‹ Contribution à l'étude de la perméabilité cellulaire: La pénétration des acides organiques dans les cellules de quelques champignons inférieursChapitre 10 sur 82 · III. —— Etudes sur les bactéries · texte numérisé non relu

III. —— Etudes sur les bactéries

Les bactéries sont des organismes très sensibles aux ions H, ce qui réduit beaucoup le champ d’investigation. C’est pourquoi on ne trouve guère dans la littérature que des travaux sur la toxicité des acides.

En 1897, Pauz et KRGNIG constatent avec Bacillus anthracis et Staphylococcus aureus une parenté entre l’action des acides et la quantité d'ions H libres. Ils attribuent les nombreuses exceptions qu'ils rencontrent à une toxicité particulière de l’anion.

Mais Winsrow et LOCHRIDGE (1906) montrent avec le bacille typhique et le coli-bacille, que si pour les acides minéraux l’action est due aux ions H, il n’en est plus de même pour les acides organiques, pour lesquels il faut faire intervenir une toxicité particulière des molécules non dissociées.

Paur, BIRSTEIN et REUSS (1910) émettent la même opinion, et pour eux l’anion aurait plutôt une action favorisante.

Travaux postérieurs à 1915

Norton et Hsu (1916) trouvent dans l’action de l’acide formique sur le bacille typhique, un pouvoir antiseptique proportionnel à la concentration en ions H et en anions. Ils emploient, il est vrai, des solutions qu’ils appellent « isohydriques », dont ils calculent toutes les données sans les baser sur l’expérimentation ; et dans ces conditions, il n’est pas invraisemblable de penser que quelques erreurs aient pu se glisser dans leurs calculs. Quoi qu’il en soit, ils constatent qu’en ajoutant à une solution d’acide formique une solution isohydrique de formiate d’ammoniaque, alors que d’après leurs calculs la quantité d’ions H ne varie pas, ni celle des molécules non dissociées, l’action antiseptique est notablement accrue, fait qu’on doit rapporter à l’augmentation de la quantité d’anions.

WoLr et Harris (1917) voient avec Bacillus perfringens et Bacillus sporogenes, une action proportionnelle au pH ; ils notent, cependant, une certaine influence des anions et des molécules non dissociées.

Wierx (1918) confirme cette opinion avec le Coli-bacille.

Van Dam (1918) recherche l’action de l’acide ijactique sur la fermentation du lait par le bacille lactique. [1 note d’abord que le lactate est sans action. Mais en ajoutant des quantités croissantes de lactate au lait en expérience, il constate que la fermentation s'arrête à des pH de plus en plus élevés, ce qui exclut l'hypothèse d’une action

spécifique des ions H. Ces pH sont tels qu’ils déterminent à la fin de l’expérience une concentration en molécules non dissociées d’acide lactique identique dans tous les cas, attestant une action prédominante de celles-ci.

COHEN et CLARK (1919) signalent que l’acide acétique est un antiseptique plus puissant que HCI.

AUBEL (1920) étudie le pouvoir stérilisant des acides sur le bacille pyocyanique ; il note qu'il n’y a pas d’action prépondérante des cathions, et que la nature de l’acide joue un rôle important.

En 1921, TRAUBE et SoMocy1 signalent que l’acide caprylique. bien que peu dissocié, tue plus facilement que HCI et SO.H, le Staphylocoque et le Coli-bacille.

Hizz (1929) étudie la pénétration des sels ammoniacaux dans les bactéries lumineuses et conclut à la pénétration des molécules entières de l’acide et de l’ammoniaque.

Enfin, en 1932, Bac publie une étude sur l’action antiseptique des acides gras et de l’acide lactique sur un grand nombre de hactéries. Il attire d’abord l'attention sur le fait que, s’il est exact que l’addition de son sel à un acide en diminue la dissociation, une augmentation de la concentration globale peut masquer cette diminution ; ce fait est très important et, faute d’en tenir compte, nombre d'auteurs ont été conduits à des erreurs d'interprétation.

Avec l’acide lactique, il obtient l’arrêt de la croissance pour des quantités constantes d’acide à l’état moléculaire. L'étude est cependant gênée pour les solutions les plus diluées, par la résistance faible des bactéries aux ions H. Avec l’acide formique, le phénomène est le même aux faibles concentrations, mais pour de fortes teneurs en acide, il y aurait lieu de faire intervenir une certaine toxicité de l’ion formiate. Avec les acides acétique, propionique et butyrique, par contre. l’action s’expliquerait de façon satisfaisante sans faire intervenir les anions.

L'auteur note également les différences énormes de résistance de: diverses espèces à un même acide.

Page 1