IV. — Etudes sur les champignons
L'étude sur les Champignons est plus aisée, parce que ce sont des organismes relativement peu sensibles aux ions H. puisqu'ils ne se développent bien, pour la plupart. que dans les milieux acides des espèces comme l’Aspergillus niger ou l’Aspergillus repens se développent encore à pH 1,4.
Mais, comme pour les bactéries, les recherches ont porté sur la
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toxicité des acides, qui offrait, outre l'intérêt théorique, un intérêt pratique pour leur emploi comme antiseptiques.
La grande résistance des spores aux acides est signalée déjà en 1398 par STEVENS qui cultive 6 espèces en goutte pendante,
CLARK (1899) le signale également. Mais, dans son travail, on trouve de plus un des premiers essais sérieux de calcul des parties non dissociées des acides, auxquelles il attribue la toxicité ; il manque, malheureusement, de précision dans l'exposé de ses conditions d'expériences.
BraL (1902) ne voit, au contraire, que l’influence des ions H.
HENNEBERG (1906) constate une toxicité très grande de l’acide formique, mais il ne précise pas ses conditions d’expériences.
A. LE RENARD (1909) voit dans l’action des acides organiques sur le Mucor mucedo une influence autre que celles des ions H. De même REICHEL (1911) signale que l’acide acétique est plus toxique que HCI pour le Penicillium glaucum.
KiEsEr, (1913) étudie l’action de divers acides sur l’Aspergillus niger, cultivé sur milieu de RAULIN. Il note que leur toxicité ne correspond pas à leur activité chimique ; les acides gras, quoique peu dissociés, sont très actifs. Mais son travail manque de netteté, du fait que le milieu de culture renfermait déjà de l’acide tartrique.
Hacczunp (1914) confirme l'opinion de BraAL d’une toxicité due uniquement aux ions H.
Travaux postérieurs à 1915
EuLER et HEINTZE (1919), après JOHANNESSOHN (1912), constatent que les acides faiblement dissociés sont très actifs sur les levures.
SOMOGY1I (1921) arrive, à la suite de ses recherches sur la fermentation, à des conclusions identiques : les acides organiques de la série acétique sont plus actifs pour inhiber la fermentation que les acides minéraux.
THiez et WeEis (1920) étudient la germination des téleutospores de Puccinia graminis, et remarquent que l’acide acétique possède un effet stimulant prononcé que l’on ne peut rapporter aux ions H.
WATERMAN (1924) cultive Penicillium glaucum sur un milieu contenant l’acide organique comme seule source de carbone. Il conclut à l’effet dominant des ions H, mais il calcule leur nombre au lieu d’en faire la mesure directe, sans tenir compte de l'effet tampon des autres constituants du milieu.
HAGGLUND et AUGUSTSON (1925) constatent au contraire une grande toxicité de l’acide acétique libre sur les Levures.
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Dunx (1926) cultive Sclerotinia cinerea en présence de plusieurs acides et de leurs sels de sodium. Alors que pour les acides minéraux l’ion H est le seul facteur de toxicité, il faut pour les acides organiques, faire intervenir la molécule entière ; cependant l’anion butyrique pourrait être toxique.
KATAGIRI, la même année, montre que les acides formique et acétique agissent sur la fermentation de telle sorte qu’elle augmente, à pH constant, quand la concentration en acide libre diminue, et qu’à concentration égale en acide libre la fermentation est indépendante de la concentration totale de l’acide ; ce qui ne peut s'expliquer qu’en faisant intervenir une influence prépondérante des molécules non dissociées.
Enfin, je rappellerai ici les travaux de BACH et de SAKAMURA, dont j'ai parlé plus haut et qui ont servi de base à mes recherches.
Cet historique, qui n’a pas la prétention d’être complet, témoigne cependant de l’importance de la question, par le nombre des auteurs qui se sont occupés, de façon plus ou moins directe, de la pénétration des acides organiques dans les cellules d'organismes les plus variés.
Les conclusions, souvent contradictoires, montrent que le phénomène est complexe et son analyse difhcile.
Une chose frappe cependant qui a été signalée par un grand nombre d’auteurs, c’est la différence énorme de sensibilité de divers organismes, même très voisins. ?
Les méthodes employées ne permettaient pas toujours une bonne interprétation des faits. L'emploi de sujets très sensibles aux ions K. par exemple, rend difficile l’appréciation de la toxicité dans les diffé rents cas. Mais surtout, l'intégrité de la cellule n’était pas toujours prouvée de façon absolue : fait très important car la perméabilité est différente chez les cellules vivantes et chez les cellules mortes où la menbrane perd, entre autres, son hémi-perméabilité.
L'étude de la consommation des acides est, à ce point de vue, la méthode de choix, puisqu'elle permet de contrôler l'intégrité de la cellule par sa manifestation essentielle.