Etudes sur les plantes supérieures
Après KAHLENBERG et TRUE (loc. cit.), HEALD, la même année, étend l'étude de la toxicité à diverses plantes : Pisum sativum, Zea mays, et Curbita pepo, sur lesquelles il fait agir une série d'acides
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minéraux et l’acide acétique. Tout en constatant la grande activité de l'acide acétique, il s’attache surtout à montrer la sensibilité très variable de ces différentes plantes.
KAHLENBERG et AUSTIN (1900) notent comme leurs prédécesseurs que l’action des acides organiques ne peut s'expliquer en ne tenant compte que des ions H. La même année, TRUE reprend les études sur les radicules de Lupin, en employant des solutions diluées d’acides variés. Il aboutit aux mêmes résultats que quelques années auparavant : avec les acides minéraux, l'effet est dû aux ions H ; avec les acides organiques, la molécule non dissociée joue un rôle important ; les anions en général sont relativement peu toxiques.
La toxicité de la molécule non dissociée est signalée également par FisHEr (1907) qui observe que les acides gras sont toxiques pour les graines aquatiques en germination à une concentration où les acides minéraux sont favorables ; elle est signalée également par RüFz DE Lavison (1911).
HARVEY (1911) remarque que les cellules des plantes ne possèdent pas de pigments assez sensibles aux acides et en détermine la perméabilité à l’aide d’un artificiel : il les colore avec un colorant vital, le rouge neutre, et note le virage du colorant qui témoigne de la pénétration de l’acide. Mais il emploie des solutions d’acides à la même normalité (O,OI N), sans tenir compte de leur degré différent de dissociation. Il obtient les mêmes résultats qu'avec le filament gonidien de Stichopus ananus, résultats confirmés par (CROZIER avec Chromodoris : les acides minéraux pénètrent plus vite que les acides organiques.
Ces résultats sont entachés d’une erreur supplémentaire, du fait que le rouge neutre vire mal aux acides, et, qu’au moment du virage, J'intégrité de la cellule n’est pas sûrement conservée.
Travaux postérieurs à 1915
Haas (1916) utilise des cellules pigmentées naturellement : les pétales de Bégonia et la racine de Chou rouge. I] attire l'attention sur le fait que l’ordre de pénétration n’est pas le même si l’on considère des solutions de même normalité ou au contraire de même pH. Dans le premier cas, on retrouve les résultats de HARVEY et de CROZIER ; dans le second cas, l’acide acétique qui pénétrait le moins vite, passe en tête de la série.
CompEL (1925) étudie la plasmolyse des cellules d'Ulva lactuca. Il conclut que pour les acides minéraux la pénétration dépend de la concentration en ions H, et que les acides organiques pénètrent beaucoup plus vite que les acides minéraux.
À côté de ces travaux, se placent les belles recherches de l’école américaine.
Dans un premier travail, étudiant la pénétration de H,S dans une algue, Valonia, OSTERHOUT (1926) constate que la courbe de pénétration suit de très près la courbe de dissociation de cet acide.
L’année suivante, avec DoRCAS, il montre que la pénétration de CO; se fait d’une façon analogue, et qu’on doit la rapporter presque exclusivement aux molécules non dissociées.
En 1930, il établit avec JACQUES que cette pénétration en fonction du temps est représentée par une courbe du premier ordre, de la
a ; forme K — log. Il montre en outre que dans des solutions t a-x
de pH 6 et 7, avec des quantités égales dans les deux cas de molécules entières de CO, la pénétration est la même, aux erreurs d’expériences près, établissant ainsi qu’elle se fait seulement sous la forme de CO: non dissocié et non d’ions CO:H- ou CO;—, puisque dans ces expériences la quantité d’ions a pu être changée très largement sans changer le taux de pénétration.
BRiNLEY (1927), en étudiant l’action de HCN sur les cellules des feuilles d'Elodea et les poils de la racine de ZLimnobium Sinclari, aboutit à des conclusions analogues : l’action toxique de cet acide est étroitement proportionnelle à la quantité de ses molécules non ionisées.
IRWIN, la même année, étudie l’action de tampons acétate sur la pénétration du bleu crésyl dans le protoplasme de l’algue Nitella. Il constate que leur action ne peut s'expliquer qu’en admettant, soit une action spécifique sur le protoplasme, soit une pénétration à l’état de molécules entières qui se dissocient à l’intérieur du protoplasme.
BouiLLENNE (1930) recherche le mode de pénétration des sels ammoniacaux de divers acides dans les cellules de Tradescantia virginica et d’Allium cepa. Il constate que les électrolytes pénètrent dans la cellule, bien que très lentement, ce qui contredit l'hypothèse formulée par OSTERHOUT que seules les molécules entières sont capables de traverser la membrane. D'autre part, tous les sels d’acides organiques employés : formiate, acétate, propionate, butyrate et valérianate, pénètrent en solutions neutres à une vitesse proportionnelle au poids moléculaire de l’acide.
Enfin, en 1931, R. CoLLANDER O. TURPEIMEN et E. FABRITIUS montrent que dans les cellules de Rhæo discolor, l’acétate d’ammoniaque pénètre à l’état d’ammoniaque et d’acide acétique, tous deux sous la forme moléculaire.