas d’ascite ; veines sous-cutanées développées surtout à droite. A l’épigastre, dans sa partie droite, on sent une tumeur qui fait corps avec le

| foie; sa surface est finement mamelonnée, sa consistance ligneuse ; son bord antérieur, un peu bosselé, atteint l'ombilic. Pas de spléno-mégalie. Signes de bronchite et d'emphysème avec une légère ou ils disparaissent quatre jours après.

1e" juin, Frisson, douleurs épigastriques et vertige: sueur abondante, température : 38°4.

: Le 4. Nouvelle hausse de la température : m 380, s. 3802: pas de frisson, abdomen un peu météorisé; pas de trace d'asite.

Le 6. Nouvéau frisson accompagné des mêmes symptômes que le premier; t. 382.

Le 5. Quinine; t. 38°6. Les jours suivants l'abdomen continue à augmenter de volume, mais on n’y constate pas d’ascite.

Le 11.7. s. 386. Le ventre est douloureux à la pression, surtout

Aslanian, — 8,

au niveau du foie. Ascite, coloration gris jaunâtre des matières. Courbature. Douleurs lancinantes dans la fosse iliaque droite et irradiations à l'épigastre. Insomnie. Urine verdâtre, sans albumine ni sucre. | :

Le 12. Ictère des conjonctives; léger sub-ictère de la peau, haleine fétide. Langue blanche pâteuse. Toujours les mêmes douleurs. Matières grises, Tim: 37°6, :s.38°2.

Le 13. Le niveau de l’ascite atteint deux doigts au-dessous de l’'ombilic. T. m. 3704, s. 39°2.

Le 15. Ictère vrai. Météorisme sus-ombilical.

Le ar, Toujours les mêmes douleurs. Un peu d’assoupissement; le liquide ascitique dépasse l'ombilic. RUE le 16, la température dépasse 38°.

Le 22, Prostration et somnolence. Langue sèche.

Le 23. Vomissements marc de café (on n’y trouve pas de globules sanguins). Fèces décolorées.

Le 24. Décès dans le coma. Depuis le 20 juin, la température n'atteignait pas 38 et est descendue seulement deux fois à 3608.

Autopsie. — 10 litres de liquide ascitique brun jaunâtre un peu - ‘louche. Le mésentère est couvert de plaques cancéreuses blanc-grisâtre. Sur l'intestin grêle elles sont rares, mais sur le péritoine diaphragmatique, confluente. La vésicule biliaire contient un peu de liquide jaune-grisâtre et un calcul volumineux. Sa portion supérieure est adhérente à son lit et présente sur sa face interne des plaques isolées. Le canal cholédoque, envahi par le cancer, est oblitéré. Le foie présente à sa surface des plaques et des nodules cancéreux ; à la coupe le lobe droit est presque complètement cancéreux, l’un des noyaux très volumineux occupe la partie antérieure du lobe droit et correspond à la vésicule biliaire. Le lobe gauche paraît atteint seulement de cirrhose.

Les ganglions du hile sont cancéreux. Les ganglions lombaires le sont aussi, maïs ils ne compriment pas la veine cave. La capsule splénique est épaissie et d’une. consistance cartilagineuse. Les ovairessont bosselés st de consistance ferme. L'examen histologique a confirmé la nature épithéliale des plaques péritonéales absolument comparables aux lésions de la vésicule biliaire et du foie.

Observation XLIV. — PERSONNELLE (inédite). Cancer de la vésicule biliaire. Péritonite cancéreuse.

R. M..., âgée de 59 ans, ménagère. Entre à l'hôpital le 13 janvier 1894. Aucune maladie grave, pas d’alcoolisme, ni de syphilis dans ses antécédents. Trois mois avant son entrée à l'hôpital elle commence à se sentir faible, perdre l'appétit et avoir des nausées et des douleurs épigastriques après l’ingestion des aliments. Jamaïs de vomissements. Les douleurs n'ont jamais été fortes. Un ictère apparaît vers le commencement du mois de janvier.

État de la malade à son entrée : anorexie, vomiturition après l’ingestion des aliments, pyrosis , soif ardente, surtout la nuit. Douleur vague dans l’épigastre et dans l’hypochondre droit. Ictère d'un vert sombre. Insommie. Emaciation considérable ; faiblesse extrême. Taches pétéchiales sur la cuisse droite. Œdème des membres inférieurs, marqué surtout sur les faces latérales. Ventre

ballonné. (Edème pariétal sur les parties déclives. La paroi abdominale paraît couvrir une tumeur bosselée. La percussion donne de la matité à l’épigastre jusqu’à quatre travers de doigts au-dessus de l’ombilic. II y a un épanchement ascitique d’une quantité moyenne. Par la palpation on constate à l’épigastre une surface

dure, losangique, faisant corps profondément avec une masse irrégulière et bosselée qui se dirige vers le flanc droit au-dessus du bord inférieur du foie et s'étend, par en bas, jusqu’au niveau ombilical. On constate une petite nodosité pariétale dans le flanc gauche et un petit grain dans le creux sus-sternal. Pas de ganglions dégénérés accessibles. Les limites de la matité hépatique sont remontées. Léger épanchement intra-pleural à gauche. Rien d’anormal au cœur.

La température, prise seulement trois jours avant la mort, a oscillé toujours entre 35° et 36°. Mort dans le marasme (le 16 mars).

Autopsie, — Le péritoine contient une dizaine de litres de liquide clair orangeâtre. La tête du pancréas, le duodénum, le côlon transverse, la vésicule biliaire et le foie, fusionnés par des adhérences cancéreuses forment la tumeur épigastrique, la masse cancéreuse est dure et crie- sous le scalpel. Les parois des canaux cholédoque et cystique sont dégénérées; celles de la vésicule le sont aussi sur une grande étendue ; le parenchyme hépatique environnant est envahi sur une couche épaisse ; le foie contient en outre de nombreux noyaux secondaires. La queue du pancréas est saine, Les

canaux cystiques et cholédoque paraissent obstrués ; la vésicule contient quelques calculs. Sur l'intestin grêle on trouve quelques noyaux gros comme des lentilles ; sur l'S iliaque ils sont plus nombreux et plus volumineux. La rate, les reins, noie et les ovaires sont sains: | Le péritoine pariétal est parsemé de noyaux HE dans le flanc droit en avant du rein et dans le flanc gauche où le grand :épiploon et le côlon descendant sont fixés à la paroi abdominale “par des adhérences énvahies par le cancer. Dans le cul-de-sac de. Douglas les néo-formations revêtent la forme de plaques; sur la face inférieure du diaphragme elles forment de petits grains de la dimension d’une tête d’épingle. La plèvre gauche contient près de deux litres de sérosité rouge noirâtre. Des noyaux cancéreux gros come des têtes d’épingle, sont disséminés sur la plèvre pariétale et sur la surface pulmonaire. Le lobe supérieur du poumon gauche “contient de nombreux noyaux cancéreux jaunâtres; au sommet du poumon droit ils sont moins nombreux. Le cœur est sain. Ex. hist. : Squirrhe. Les conjonctives sont épaisses; les alvéo-

les sont petits et occupés par des cellules polymorphés. La coupe d'un noyau secondaire de l'intestin grêle montre la même structure ‘alvéolaire. La muqueuse est encore intacte; le tissu néoplasique ‘n’a envahi que les tuniques séreuse et musculaire. L'étendue des lésions diminue de la surface péritonéale vers la cellulose. On ne voit aucune trace de lymphangite cancéreuse autour du noyau secondaire.

Observation XLV, — Méricame. (Th. de GHCUON* Des vésicules séminales, 18892).

O..., âgé de 50 ans. Début. par amaigrissement, anorexie, ictère; douleurs dans le ventre et dans les hypochondres ; noyaux durs ei volumineux qu'on localiserait dans le grand épiploon. Ascite, diarrhée, œædème des membres inférieurs. Mort,

Autupsie. — 8 litres de liquide ascitique, de couleur chocolat. Noÿaux blanchâtres sur la périphérie du foie; le hile hépatique est pris ‘en bloc, une masse cancéreuse l’occupe ; le col de la vésicule biliaire est induré sur une petite étendue. Sur le feuillet pariétal on trouve quelques plaques blanchâtres discrètes, Le grand épiploon est transformé en une masse bosselée et dure à grand axe transversal appendue au côlon transverse ; le mésentère est irrégulier,

AT

induré, épaissi et ratatiné ; il en est de même du méso-cœcurm, du méso-côlon et du méso-rectum. Le hile de la rate est aussi envahi ct on ne trouve plus l’épiploon gastro-splénique que présenté paï une masse dure où la queue du pancréas n’a pas pu échappe: à la dégénérescence. La vessie,la prostate et la vésicule séminale droite sont intactes, mais la vésicule séminale gauche est dégénérée. Elle a plus de 8 centimètres de longueur, son épaisseur à la base est de 2 centimètres 1/2, elle est bosselée et remarquablement dure; point de cavité à la coupe, elle est constituée par un tissu serré jaunâtre, comme squirrheux, et de même nature que celui qui constitue les autres masses néoplasiques. Les tissus qui. entourent la vésicule . sont intacts et on l’isole avec certaine facilité ; mais le cul-de-sac . recto-vésical est occupé par une plaque dure, distincte cependant de la partie supérieure de la vésicule dégénérée. PAR secondaires : dans le poumon gauche.

Réflexion de Guelliot: « Nous croyons, comme M. Méricamp, : que la vésicule est le point de départ de tous les désordres signalés. Ce qui domine c’est l’infiltration du péritoine, principalement dans les points où les ganglions sont nombreux, c’est à peine si le col de la vésicule biliaire et la queue du pancréas sont touchés par la : dégénérescence. Au contraire, la vésicule séminale est complètement transformée en tissu carcinomateux . et les ‘lésions y semblent accentuées.

. Nous sommes loin de partager l'opinion de FRE et de : Guslios D’après l’évolution clinique de la maladie et les constatations de l’autopsie, il ressort assez clairement que le point de départ des lésions se trouve au niveau du col de la vésicule biliaire. Un des symptômes du début a été l'ictère, tandis que du eôté de l'appareil de la miction on n'a constaté aucun trouble. Les lésions : sont beaucoup plus accentuées dans la zone épigastrique que dans la cavité pelvienre. Le noyau cancéreux constaté au niveau de la vésicule séminale gauche paraît avoir les caractères d’un noyau secondaire ; il ne contient point de cavité ; les tissus et les organes qui FPentourent sont intacts et on l'isole facilement, une plaque ecancéreuse occupant le cul-de-sac recto-vésical en est indépendante.

E. — Péritonite cancéreuse d'origine pancréatique.

Observation XLVI. — Borp et Pic (Rev. méd., 1888). — Cancer de la tête du pancréas.

D. J.., âgée de 58 ans, entrée à l'hôpital Le 22 janvier 1885. Deux mois avant, à la suite d’une indigestion, elle a vomi pendant deux jours; le lendemain apparaissait un ictère vitreux, Jamais de coliques hépatiques ; diminution des forces et alitement depuis 6 semaines. Etat à l’entrée : ictère très intense, urine ictérique et albumineuse: pas de sucre ; matières décolorées ; langue saburrale. La matité hépatique est augmentée ; vers le 1/3 interne du bord inférieur on sent une tumeur lisse, grosse comme une orange et indolente à la pression: Pas d'ascite, Amaigrissement, perte des forces.

Le 14 mars: Sans que la malade se plaigne, la température rectale a atteint hier soir 3908. Ictère plus prononcé; affaiblissement graduel.

Le 21. Un peu d'ascite. La tumeur n’a subi aucun changement.

Le re" avril. La température, qui avait oscillé de 3° 5 à 3805, est tombée depuis trois jours au-dessous de la normale. Le ventre a augmenté de volume.

Le 2. Anurie depuis hier; prostration de plus en plus marquée. L’ascite rend la tumeur moins nette.

. Le 3. Toujours de l’anurie; mouvements convulsifs. : Le 5. La température continue à baisser; l’ascite augmente: ÉRISSIOn involontaire d’un peu d'urine.

. Le 6. Décès.

: Relevé de la température da 13 mars au 6 avril 1885. — 13 mars, s. 3908; — 14, m. 3706; s. 3805; — 15, 371; 3808; — 16, 3704; 385; — 17, 37; 380; — 18, 3704; 3805; — 19,375; 3802; — 20, 370; 38°6; — 21, 3705; 3809; — 22, 37°2; 3006; — 23, 376: 386; — 24, 3708; 3808; — 925, 37°; 3803; — 926,3704, 3805; —

‘27, se3: 3803; — 928, 3705; 3706; — 29, 4o°; 3902; — 30, 3605; 3405; — 31, 3502; 3599; — 1° avril, 3508; 3507; — 9, 3404; 3504; — 3, 3404; 3403; — 4, 339; 331; — 5, 3206; 3206.

Autopsie. — Cinq litres de liquide ascitique citrin; petites

granulations cancéreuses sur le mésentère et sur l'intestin grêle.

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