I. — Les organismes étudiés
Les espèces que j’ai utilisées pour ce travail proviennent de la Mycothèque de la Faculté de Pharmacie de Paris.
Ce sont : l’Aspergillus niger (Van Tieghem),
l’Aspergillus repens (De Barry), le Penicillium glaucum (Link) et le Cunninghamella echinulata (Thaxter).
Le choix de ces espèces est la résultante de deux idées directricess:
Réunir des espèces dont les affinités physiologiques soient entre elles les plus différentes possible, mais qui soient, cependant, susceptibles de fournir sur des milieux appropriés, des voiles solides et bien formés, condition nécessaire à la bonne marche de mes expériences.
Aspergillus niger.
Isolé par Van TIEGHEM en 1867, il a été l’objet de tant de travaux que je me dispenserai ici d’en donner une description détaillée.
Organisme particulièrement résistant aux ions H, il donne sur milieux sucrés une culture qui débute au bout de 24 heures sous forme d’un voile blanc qui se couvre bientôt de conidies noires envahissant rapidement toute la surface du mycélium.
Les conidiophores, dressés au-dessus des hyphes végétatives. mesurent de 0,02 à 0,04 mm. ; ils sont terminés par une ampoule qui porte des stérignrates primaires suivis de stérigmates secondaires terminés par de longues chaïînettes de conidies de 5 environ, recouvertes d’une substance cireuse qui rend difhcile leur émulsion.
Dans les milieux voisins de la neutralité il sécrète un pigment de couleur brune.
Il pousse dans des conditions très larges de température ; sa température optima est de 30°.
20) = Aspersgillus repens.
DE BaRY a, le premier, disting 16 dans les Aspergillus verts deux espèces, glaucus et repens, qui se différencient par les dimensions des ascospores, celles-ci étant plus grande pour glaucus que pour repens.
Les périthèces sont de couleur jaune et atteignent 100 de diamètre. Les conidies sont lisses ou verruqueuses, de dimensions assez variables. Les conidiophores sont également variables.
Ce champignon donne sur un milieu sucré une culture débutant le deuxième jour sous forme d’ilots qui se réunissent en un voile blanc compact qui passe au jaune d’or vers le sixième jour. Le pigment jaune n’est pas uniquement localisé sur les périthèces, mais également sur les hyphes mycéliennes Le mycélium se couvre ensuite de conidies vertes qui lui donnent un aspect moucheté. Le milieu de culture est coloré par un pigment jaune fluorescent qui vire au brun lorsque le pH du milieu de culture est voisin de la neutralité.
Sa température optima est aux environs de 25°.
Penicillium glaucum.
Cette espèce a été découverte par LINK en 1809, qui a proposé le genre Penicillium pour trois espèces : glaucum, candidum et expensum. Mais en 1824 LANK réunit les Penicillium verts sous la même dénomination de Penicillium glaucum, d’où il est résulté, comme l’a montré THOM, une confusion qui s’est maintenue longtemps.
Ce champignon donne sur milieu sucré des mycéliums denses de teinte jaunâtre à surface grossière et rugueuse, s'étendant lentement et possédant une odeur forte.
L'appareil conidien a la forme d’un pinceau (penicillus) ; il est garni de conidies petites de couleur verte.
Il pousse bien en anaerobie en fournissant en quatre jours des périthèces blancs, sans conidies.
Sa température optima se place aux environs de 22°.
Cunninghamella echinulata.
Ce champignon, appartenant aux Mucorinées, a été étudié pour la première fois par THAXTER en 1903, qui lui attribue provisoirement une place dans le genre Cunninghamella. Les études de MATRUcHOT (1903) ont montré que c'était bien une Mucorinée : il peut,
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en effet, servir d’hôte au Piptocephalis Tieghemiana qui vit en parasite uniquement sur les champignons de ce groupe. BLAKESLEE (1905) l’a confirmé en découvrant les zygospores.
Cette moisissure, blanche, se cultive très bien sur tous les milieux usuels. Elle forme un mycélium rampant portant des rhyzoïdes très ténus. Les conidiophores sont dressés, renflés en tête et munis de conidies. Quelquefois, dans les cultures vigoureuses, la tête renflée au lieu de donner des conidies produit des tubes secondaires qui peuvent se terminer par des têtes ou se ramifier encore.
Les conidies de couleur blanc grisâtre sont nombreuses, spinulées et assez grosses : 18u.
Le mycélium se développe d’abord sous forme de couche mince glaireuse qui s’épaissit et devient sèche. Le développement commence dès le deuxième ou troisième jour et au bout de 6 à 7 jours on obtient un voile épais, cotonneux, de couleur blanc grisâtre.