‹ Contribution à l'étude de la Pharmacie HoméopathiqueChapitre 16 sur 32 · V. - LA QUESTION DES DOSES INFINITESIMALES · texte numérisé non relu

V. - LA QUESTION DES DOSES INFINITESIMALES

Nous avons vu que le grand grief de J.-B. Dumas envers l'homéopathie était l'impossibilité d'un contrôle des médicaments. « Quand ils sont arrivés à leur dernière préparation, disait-il, on ne peut plus s'assurer, pour la plupart d'entre eux, qu'ils renferment quoi que ce soit d'actif ».

|| n'est pas douteux qu'aux yeux d’un grand nombre d'adversaires de la thérapeutique hahnemannienne, c'est la dose :infinitésimale qui caractérise celle-ci et non la loi des semblables, qui régit le mode d'action du remède. Aujourd'hui encore, nous le verrons, la question des faibles doses échappant aux vérifications scientifiques, reste le principal argument des allopathes qui reprochent à l’homéopathie de manquer de preuves expérimentales.

Dès le début, au siècle dernier, il y eut sur ce point antagonisme entre les purs hahnemanniens et les éclectiques, comme les docteurs Antoine Pétroz où Tessier qui, loin de voir dans l'œuvre d'Hahnemann une charte intangible, ne s'interdisaient pas de réviser certains points de sa doctrine, notamment au point de vue du haut dilutionnisme (1), ce qui amena Samuel Hahnemann à se prononcer nettement en faveur de Pierre Dufresne et de ce qu'il appelait « l'Ecole de Genève », bien supérieure à ses yeux à celle de Paris qu'il trouvait composée d’ « un grand nombre ce soi-disant homéopathes ».

Les doses infinitésimales étaient pour beaucoup dans ces divergences doctrinales qui persistèrent longtemps jusqu’au Congrès de 1889 où les deux écoles se rapprochèrent.

(1) Le 2 juillet 1866, Curie fils, au cours d’une discussion à la Société médicald homéopathie de France, affirma une fois de plus qu'il doutait de l’action des doses infinitésimales. Divergences de vues qui furent longtemps cause d'une scission entre homéopathes. Les pharmaciens eux-mêmes étaient partagés en deux camps, Catellan se rangeant du côté de Pétroz, d’Arnaud, etc., qui combattaient ce qu'ils appelaient « les excès infinitésimaux », tandis que Weber et Pelletier (de Lyon) se ralliaient à la « Société hahnemannienne de Paris » n'admettant aucune dérogation à la pure doctrine.

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Il s'en faut pourtant que les doses infinitésimales aient été liées tout de suite dans l'esprit d'Hahnemann à l'essentiel de sa doctrine. « Au début de ses expériences, a écrit le docteur Gilbert Charette (1), il ne soupçonnait nullement la nécessité de très petites doses. Il n'y fut amené que pour éviter certaines aggravations passagères auxquelles il est fait allusion dans son Organon.

« Il n'y a presque pas de remède homéopathique, peut-on lire en cet ouvrage, quelque bien choisi qu'il ait été, qui, surtout à dose trop peu atténuée, ne produise, pendant la durée de son action des incommodités légères, ou quelque petit symptôme nouveau, chez des malades fort irritables et très sensibles. || est presque impossible, en effet, que les symptômes du médicament couvrent aussi exactement ceux de la maladie qu'un triangle peut le faire à l'égard C’un autre qui a des angles et des côtés égaux aux siens. Mais cette anomalie, insignifiante dans un cas favorable, est effacée sans peine par propre de l'organisme Vivant et le malade ne s'en aperçoit même pas, à moins qu'il ne soit d’une délicatesse excessive. Le rétablissement de la santé n'en progresse pas moins ».

En cherchant à remécier à ces aggravations apparentes, Hahnemann constata qu'elles étaient d'autant plus courtes et légères que le remède prescrit était administré à plus faible dose. Il recommandait en outre de ne donner .au malade qu'un seul médicament simple à la fois. « Car, quand bien même écrivait-il, on aurait étudié sur l'homme sain les effets spécifiques et purs de tous les médicaments simples, on n'en serait pas moins hors d'état de prévoir et de calculer la manière dont deux substances médicinales mêlées peuvent se contrarier et se modifier réciproquement dans leurs effets. Un médicament simple suffit à guérir d'une manière parfaite, s’il a été choisi bien exactement ».

Arguant que la matière n'est pas indéfiniment <ivisible, beaucoup d'allopathes ont nié qu'au-delà de la 24° dilution

(1) Qu'est-ce que l'homéopathie? (Paris 1926).

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