‹ Contribution à l'étude de la Pharmacie HoméopathiqueChapitre 13 sur 32 · D) EN · texte numérisé non relu

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qu'ils rencontrèrent. On les menaçait de faire fermer leur officine sous prétexte qu'elle ne contenait pas les médicaments du Codex allopathique, on tenta de les poursuivre parce que, dans des flacons de dilutions prélevées chez eux, on ne trouvait pas trace des produits annoncés par l'étiquetage, belladone, mercure ou opium.

Mais les deux frères avaient heureusement de puissants appuis qui leur permirent d'éviter les poursuites et de continuer leur œuvre.

Ils contribuèrent puissamment à la diffusion de l’homéopathie par la sûreté de leurs préparations autant que par leurs travaux personnels. Avec le docteur Jahr, ancien disciple d'Hahnemann, ils publièrent en 1862 une « Nouvelle Pharmacopée homéopathique » qui fit vite autorité ; et aussi, sous leur double signature, un « Agenda Médical homéopathique », exclusivement réservé aux médecins et où l’on trouvait notamment, outre une liste des homéopathes français, d’intéressantes indications sur les préparations hahnemanniennes et sur la manière de les formuler. Leur exemple et leurs travaux facilitèrent, en beaucoup de grandes villes de province, l’ouverture de pharmacies spécialisées.

On doit aussi aux frères Catellan la création de dispensaires où les malades traités par l’homéopathie étaient soignés gratuitement et, souvent aussi, fournis de remèdes sans bourse délier.

Nous ne pouvons songer ici à esquisser un tableau de l’activité des frères Catellan dans toutes les ramifications de leur officine primitive. Transférée rue du Helder, 15, puis plus haut dans la même rue, à la hauteur où allait bientôt s'ouvrir un nouveau tronçon du boulevard Haussmann, leur pharmacie ne tarda pas à avoir plusieurs succursales. Rue de Lille, rue du Bac, boulevard Saint-Martin, rue de Rivoli. Toutes officines qui, après la mort d'Antonin Catellan en 1894 devinrent autant d'individualités distinctes dont plusieurs subsistent encore.

En 1870, ils faisaient deux millions d'exportation, chiffre énorme pour l'époque, avec l'Amérique du Sud.

« Succès mérité, a très justement écrit M. Delpech père,

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car tous ceux qui les ont approchés n’ont pu qu'apprécier leur dévouement absolu à la cause de l'homéopathie, l'intégrité de leur conscience, leur générosité pour tout ce qui touchait à la doctrine nouvelle, le: sentiment très net de leur devoir professionnel et les soins méticuleux qu'ils apportaient à la préparation de leurs médicaments ».

Il n'est pas niable qu'on doit en partie à l’incessant effort des frères Catellan les progrès de l’homéopathie sous le Second Empire. En 1860, on comptait déjà à Paris 6 pharmacies spécialisées et 140 médecins homéopathes (1), sans compter les officines mixtes et les dépôts.

Parmi les pharmacies homéopathiques concurrentes de celles des Catellan, citons l'officine de Weber, 8, rue Neuve-des- Capucines. L'’érudit M. Louis Sergent en a rappelé l’origine en une notice du « Bulletin de la Société d'Histoire de la Pharmacie » (2). En 1835, Weber, d'origine alsacienne, était venu de Strasbourg à Paris fonder une officine qu'il avait eu le tort de dénommer « Pharmacie allemande », après l’arrivée d'Hahnemann à Paris, il en changea la dénomination en celle de « Pharmacie homéopathique ».

Sous le Second Empire, Weber, à son tour, à l'exemple des Catellan, ouvrit une succursale. Sa première officine est restée là où elle fut fondée, dans la rue qui est aujourd’hui la rue des Capucines.

Une autre pharmacie ancienne est celle de Derode (3), rue de Châteaudun, tenue aujourd'hui par M. Louis Sergent.

En province, mentionnons au moins quelques noms choisis parmi ceux de la première moitié du siècle dernier: la phar- -macie Pelletier, à Lyon, qui date de 1835, la pharmacie mixte de Borelly, à Avignon, ouverte trois ans plus tard, et celle de Trichon à Marseille, qui se spécialisa en 1851. Une pharmacie mixte fut fondée à Nîmes en 1845, Bordeaux put, dès 1853, s'approvisionner de remèdes homéopathiques chez Alexandre: Nice, peu aparavant, chez Arnulphy.

(1) Entre autres noms et adresses figurant dans l’Almanach impérial, relevons ceux des docteurs A. Pétroz, 16, rue de la Rochefoucault, J. Ferry, 3, rue Rossini, Cabarrüs, 29, rue Saint-Lazare, A. Chanet, 7, rue de Provence ® Hoffmann, 88bis, rue de la Victoire.

(2) Numéro de septembre 1920.

(3) Derode publia en 1876, en collaborant avec Deffès, un mémoire sur le silphium cynénaïcum, adressé à MM. les membres du Jury de la section de pharmacie à l'exposition internationale’ de Bruxelles.

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